Développement personnel

Devenir heureux en vieillissant

Cet article est inspiré d’un post de Linkedin intitulé « Signs of maturity » ainsi que de deux livres, « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » et « Et n’oublie pas d’être heureux ».

Signs of maturity

Vieillir est frustrant pour moi, essentiellement à cause de la perte de performance (physique, intellectuelle/mémoire, sexuelle, absence de succès). C’est assez démotivant. Pourtant, selon le graphique de satisfaction, « l’âge d’or » du bonheur se situe autour de 65 ans. À 57 ans, je me situe dans le début de la courbe ascendante, avant la retombée finale dûe aux problèmes de santé du grand âge.

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Suis-je déjà vieux à 57 ans? Difficile à dire… Lorsque j’étais étudiant, les fichiers DOS étaient nommés avec maximum huit lettres (http://dos.heffge.fr/Le_dos_sied_noms.htm). Difficile à imaginer aujourd’hui, non…?

En essayant de résumer l’essentiel de mes sources et en parlant de mon cas en particulier, le phénomène de vieillissement atténue progressivement la « dictature des hormones ». Extrait de livre : « La plupart des mâles passent leur vie à trimer, s’inquiéter, rivaliser et se battre, plutôt que de jouir d’un bonheur paisible, parce que leur ADN les manipule à ses propres fins égoïstes. Comme Satan, l’ADN se sert de plaisirs fugitifs pour tenter les gens et les mettre en son pouvoir. » Ou « Selon le bouddhisme, la racine de la souffrance n’est ni le sentiment de peine ni celui de tristesse, voire d’absence de sens. La véritable racine est plutôt cette poursuite incessante et absurde de sensations éphémères qui nous mettent dans un état permanent de tension, d’agitation et d’insatisfaction. »

Mes émotions se sont presque complètement émoussées, peut-être est-ce aussi la conséquence de la prise de neuroleptiques sur une longue période. Voici quelques années, je vibrais pour Roger Federer, maintenant, ça me laisse froid…

Le bénéfice du vieillissement serait donc équivalent à celui de la méditation :
« Qui médite est censé observer de près son esprit et son corps, suivre l’apparition
et la disparition de tous ses sentiments et comprendre combien il est absurde de les poursuivre. Quand la poursuite cesse, l’esprit est détendu, clair et comblé. ».

La méditation pleine consience aide par notre « capacité plus grande à déceler précocement les modifications de nos états émotionnels. ». Nous aspirons « à être plus calmes, à mieux dormir, à ressentir moins de stress, moins de tristesse, moins d’agacement. »

En y réfléchissant un peu, mon principal problème étant jeune était la difficulté à lâcher prise avec une tendance à vouloir tout contrôler en étant accaparé par mes pensées, ce qui m’a empêché d’occuper une fonction d’encadrement de personnes en entreprise. Maintenant, je suis comme un retraité, il n’y a plus de pression de résultat.

Ce qu’il faudrait faire, c’est « accepter le réel et l’observer, puis agir pour le changer – qui permet de ne pas être dans la réaction ou dans l’impulsion guidées par l’émotion brute. »

Malgré une mauvaise prédisposition psychique ainsi que les multiples psychoses et autres incidents professionnels, je m’en suis assez bien sorti au niveau de mes emplois successifs. Grâce au système d’assurance invalidité suisse, je suis libéré des angoisses existentielles ou de l’anxiété. J’ai si peu de préoccupations qu’il me manque parfois « l’adversité, qui nous rappelle toute la valeur du bonheur. »

J’ai atteint mes objectifs professionnels, familiaux, financiers et sportifs. Ma performance sportive est partie en couille après les hospitalisations de 2014 et 2015, mais le reste est encore là. Je ne connais plus l’inquiétude, la colère, le dégoût, ni la tension dans ma tête/mon corps à l’époque où je faisais de folles spéculations en bourse pour compenser mon vide intérieur. Être préoccupé, c’est freudien, la « priorité donnée par l’évolution de notre espèce aux émotions négatives sur les positives, difficulté de l’existence. »

C’est nous qui « déformons souvent des moments plutôt agréables, par notre insatisfaction, notre perfectionnisme, nos attentes trop élevées ou notre incapacité à savourer parce que nous sommes collés à nos soucis ». Il faut « moins de comparaison, plus d’absolu ».

Je n’ai pratiquement plus de dépendance à l’humeur de mes comportements, ce qui me portait préjudice dans ma relation avec ma femme.

Le bonheur est aussi le résultat d’un exercice régulier. Les rituels sont importants, ainsi que les relations avec les autres. Il est recommandé chaque soir de passer en revue trois petits évènements du jour qui nous ont positivement influencé et d’être reconnaissant pour cela en montrant de la gratitude pour ce que la vie nous donne.

Le sens de la vie? « Etre heureux, c’est le plus important et tout en découle : car quelqu’un d’heureux va faire le bonheur autour de lui, va aider les autres, va se rendre utile, va faire le bien. ». Et bien sûr être solidaire des autres, « Ne pas se culpabiliser des bonheurs qui nous sont permis, mais : 1) ne pas les gaspiller ; 2) y puiser la force d’aider ceux qui en sont très, très loin. »

Vieillir montre également un sentiment de finitude, dont « l’inconfort nous oblige à réfléchir intelligemment et activement à notre bonheur, à nos priorités existentielles et à la conduite de nos vies. ». Mais ça développe « l’aptitude à savourer le présent », par exemple lors d’une excursion avec ma chorale.

Mon empathie se développe. Elle « a des liens étroits avec le bonheur : elle est ainsi facilitée par le bien-être, qui ouvre notre esprit au monde environnant, au lieu de le replier sur lui-même, comme le fait la souffrance. »

Ce qui me manque, c’est « le sel de la nouveauté », une « tendance de notre esprit à être attiré par ce qui est incertain, nouveau, intriguant. L’ennui est devenu mon problème essentiel. On dit que le « ratio optimal est de trois émotions positives pour une émotion négative ». Il n’y a plus rien d’urgent à faire. Attention aux symptômes négatifs de la schizophrénie.

Pour moi, le principal avantage du vieillissement, c’est que j’ai arrêté de me saboter.

Les occasions de sentiments de succès ont disparu, mais les réactions d’énervement par rapport à ce que par exemple ma femme ne sait pas faire ne m’empoisonnent plus la vie.

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