Développement personnel·Rétrospective

L’année 2020 en rétrospective

Ma fin d’année 2020 a été difficile, avec le décès de mon père et les complications engendrées par la découverte de mon blog par mes neveux, voir Alerte rouge psychotique. Depuis, ma mère ne me parle plus et me considère comme un paria, un traître. Elle a décrit mon blog comme « abject » et « pourri ».

J’écris cet article le 12 janvier 2021. Il neige un peu. Notre chatte me tient compagnie pendant que ma femme se repose de ses cours. Je descends à la cuisine pour finir les restes du repas. Voici la vue depuis notre cuisine, c’est plutôt agréable!

Belle Vue

Par les privations temporaires du confinement, l’année 2020 a le mérite de nous avoir fait prendre conscience de ce que nous avons. C’est humain de se comparer aux autres pour mesurer son bonheur.

Ouf, j’ai du mal à trouver une structure pour cet article de blog…

Heureusement, j’ai reçu ce document par WhatsApp.

Veux

Gagner des sous

Matériellement parlant, pas de quoi se plaindre en 2020. Les bourses mondiales se sont affolées en février-mars, mais se sont rétablies depuis. Les pertes brutales m’ont choquées en me rappellant l’époque où je spéculais en vendant des options sur indice, voir La bourse ou la vie. Mais ce stress a été un bénéfique, me motivant à m’occuper davantage des tâches ménagères! Nous avons dû remplacer le steamer, le lave-vaisselle, le canapé/fauteuil. Sur les recommendations de mon prof de piano, j’ai remplacé mon vieux piano électronique par un piano droit. Tout cela sans puiser dans nos économies.

Partir en vacances

Nous avions prévu de partir une semaine en vacances à Paris en avril, ce qui n’a évidemment pas été possible, mais nous nous sommes rattrapés avec une bonne semaine à Nice, quelques jours dans le Jura et Noël dans un hôtel à Vals. J’ai fait quelques super-randonnées en Suisse, tout seul ou avec des amis.

Profiter de ma famille et de mes amis

Ma famille, c’est le gros point noir. Tout allait bien en début d’année 2020. L’état de santé de mon père s’est alors détérioré. Il est mort le 20 octobre. J’avais écrit un article de blog pour faire mon deuil, mais ma mère s’est étranglée de rage en le découvrant par l’entremise de mes neveux fouille-merde. Heureusement, je garde des contacts téléphoniques avec ma soeur. J’ai investi dans un « life coach » pour avoir de bons conseils afin de gérer cette situation.

Ma femme, mon fils et mes amis m’ont bien soutenu.

La famille, c’est aussi notre chatte, Souris (ou Suri dans son passeport). La grande gagnante du confinement!!!

Souris avec Souris

Quel bonheur de pouvoir dormir tranquille la nuit, de croiser Souris au petit matin, de la voir se coucher et s’étirer, de lui donner ses vitamines, de la voir grimper sur le bureau, la table…, boire à la douche, au lavabo, prendre l’air sur les appuis de fenêtre, se coucher sur mes genoux…

Etre en bonne santé

Eh bien ça va plutôt bien… Pas de rechute en psychose cette année! Pourvu que ça dure!

Lorsque mon père est mort et que cette histoire de blog me stressait, je dormais assez peu. Le fait de prendre un peu de la quetiapine me permettait de finir mes nuits. La réduction de la dose d’Abilify ne m’expose apparemment pas à un risque de rechute.

Je ne me rappelle pas avoir rendu visite à mon médecin généraliste en 2020 et ma seule visite au cabinet du dentiste était pour le détartrage annuel. Les rendez-vous chez la psychiatre sont assez espacés, imposés par une mesure de contrôle dans le cadre du suivi mensuel pour mon permis de conduire.

Ma femme a chopé la COVID en décembre. Mon test était négatif, bien que je sois tombé malade aussi, mais on ne devrait pas avoir de conséquences à long terme.

Etre heureux

Même avant de prendre régulièrement Abilify, je ne connaissais pratiquement jamais d’instant de bonheur, cette joie intérieure qui vous envahit soudainement.

Souris a changé ma vie. Voici trois ans, c’était la chatte des voisins. Quand elle venait chez nous, je la chassais avec le jet d’eau. Elle a décidé d’habiter chez nous et les voisins l’ont officiellement accepté. J’en suis devenu gaga… Souris a déjà 12 ans, on espère qu’elle va rester encore un moment en bonne santé.

La même chose pour tout le monde

En fin d’année, j’ai par hasard rétabli le contact avec le life coach qui a organisé des séminaires de développement personnel à l’entreprise de télécoms où j’ai travaillé de 2000 à 2014. Suite aux restrictions du COVID, il a davantage de temps à consacrer à sa « charity », Wellboring. J’ai eu l’opportunité de le rejoindre pour démarcher d’autres « charities » dans le but de développer l’activité de creusement et d’entretien de puits au Kénya.

Depuis, ouvrir le robinet ou tirer la chasse d’eau me semblent un luxe!

Quelques sujets en plus de la petite liste de « veux »…

Le tennis

Le confinement a eu un effet positif, dans la mesure où j’ai pu corriger mon grip, c’est à dire la position avec laquelle je tiens ma raquette. En effet, mon grip était « western », voire davantage, ce qui était assez handicapant. J’ai dû prendre cette habitude après mes hospitalisations de 2014 et 2015. Difficile de s’en débarrasser…

Maintenant, c’est un grip presque « semi-western » et ça me permet d’avoir plus de longueur dans mes coups ainsi que d’avoir un jeu plus actif. J’ai pu reprendre les tournois de tennis après sept ans d’interruption…!

Pas d’entraînement jusqu’à nouvel ordre en raison du « Lockdown », comme on appelle le confinement en Suisse alémanique…

Le bénévolat

L’année 2020 a conduit à une réduction de mon engagement pour le bénévolat. L’atelier de candidatures à Baden a été réorganisé en raison du COVID, en proposant des rendez-vous aux visiteurs au lieu de la formule d’accès libre. Pas sûr que je puisse y retourner… Dommage… 

La musique

Pas de souci pour les cours de piano, interrompus quelque temps en raison du COVID, mais là c’est reparti.

Par contre, les répétitions de la chorale n’ont pratiquement plus eu lieu depuis mars.

 

Développement personnel

La gestion d’un conflit familial

Le conflit

Quand on a le temps et qu’on est en bonne santé physique et psychique, c’est le bon moment pour transformer des problèmes en opportunités.

Mon souci actuel est la relation extrêmement tendue avec ma mère, suite à mon article de blog sur la mort de mon père, retiré de mon blog depuis, mais dont on peut lire un résumé dans cet article protégé par un mot de passe. Suite à un e-mail haineux de ma mère hier matin, je me sens mentalement coincé dans ses manigances. Après son e-mail, je me suis senti mal. En anglais on dirait she got under my skin, c’est à dire qu’elle réussit à m’envahir à distance avec ses frustrations, malgré toute mon expérience de suivi psychiatrique et les différents séminaires de gestion de conflit que j’ai suivi dans ma vie professionnelle. Je me suis senti comme un paratonnerre.

Heureusement, j’avais un rendez-vous ce matin chez ma psychiatre pour discuter de cet e-mail et de la façon de gérer cette situation épineuse.

Voici une image d’actualité, le soleil lutte contre le brouillard…

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Je ne vais pas publier le contenu de l’e-mail de ma mère ici, mais dans les grandes lignes, elle me reproche de chercher un bouc émissaire en sa personne, d’écrire un blog dégueulasse et trouve mon comportement à son égard indigne.

Question psychologie, ma mère accumule les déficits. Elle est dominatrice, n’a jamais tort, a toujours le dernier mot, est manipulatrice, souffle le chaud et le froid, prenait mon père comme souffre-douleur. La raison profonde de ses problèmes est à chercher dans son enfance. Née en 1933 de père illégitime, à l’époque une catastrophe, elle a perdu sa mère à l’âge de 20 ans. Elle s’est constituée une carapace pour s’affirmer malgré tout.

Son comportement parfois odieux et toxique a découragé plusieurs membres de la famille rapprochée, au point que ses deux belles-filles et son plus jeune petit-fils ne veulent plus avoir de contacts avec elle, ce qui représente 3/8 de ses personnes les plus proches. En plus, l’aîné de mes neveux se plaint à sa mère de devoir aller trop souvent la voir et donne les gâteaux de ma mère aux poules en rentrant chez lui pour se défouler…

Si je suivais ses souhaits à la lettre de ne plus jamais la revoir, ça représenterait 50% de ruptures de relations!

Les recommendations des professionnels

Ma psychiatre m’a recommandé dans ma réponse:

  • de constater qu’elle est très fâchée
  • d’exprimer ce que je ressens: blessé, déçu, triste…
  • de questionner pourquoi elle me prend à ce point en grippe
  • d’expliquer encore une fois les motivations de mon blog et son public restreint
  • de ne pas lui faire de reproches

Mon blog l’écoeure, c’est aussi un fossé de générations. Je dois lui expliquer que mon article de blog sur la mort de mon père m’a servi à faire le deuil, et qu’il est à comprendre comme un hommage.

Voici d’autres pistes de comportement face aux conflits venant d’un séminaire de développement personnel:

  • reconnaître, accepter et respecter les paradoxes et les contradictions
  • accepter les deux positions et explorer leurs conséquences avec transparence et rigueur
  • découvrir le lien réunificateur commun en posant des questions
    • Qu’est-ce que ça va t’apporter?
    • Pourquoi est-ce si important pour toi?
    • Quelle est ton intention en faisant ça?

Pour terminer les conseils d’un site Internet spécialisé dans les conflits familiaux:

  • chaque membre de la famille doit faire un effort pour comprendre les autres, puisque chacun a sa façon de réagir et de ressentir les choses
  • les conflits familiaux peuvent aussi avoir un impact positif sur les membres d’une famille
  • garder la communication et rester calme, un conflit familial n’est pas une bataille qu’il faut à tout prix gagner
  • manifester clairement la volonté de se comprendre et de se réconcilier
  • rester maître de soi pour éviter les cris, les reproches, les critiques et les débordements
  • exprimez son malaise à la première personne en se basant sur les émotions qu’on ressent et non sur les torts des autres
  • avoir un regard positif sur le membre de la famille avec lequel on discute
  • penser à rappeler les bons moments et les choses positives vécus ensemble
  • trouver un accord

Conclusion de ce site : au sein d’une famille, les  conflits sont tout à fait naturels. Plutôt donc que de les entrevoir comme des barrières ou comme des obstacles, il faut plutôt les voir comme des opportunités pour grandir et apprendre à mieux coexister en famille.

Blog·Développement personnel·Maison·Schizophrénie

Bye bye les symptômes négatifs

Je suis content ce matin, parce que je pense avoir définitivement trouvé la clé pour surmonter les symptômes négatifs de ma schizophrénie. Il est neuf heures du matin, j’ai déjà passé l’aspirateur et la serpillière et ceci avec entrain, alors qu’il y a un an je souffrais de procrastination, en restant des heures au lit à ne rien faire.

Seau aspirateur

Ma situation une année en arrière: 

  • faire le ménage le lundi matin était une épreuve, je restais d’abord longtemps au lit à ne rien faire
  • ramasser 10 feuilles mortes par jour dans notre cour était un objectif difficile, fixé par ma gentille épouse
  • aller à la musculation était comme gravir une montagne, j’ai plusieurs fois renoncé à y aller
  • entasser mes vêtements sur des porte-habits en étant incapable de les ranger

Moins souvent, mais embêtant quand même:

  • changer les pneus été – hiver au garage était une épreuve difficile
  • chercher et ramener la décoration de Noël à la cave était à la limite du possible
  • prendre une douche était perçu comme une agression

Pour mes amis irl, la liste des symptômes négatifs de la schizophrénie se trouve sur Wikipedia. Pour faire court, les symptômes négatifs se caractérisent par de grandes difficultés à faire les tâches quotidiennes. On pourrait remarquer que ça touche n’importe qui, pas seulement les schizos. La différence est une sorte de paralysie du cerveau chez moi, contrairement à une simple flemme chez la plupart des personnes.

Ma situation maintenant:

  • je fais les choses dès lors que la pensée de devoir les faire me traverse la tête, sans les repousser
  • je vide le compost et je ramasse les feuilles dès que possible, après qu’elles soient tombées
  • je prends à nouveau plaisir à avoir une maison propre et bien rangée
  • je me suis rendu au garage avec plaisir et sans problème

Pourquoi je pense y être arrivé:

  • je me suis battu pour maintenir une routine, même en l’absence d’envie
  • j’ai saisi toutes les opportunités d’activités supplémentaires intéressantes (webinars, …)
  • j’ai été ouvert pour me faire davantages d’amis, irl ou virtuels
  • j’ai passé du temps sur des Social Media (Facebook, Instagram, forum)

Je pense que de repousser est une stratégie mentale afin de faire face au vide sidéral de l’inactivité d’un schizophrène, étant donné des difficultés à s’occuper en se concentrant sur quelque chose. En laissant s’amonceler les choses, on se trouve une justification au temps qui passe et à la vie en général.

En réalité, cette stratégie est une erreur. Elle contient malheureusement de puissants mécanismes auto-renforcateurs. Rester au lit pendant des heures à ne rien faire crée un sentiment agréable de cocon, ce qui renforce d’autant ce comportement. Se fixer une limite au séjour diurne au lit par un réveil-matin ne sert pas à grand-chose.

Faire les choses au moment où on y pense libère de l’espace psychique, donc du temps pour d’autres activités. Se dynamiser grâce aux contacts avec des gens normaux permet d’accumuler un peu d’énergie pour sortir de sa torpeur.

Il faut se représenter un tigre convalescent. Au début, il se contente de ce qui lui reste après la période de maladie, mais petit à petit, il pourra essayer de regagner du territoire. L’appropriation progressive de cet espace mental est la clé pour se libérer des symptômes négatifs.

Tigre

 

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Alerte rouge psychotique

Suite à cette récente affaire avec mes neveux et ma mère, je suis en situation d’alerte rouge psychotique.

Pour rappel, un de mes neveux est allé fouiner sur Internet via mon profil Instagram pour trouver mon blog privé, que je partageais avec mes amis, mais pas avec ma famille, vu que ça me servait parfois d’éxutoire. Ceci est arrivé précisément quatre jours après le décès de mon père. À noter que mes neveux ne se sont absolument pas intéressés à moi durant les dernières années, ni quand j’allais bien, ni quand j’allais mal.

Ma mère a violemment réagi en devenant hystérique, en me reprochant d’avoir publié une photo de mon père en triste état à l’hôpital et en me disant qu’elle ne voulait plus jamais me revoir. En plus, elle voulait m’interdire de venir à Strasboutg pour les cérémonies au crématoire ainsi que pour l’inhumation de l’urne au cimetière, ceci en me menaçant de faire intervenir la police si nécessaire. Ce comportement m’a particulièrement stressé, vu que deux jours avant nos relations étaient excellentes, alors que je prenais tranquillement mon petit déjeuner chez ma mère après avoir dormi dans ma chambre d’enfant.

Quel est donc ce soudain intérêt pour mes activités sur les réseaux sociaux, et ceci pendant une phase où normalement on pense surtout au défunt pour faire son deuil? Quelles étaient les motivations de mon neveu en fourrant mon article de blog sur la mort prochaine de mon père directement sous le nez de ma mère au lieu d’en parler d’abord à son père ou à moi-même?

J’ai mon avis sur la question, mais c’est surtout mon avocat qui va se charger de le faire avouer ses intentions.

Voici l’activité du blog du 24 octobre 2020. Comme on peut le voir, une des sources de consultation est mon profil Instagram, où j’avais mis naïvement un jour le lien vers le blog, sans prendre conscience que ce serait un pont entre mon compte privé Instagram et mon blog d’ailleurs tout à fait anonyme, que je partage avec mes amis d’un forum  ainsi qu’avec mes amis irl (in real life).

Statistiques Blog

Je n’ai pas eu besoin de l’assistance de l’avocat pour trouver ça, puisque depuis la création du blog et ceci pendant maintenant trois années, personne n’est allé sur mon blog via Instagram. D’ailleurs pour trouver directement mon blog sur Internet, c’est moins probable que de gagner dix fois de suite au loto. Je n’utilise pas de mots clés, il n’y a pas de noms et habituellement même pas de prénoms dans les articles.

Mais la précieuse (300 euros de l’heure) contribution de mon avocat m’aide à faire avancer les choses et à commencer par faire avouer à mon neveu que c’est bien lui qui est allé troller sur mon blog privé, compte tenu du fait que ma mère le couvre à 200% en refusant d’admettre que c’est lui qui est la cause de cette crise familiale.

Je ne me laisse pas démonter par les tentatives d’étouffement de l’affaire par ma mère. D’une part, parce que mon neveu a délibérément cherché à me nuire, et ça, je ne peux pas le laisser passer. D’autre part, parce que c’est bon pour mon développement personnel d’affronter ces problèmes de face et de manière adulte plutôt que de les enterrer dans ma mémoire. Bonus gratuit pour mon neveu: à 19 ans, il va apprendre comment fonctionne le monde autrement que dans les jeux vidéos.

Mon principal souci actuellement est de ne pas glisser dans la psychose. Il m’est déjà arrivé de penser maîtriser la situation complètement, puis de lâcher prise suite à la psychose qui prend le dessus. Ma femme et mon fils s’inquiètent de mon surcroît d’activité et de ma forte propension à faire des photos.

Voili voilou, c’était juste une introduction de cet article sur l’alerte rouge psychotique pour les personnes prenant le train en marche et pas au courant de mes récentes péripéties.

Normalement, je devrais être maintenant considéré comme malade, puisque je photographie tout ce qui à mon sens est détraqué, en remarquant que si j’étais psychotique ce seraient des signes que la CIA (ou la Scientologie) essaie de me manipuler.

Voici un exemple d’hier, à la station de bus de Mellingen:

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Mon bus n’apparaît pas sur la liste, comme si on voulait intentionnellement m’impressioner et effacer ma mémoire.

En transférant ces photos vers un classeur sur mon ordinateur, je me rends compte que j’ai davantage d’attention qu’en temps normal pour les signaux visuels du processus de copie. Le vert est plus vert que d’habitude. Le temps de transfert me semble plus long. Mes sens sont actuellement plus aiguisés. La paranoïa me guette.

Hier, ma souris d’ordinateur ne fonctionnait plus correctement, alors qu’elle est de Logitec, une entreprise suisse leader mondial des souris d’ordinateur. En temps normal en psychose, j’aurais suspecté la CIA de s’être introduite dans notre maison pour détraquer la souris, ceci pour me faire craquer.

J’ai fait une photo avec notre chatte, qui s’appelle vraiment « Souris », c’est dans son carnet de propriétaire d’animaux.

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J’ai transmis la photo de l’affichage d’horaire de bus défectueux à mon fils par Whatsapp en lui expliquant comment j’interprèterais ces signaux durant une psychose. Au lieu de le rassurer, ça l’a assez inquiété. L’exacerbation de mon activité psychique et le fait pour moi d’avoir un sentiment de dominer la situation l’a beaucoup inquiété, au point que je préfère écrire ce blog plutôt que de continuer à le stresser avec mes découvertes.

Ce matin, je suis allé au garage Citroën pour faire monter les pneus d’hiver, après avoir déposé ma femme à son cours de français privé près du lac d’Hallwil. Comme le trajet entre le domicile de son élève et le garage ne m’était pas familier, j’ai enclenché le navigateur. Le temps proposé ne me semblait pas juste. Ce n’est pas la CIA, c’est le navigateur qui a besoin d’une mise à jour, et ça prend une journée complète d’après le garage…

Le temps était assez court pour arriver à l’heure à mon rendez-vous au garage. Malheureusement, la route était un moment coupée et j’ai dû faire un détour. Idem, en psychose, j’aurais fermement crû que c’était un complot de la CIA.

Arrivé au garage, je m’arme de patience en attendant une petite heure que les mécaniciens fassent leur travail, vu que j’avais aussi demandé à faire une petite révision à prix d’ami pour l’hiver. Je m’installe confortablement dans un fauteuil, le café étant offert par la maison. En prime une madeleine sans gluten que j’ai emportée avec moi.

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Là, nouvel incident. Je m’étonne qu’il y ait tellement d’incidents en ce moment. Est-ce simplement le hasard, ma plus grande sensiblité aux détails, ou le fait que j’entreprenne davantage de choses, ce qui augmente la fréquence de ce qui ne fonctionne pas potentiellement? En psychose, j’ai un souci d’harmonie, que tout fonctionne parfaitement. Si ce n’est pas le cas, ça me perturbe.

L’incident, c’est que le WLAN ne fonctionne pas, et qu’en plus, son nom n’apparaît pas sur la liste. Au lieu de m’enfermer dans mon raisonnement psychotique, je demande à la réception si des fois leur WLAN a un autre nom et là bingo, c’est bien ça. Mais le mot de passe ne fonctionne pas, bien que je l’aie saisi correctement, et ceci en essayant deux fois de suite. À noter que le bâtiment du garage est sans doute très bien isolé électrostatiquement, vu que mon signal Internet de données mobile ne me permet pas d’avoir correctement accès à l’Internet. Idem, en psychose, j’y verrais une manipulation par la CIA. Un de mes amis m’a dit un jour qu’il faudrait un gros camion noir pour y cacher le brouilleur de signal…

Le mécanicien a fini son travail un peu plus tôt qu’annoncé, c’est bien. Il m’informe du fait que les roues d’hiver (on change toute la combinaison pneu+roue, pas seulement les pneus) ont besoin d’écrous différents des roues d’été, étant donné que c’est un autre alliage (acier au lieu d’aluminium). De retour à la maison, je ne retrouve pas le sac avec les écrous. J’appelle le garage. Surprise, la musique d’attente est en français, une jolie chanson que je ne connais pas.

En psychose, je ramènerais tout à moi, persuadé que tout ce qui se passe a un rapport avec mon vécu. La communication téléphonique est mauvaise dans notre garage à la maison. Ce n’est pas la CIA, c’est toujours comme ça. Lorsque j’ai appelé la première fois le garage Citroën, tout le monde était occupé. En psychose, je trouverais ça bizarre, une sorte de porte blanche de refus.

J’expose mon souci et on me répond que le sac d’écrous se trouve tout simplement à côté de la roue de secours dans un petit sac, chose que je n’avais pas réalisé.

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Dans la voiture, je trouve un jeton de loto, numéroté huit. En psychose, je croirais que c’est encore un coup de la CIA pour me déstabiliser. Là encore, davantage d’attention pour les détails. En temps normal, je n’aurais peut-être pas remarqué la présence de cette toute petite pièce, coincée sous le tapis de la place du passager.

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On trouve des constantes dans ces processus:

  • crainte de rejet, me rappelant les menaces de ma mère à l’enfance
  • davantage d’attention pour les détails, déformant la perception des couleurs et du temps
  • sentiment d’urgence, là aussi déformant la perception du temps
  • délire de persécution, je ramène tout à moi

Au retour du garage, je m’arrête pour téléphoner au notaire présumé d’être chargé de la succession de mes parents. Mon avocat m’a demandé de me renseigner auprès de l’étude notariale de mon père (il était clerc de notaire) si un contrat de succession a été fait et si possible de me renseigner sur les modalités.

En pleine conversation téléphonique avec mon contact chez le notaire, une bulle Facebook sans visage apparaît. Voilà une copie d’écran. Lorsque je la transfère de mon portable HTC vers mon fichier d’ordinateur, je remarque une lueur plus intense sur le symbole Google que je n’avais jamais remarqué auparavant.

Kurt

En psychose, je croirais que c’est un faux profil Facebook, faisant partie du Darknet où la mafia essaie de m’annihiler.

Le hasard a fait que pas plus tard qu’hier, mon voisin de la chorale m’a envoyé une demande d’ami Facebook.
Je suppose donc que c’est lui qui me pose une simple question liée à l’utilisation de Facebook.

Là, je remarque que le noir aussi est plus intense sur mon ordinateur, plus gras et menaçant. Je n’aime pas le noir, j’achète tout avec des couleurs quand c’est possible.

Voili voilou, c’est tout pour aujourd’hui, merci de m’avoir lu!

Mise à jour du 5 novembre

J’ai eu la chance de pouvoir discuter entretemps avec un ami de longue date au sujet de ces affaires de famille, dont les deux filles ont fait des études de droit.

Les avocats font leur beurre avec la misère des gens, ils prennent en charge n’importe quelle affaire, du moment que ça leur rapporte. Le fait de prendre un avocat n’est pas une garantie de résultat.

Mon ami m’a conseillé de laisser tomber les démarches avec l’avocat, et ceci avec effet immédiat. Comme mon neveu n’a rien fait de mal vis-à-vis de la loi, vu que l’article de blog était public, la situation pourrait bien se retourner contre moi. Mon avocat était conscient que mon cas est « fragile » au niveau du droit. Je lui avais répondu que j’étais d’accord pour qu’il envoie une lettre de mise en demeure à mon neveu pour l’effrayer et le faire avouer sa démarche et ses intentions. Mais rien ne dit que ça va fonctionner!

Mon neveu a beau être con au point d’avoir fouiné et fourré mon article sous le nez de ma mère, mais il n’est pas idiot. Si ça se trouve, il va me rire au nez en voyant la lettre de mon avocat, et ça va encore renforcer son impression que je suis un malade mental en puissance. Du point de vue de ma mère, ça risque de creuser un fossé infranchissable que je pourrais regretter.

Pourtant, je ne regrette pas d’avoir engagé un avocat. Cela m’a permis de montrer ma détermination et mon affranchissement dans cette histoire, donc de me faire respecter, même si ça semble être une méthode brutale. Financièrement parlant, ça ne représente pas une grosse perte pour moi.

Je dois rester concentré sur mes objectifs initiaux, c’est à dire de savoir qui de mes deux neveux est le fouineur et de comprendre sa démarche. Le reste est accessoire. Attendre une belle lettre d’excuses est certes une perspective agréable, mais très incertaine.

Ma mère par contre est troublée par mes démarches, qu’elle me reproche de faire dans son dos, comme par exemple de contacter le cabinet notarial où travaillait mon père pour apprendre les détails du contrat de succession. Je lui ai expliqué qu’elle ne me laissait pas le choix, vu qu’elle ne répondait pas à mes e-mails sur le sujet, ou plus précisement elle répondait en esquivant mes demandes.

Je vais donc battre en retraite de manière ordonnée, plutôt que de faire un freinage d’urgence. Demain, je contacte mon avocat pour lui demander une estimation des frais engagés jusqu’à présent, ainsi que des frais supplémentaires nécessaires pour établir la lettre au neveu. Je compte peut-être envoyer cette lettre à ma mère pour faire un deal: laisser le neveu tranquille et en contrepartie avoir les informations qu’elle bloque actuellement.

La suite des opérations dépend un peu du montant des frais supplémentaires.

À suivre…

Blog·Développement personnel·Social Media

Problème d’abonnement de téléphone mobile

J’ai reçu ce jeudi un e-mail de mon provider internet/téléphonie avec un montant de facture anormalement élevé, soit 305 francs suisses (285 euros) pour le mois de septembre. Un peu choqué, je consulte les détails de la facture. Je m’aperçois que la moitié sont des frais supplémentaires pour mes appels téléphoniques à ma mère, en Alsace.

En toute logique, ce n’est pas une erreur de mon opérateur. Je consulte les factures d’août, juillet, juin, idem. Comme je paie en débit automatique, je n’ai pas vérifié ces factures individuellement. Le montant total des frais supplémentaires est de 400 francs sur trois mois et demi…! Je contacte le magasin m’ayant vendu cet abonnement en juin et nous arrivons rapidement à la conclusion que pour cet abonnement « Europe Unlimited », seulement les appels à l’intérieur d’un pays (France-France par exemple) sont inclus, pas les communications de la Suisse vers la France.

Mon contact dans ce magasin d’électronique est un ancien équipier de l’équipe de tennis de Bremgarten, donc je le considère comme un ami. Comme il est en vacances, je dis à son collaborateur que je vais essayer de régler cette affaire directement avec l’opérateur.

J’avais souscrit cet abonnement en juin au prix de Sfr. 39.- au lieu de Sfr. 79.- étant donné que j’avais déjà mes autres produits internet/télévison câble et téléphonie fixe chez cet opérateur, recommandé par mon ami comme étant le meilleur du point de vue de la qualité. L’abonnement chez mon autre opérateur à l’époque coûtait Sfr. 95.-, donc je m’attendais en toute bonne foi à avoir les mêmes prestations, vu le nom du produit « Europe Unlimited ».

Voici une copie d’écran de l’offre:

Kein UPC Kunde

Les opérateurs reçoivent en général davantage d’appels les jours suivant l’envoi des factures… Je décide donc d’utiliser le tchat électronique. Bonne surprise, on me répond rapidement. C’est « Joe » qui s’y colle… Je serais curieux de savoir comment l’opérateur (ou son sous-traitant) s’organise pour cette pointe d’activité. Très rapidement, le problème est confirmé. La solution pour l’avenir serait de passer à l’abonnement « Europe Plus Unlimited ». Bien entendu, le collaborateur du Chatbot ne peut rien faire au point de vue commercial, vu que les factures correspondent à ce que j’ai commandé.

L’arme secrète dans ces cas est de menacer l’opérateur de résilier les autres services. C’est évidemment ce que je fais et le collaborateur du Chatbot me donne le numéro de l’autre Hotline en confirmant qu’ils pourront sans doute faire un geste commercial.

C’est peut-être là que je fais une erreur. Plutôt que de simplement contacter cette Hotline, je décide de faire du foin (ou de la « politique ») sur le site Facebook de l’opérateur, ainsi que d’essayer de contacter le Product Manager ayant lancé ce produit à mon avis trompeur, par exemple via Linkedin.

Il s’ensuit une escalation d’émotions pouvant mener à une nouvelle psychose.

Ce simple problème fait que j’ai dormi moins de deux heures du jeudi au vendredi.

L’excitation provoquée par la discussion avec d’autres personnes sur le site Facebook de l’opérateur m’envahit. Comme lors de mes crises psychotiques précédentes, je commence à imaginer des rôles à ces personnes et à me croire en mission pour changer le système. Je pense que l’un des intervenants est chargé par l’opérateur de modérer les commentaires. Je le contacte par Messenger pour en avoir le coeur net.

L’échange par réseaux sociaux me donne de l’énergie, au point que jeudi soir, je me couche vers 1h du matin, pour me réveiller à 2h30 et continuer dans mes pensées en passant mon temps sur l’ordinateur. Je fais des copies d’écran pour documenter les erreurs de l’opérateur. C’est clairement dangereux et annonciateur d’une possible rechute.

Le vendredi matin, je décide de contacter l’opérateur pour régler mon problème. Evidemment, on refuse de me donner les coordonnées du Product Manager. Là est mon erreur. Je m’enferre dans ces discussions au lieu d’essayer de contacter la Hotline des résiliations. On me dit d’écrire une lettre de réclamation, ce que je refuse de faire, étant donné que je considère que la conversation téléphonique (bien entendu enregistrée…) devrait suffire.

Au bout de la discussion, je fais un compliment sincère à la collaboratrice de la Hotline pour sa maîtrise d’une discussion assez pénible et peut-être inhabituelle pour elle. Bien entendu, je lui donne la note maximale dans l’appréciation de la conversation pour la statistique de l’opérateur. Par contre, au niveau de la note pour la résolution du problème, c’est le minimum de l’échelle.

Finalement, je contacte la Hotline de résiliation en milieu d’après-midi, après avoir attendu en vain un rappel du service administratif. Là, c’est Fatima qui décroche. En moins d’une minute, l’affaire est pliée. L’opérateur me crédite des frais d’appels supplémentaires de septembre et me fait une remise de 30% sur l’internet pendant un an. Je constaterai plus tard un alinéa avec un prolongement du contrat d’une année, mais ça m’est égal.

Le total du geste commercial excède le montant du litige, donc l’affaire est entendue.

Retour au monde de Bisounours de l’opérateur…

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Je profite de l’occasion pour changer mon abonnement en « Europe Plus Unlimited », ce que Fatima fait volontiers.

Le vendredi soir, l’excitation retombe et la fatigue m’assomme. Je me couche vers 20h, sans prendre davantage de neuroleptiques pour dormir. Je me réveille parfois la nuit, comme d’habitude, mais je me rendors facilement pour finalement avoir assez dormi vers 4h du matin et écrire cet article de blog.

Entretemps, je reçois une réponse à mon message Linkedin d’un de mes anciens collègues, maintenant Senior Product Manager chez ce même opérateur, mais dans un autre département. Je relis rapidement ce que je lui ai écrit, c’était bien formulé, rien de psychotique… Je le remercie de son message et en conclusion, mentionne la compétence de l’opératrice du service administratif que j’ai essayé de manoeuvrer pour obtenir le nom du Product Manager.

Je maintiens que la politique commerciale de l’opérateur pour ce produit est discutable. On me vend en juin un produit pour Sfr. 39.- avec un rabais sur facture affiché de Sfr. 40.- par rapport au prix pour non-clients internet de Sfr. 79.- . Maintenant, en octobre, les non-clients internet paient également Sfr. 39.- pour ce même produit. Certes, ces non-clients ont une limitation de 40 GB pour la consommation internet en Suisse via mobile. Mais 40 GB, c’est énorme.

Je suis content d’avoir vécu un épisode que je qualifierais de pré-psychotique. Cela me permet de mieux comprendre ce qui s’est passé durant mes crises des dernières années, ainsi que de mieux m’équiper au niveau des réactions lorsque de nouveaux problèmes externes se poseront.

Le mois d’octobre est à risque pour mes psychoses, c’est aussi dû à la baisse de la luminosité. Le sentiment de devoir résoudre les problèmes en urgence m’entraîne dans une spirale de suractivité.

Addendum

J’ai eu entretemps l’occasion de discuter de ce sujet avec un de mes amis et partenaire de tennis, de nationalité allemande. La Suisse, bien que géopolitiquement intégrée à l’Europe, n’en fait pas partie lorsqu’il s’agit de services de téléphonie mobile. Elle paie le prix de son isolation politique.

Par curiosité, j’ai consulté les offres d’un autre opérateur, ainsi que les détails du tarif. C’est du Sfr 1.- la minute pour un appel de la Suisse vers la France… Ouille… Mais cet opérateur propose évidemment des packs additionnels, ce serait Sfr 15.- pour un mois d’appels vers la France.

2020-10-18

Blog·Développement personnel·Schizophrénie

Bons souvenirs de l’HP

Pour les non-initiés, HP = hôpital psychiatrique…

L’homme a la capacité de retenir sélectivement les bons moments. Malgré quatre séjours à l’HP d’une durée moyenne de deux mois, je souhaite revivre ici les bons côtés de Königsfelden , le nom de l’HP du canton où je vis. C’est en fait un ancien couvent de Clarisses et de Franciscains abritant depuis 1868 une clinique psychiatrique. Le bâtiment historique est bien entendu classé. On y trouve une cafétéria et un piano.

Königsfelden

Voici le lien vers le classeur Google où se trouvent les photos et vidéos essentielles de mes séjours.

J’en profite pour faire un petit tour sur Google. On peut trouver les avis des patients avec les mots clés PDAG et Königsfelden. Avec 2.4 étoiles en moyenne, la classification est plutôt médiocre…  Normal, un séjour en HP ne se fait pas de gaité de coeur et surtout, comme dans mon cas, pas forcément de manière volontaire…

La PDAG est une société privée publiant des rapports d’activité. Les moyens financiers importants permettent d’organiser des activités intéressantes comme l’atelier de peinture, le jardinage, la prise en charge d’animaux et bien sûr l’ergothérapie (osier, perles, tissu, …). L’atelier de travail du bois a malheureusement été fermé entretemps.

Je conserve dans mon bureau une composition faite pendant une période d’hospitalisation entre Noël et Nouvel An.

Oeuvre que j'ai chez moi

La PDAG a mis une foultitude de matériel à disposition des patients. Sous la direction d’un animateur-artiste, nous avons rempli une pièce avec nos créations, que nous avons pû emporter dans notre chambre puis à la maison. La branche a été ramassée dans le parc. L’oiseau au centre, c’est moi, l’oiseau rose qui me surveille, c’est ma femme.

Les activités sont autorisées aux personnes suffisamment stabilisées, mais il y a une liste d’attente. Les médicaments perturbent la concentration, mais les animateurs sont évidemment au courant. En service psychiatrique pour les personnes psychotiques, la communication avec le personnel médical (médecins, psychologues, soignants) est réduite au strict minimum. Les ateliers permettent de reprendre progressivement pied.

La première activité autorisée est la promenade en groupe dans le parc. Au bout d’un moment, on peut aussi se promener seul en admirant les canards, les ânes et les cochons.

Le site de Königsfelden est aussi le point de départ du Legionärspfad, un circuit de découverte de la vie à l’époque romaine, avec des ruines et une caverne. Voici quelques outils, on n’était pas douillet à l’époque…

Legionärspfad outils

Mon meilleur souvenir d’atelier est celui de travail du bois. J’ai conservé des cintres, ainsi qu’une boîte de maquillage pour ma femme. L’idée m’est venue en consultant un catalogue. L’animatrice m’a bien entendu beaucoup aidé, mais le résultat est très plaisant. La boîte est un peu vide sur la photo…

Boîte à maquillage

Lors de mon hospitalisation en 2014 et 2015, j’ai choisi de participer à l’atelier jardinage. Là aussi, les animateurs étaient très sympa. On m’a attribué une tenue de jardinier, laissée dans un placard entre les scéances. L’activité principale était de tondre la pelouse, mais j’ai aussi parcouru un champ avec des planches cloûtées aux pieds pour faire rentrer les semences dans la terre.

L’atelier de peinture m’a également beaucoup plu. Mon talent de dessinateur est très limité, mais c’était plaisant de voir ce que les autres patients faisaient.

L’ergothérapie m’a permis de tresser des paniers ainsi que de faire des bracelets en perle pour ma femme.

Les repas étaient de qualité, mais le temps passé à table était très réduit. La plupart des patients psychotiques n’aiment pas passer du temps à manger et préfèrent retourner dans leur chambre dès que possible. Voici une photo d’une tartelette sans gluten donc faite spécialement pour moi.

Tarte sans gluten

L’écureuil filmé en vidéo (voir le lien vers le classeur Google) représente bien la situation en HP… Essayer tant bien que mal de survivre dans un environnement assez hostile en attendant des jours meilleurs.

Je termine en mentionnant la vidéo du labyrinthe. C’est une tradition du 21 décembre. Je constate en consultant l’article de journal que cette tradition n’a plus lieu sur le site de Königsfelden depuis 2014. Dommage…!

Blog·Développement personnel·Social Media

Devenir Influenceur sur Instagram

Jusqu’à présent, Facebook était mon seul réseau social. J’avais bien un compte Instagram, mais mon activité était pratiquement limitée à l’échange de photos avec ma partenaire de tennis qui n’est pas sur Facebook.

Récemment, j’ai ajouté quelques abonnements Instagram à des comptes de tenniswomen assez sexy, par exemple @lolamarandel, @margauxginef, @samantha_niuniu, @hottennisfemaleplayers. Je suis tombé amoureux, hahaha, mais d’Instagram! Bien sûr, je me suis également abonné à des comptes comme @benpaire, @stanwawrinka85, @garbimuguruza, @alizecornet, @g.e.m.s.life, coach_simon_ttt et d’autres.

Là j’ai mordu à l’hameçon, hook, line and sinker comme disent les anglo-saxons. Samantha Niu Niu a posté une vidéo où elle joue du piano, avec une introduction en français. Il m’a fallu l’écouter à trois reprises pour la comprendre, mais ça m’a motivé à faire un commentaire en français sur son post. Miracle, la belle Samantha m’a gentiment répondu! Le gros coeur rouge d’annonce de nouveaux messages Instagram s’est mis à battre très fort.

Samantha, you made my day!

Samantha

Samantha est une étudiante en Quantitative Finance du college américain UNLV, après avoir été diplômée en économie de l’université du Nevada à Las Vegas en 2019. Voir  https://www.linkedin.com/in/samantha-yuenyu-li/ pour davantage de détails. Aux USA, les athlètes de haut niveau reçoivent un financement pour leurs études, dont le coût est astronomique. Samantha a également un compte Instagram @niu.foods spécialisé dans la publication de photos culinaires.

Sur Instagram, on peut également voir de courtes vidéos comme par exemple Child of Paris de Lola Marandel, essentiellement des présentations de produits donnés ou prêtés par leurs sponsors.

Jusqu’à présent, je considérais les influenceurs/influenceuses comme des parasites… Mais de voir ainsi l’intelligence derrière leur système et leur pouvoir de séduction m’a fait changer d’avis. En regardant nonchalamment mon mobile pendant une scéance de télé pas très captivante, je suis tombé sur une publicité d’Instagram du style « comment devenir influenceur » avec un web meeting d’une heure gratuit imminent. Bien sûr, aucun conseil réellement pratique durant cette session. C’est ainsi qu’on vend les services, en parler mais ne pas révéler le contenu. Et j’ai craqué… pour le prix de deux leçons de tennis en Suisse, j’ai maintenant accès à la formation en ligne.

C’est un Français, Nicolas Kern, consultant en marketing d’influence, spécialisé sur les réseaux sociaux, accompagnant les marques et les influenceurs dans leur stratégie digitale, qui propose cette formation. Dans sa présentation il dit que tout le monde peut devenir influenceur. C’est peut-être vrai, mais à mon avis, il faut aussi avoir le caractère adapté. Dans mon cas, ça s’applique, puisque des tests de personnalité chez Colt, la société anglo-saxonne qui m’a employé comme Business Process Manager, ont révélé l’influence comme un des moteurs essentiels de mon style de leadership.

Le cours comporte les éléments suivants: comprendre l’influence, raconter son histoire, comment faire de bonnes photos, les secrets pour être toujours inspiré et créatif, comment poster une photo pour en faire un succès, développer sa croissance.

Comprendre l’influence

Il s’agit d’influencer le comportement des abonnés au compte Instagram. L’influenceur est un créateur passionné qui partage sa passion à travers les contenus qu’il poste sur Instagram. L’influenceur est authentique, à la différence des marques. L’influenceur est inspirant. Les gens viennent sur Instagram pour s’inspirer. Ils sont à la recherche de contenus qui vont leur faire découvrir de nouvelles choses. L’influenceur offre aux marques un canal plus humain et plus émotionnel. Un influenceur est lié à une thématique et il est un expert dans un domaine. Le contenu positionne l’Instagrammeur et lui donne de l’influence.

Petite pause photo pour aérer le blog… Voici Lola Marandel en plein travail à l’Annexe by Cristal à Cannes…

Lola

Ouf… c’est là que je coince un peu. Dans quel domaine suis-je un expert ou puis-je développer mon expertise…? En vrac: le tennis (bof, mon niveau n’est pas terrible), la bourse (mais comment produire des photos et du contenu?), les voyages (intéressants, mais pas assez fréquents), s’occuper intelligemment avec un ordinateur, raconter ma vie en Suisse, mon blog, le développement personnel, se rétablir des psychoses…

Revenons à la formation. La mesure de l’influence se fait plutôt de manière qualitative par le taux d’engagement, étant donné que le nombre de followers peut être facilement manipulé par un achat d’abonnés. Les marques préfèrent nouer des partenariats avec des micro-influenceurs, plutôt que des généralistes.

Créer et raconter son histoire

Petit rappel: Instagram est un réseau d’inspiration, c’est l’objectif numéro 1 du réseau. L’expert explique le concept d’océan rouge (très concurrentiel) et d’océan bleu (nouvel environnement) et recommande de trouver un concept nouveau pour se lancer. Pour cela, il faut comprendre Instagram. C’est l’application de la rapidité. On l’ouvre pour quelques minutes et on la referme. Sur Instagram, tout le monde veut parler, publier. Il faut commencer par écouter, comprendre et analyser. Quel est le profil type de mon abonné? Qu’est-ce qui l’intéresse? Qui est déjà sur ce marché? Il faut apporter de la nouveauté.

Passons à la création du compte/personnage. Le pseudo doit être court, facilement prononçable, représentatif du contenu, unique et différenciant, sans ponctuation ni chiffres. J’ai déjà un pseudo Instagram, c’est « cheffounet », ça me semble adapté. C’est le surnom que me donnait ma femme à une époque, pour dire que j’étais un petit chef gentil, par opposition au chef mégalomane qui sommeillait en moi. Compte francophone ou anglophone pour avoir plus d’abonnés potentiels? Mon coeur balance… Je mets à jour ma photo en utilisant la même que pour mon blog. C’est une photo prise lors de la fête des couleurs Holi en Inde, en mars 2011. Il faut également écrire une bio pour capter l’attention, présenter son histoire, donner des raisons de s’abonner.

Produire ses photos

Le formateur recommande un mobile dernière génération et un bon reflex avec un ou deux objectifs. Aïe, j’ai certes un mobile récent HTC (marque en perte de vitesse, mais que voulez vous, j’y suis resté fidèle), mais pas de reflex (quand même un appareil photo Canon compact). En complément, il faudrait des équipements et décors comme par exemple des mini-spots lumineux. Pour comprendre la technique, on peut se documenter sur Youtube ou suivre des vloggers. Houla… ça se corse… Il faut devenir expert en phonéographie, c’est à dire de l’art de la photo sur smartphone.

Pour approvisionner le feed en idées, on peut s’inspirer des personnes que l’on suit sur Instagram, de préférence des leaders, faire un tour sur les hashtags de son secteur (exemple #tennis), regarder dans l’onglet Explore, envoyer des stories à la communauté en les faisant participer, en leur demandant ce qu’ils/elles veulent voir sur mon compte, penser à s’inspirer en dehors d’Instagram dans des magazines (exemple Millenials), suivre les tendances Instagram sur Yooying, suivre le web magazine Influenth, suivre les marques de mon secteur, rechercher des endroits originaux avec Spotr, …

L’algorithme d’Instagram privilégie la régularité. Il faut trouver un rituel pour les publications, en visant à créer un rendez-vous avec l’audience

Encore une petite pause bien méritée… Qui aurait cru qu’une influenceuse travaillait aussi dur !?!

Samantha tennis

Publier son contenu

D’abord, il faut apprendre à retoucher une photo pour sublimer son contenu, créer une cohérence dans le feed, pouvoir être identifié au premier coup d’oeil. Bon, à priori, je ne sais pas faire… Continuons… Le cours recommande de faire des photos verticales pour accroître l’impact. Passons aux filtres, ce qui a permis l’émergence d’Instagram au début. Hum, au secours, je suis perdu!!! On conseille d’utiliser Pictapgo pour trouver un filtre adéquat, Canva pour faire du montage photo, etc, etc…, utiliser Wordswag pour rajouter du texte sur les photos, etc, etc… Je décroche un peu… retenons encore Manly pour rajouter des abdos à mes photos… à essayer absolument!

Ensuite, il faut transformer sa photo en post Insta. Pour cela, on doit accorder autant d’attention au texte qu’à l’image en racontant une histoire courte et émotionnelle. Penser à rajouter la localisation. Tagger les personnes qui pourraient être intéressées par mon contenu, mais également les marques que je porte, les lieux où je me trouve. Définir les hashtags corrélés à ma photo.

Développer sa croissance

Le but est de convertir le maximum de visiteurs en followers. Pour commencer, on peut se faire connaître auprès de ses ami(e)s pour acquérir les premières centaines (sic la formation) d’abonnés. Ensuite, il faut chercher les super followers, fans de mon contenu et engagés un maximum. Ce sont des followers d’autres comptes sur le même sujet, de préférence abonnés à peu de comptes Instagram. Il faut également chercher des followers « normaux » en likant leur photos et stories. Le ratio followers/following doit rester positif.

Créer du lien avec la communauté, répondre personnellement à chaque commentaire, liker leurs photos, identifier les meilleurs followers et échanger avec eux en message privé. Comprendre l’algorithme d’Instagram qui hiérarchise les posts dans le fil d’actualité. Calcul: engagement + pertinence + relation + récence + durée + visite + temps passé par mes abonnés par rapport aux autres comptes.

On peut éduquer sa communauté en les faisant répondre à des sondages, en soignant les commentaires. Rester cohérent en n’effectuant que des engagements sur des contenus / comptes de mon secteur pour qu’Instagram les place correctement. Astuce : mettre des albums photo sur le compte, pour augmenter le temps d’engagement passé par les abonnés par le scrolling. Être actif aussi en dehors d’Instagram, en publiant un lien sur les autres canaux digitaux, en participant à des conférences, des salons, des afterwork, ouf…! S’abonner avec Google Alert sur ce qui se passe sur le secteur. Suivre @Instagram pour se tenir au courant des projets hebdomadaires, se tenir au courant des fonctionalités, apps, filtres, nouveaux influenceurs.

Apprendre à tirer parti de la fonctionnalité star sur Instagram des derniers mois, les stories. Le but est de raconter mon histoire de manière originale et authentique à travers des contenus photos/vidéos pris sur le vif. Ajouter du texte avec l’application HypeType. Penser à rajouter aussi les hashtag du secteur

Passer à l’action

Voyons les différents paliers à franchir. Première étape: les 1’000 premiers abonnés. La formation promet de passer la barre des 1000 followers dans les premiers mois sans trop de difficulté. Seconde étape: la barre des 10’000 abonnés pour valider mon titre d’influenceur. Des chiffres rassurants… : 99% des personnes qui se lancent sur Instagram ne tiennent pas sur la durée. Le plus dur est d’être régulier et de tenir son rythme de croisière. Les premières collaborations devraient arriver très vite.

Suivre gratuitement mes statistiques. Mais… Instagram statistiques est réservé aux comptes professionnels. Il me reste Followers+…

Conclusion de la formation: « Votre temps libre est maintenant votre temps Instagram », « utilisez-le pour vous améliorer chaque jour un peu+ », « Votre but est de raconter une histoire fascinante qui va mobiliser et engager une communauté autour de votre compte ».

Je m’abonne à @devenirinfluenceur et j’attends l’activation de la communauté de nouveaux instagrammeurs sur http://www.devenirinfluenceur/communauté

Merci de la lecture!

Et voici la suite…

Le Feed Parfait

Blog·Développement personnel·Schizophrénie·Tennis·Travail

Ma vie en Suisse

C’est une image du film « Match Point » qui résume le mieux ma vie des 30 dernières années.

Match point

Malgré de brillantes études en grande école d’ingénieurs (Centrale Lille), je n’ai pas réussi à me faire embaucher par une grande entreprise française. Leurs psychologues ont détecté mon instabilité psychique lors des tests d’entrée. Après plusieurs ratages dans de petites structures avec licenciement en période d’essai, j’ai trouvé un emploi dans une société allemande à Pforzheim, située entre Karlsruhe et Stuttgart. En tant qu’assistant du PDG de l’entreprise, j’ai essentiellement supervisé la production. Mais c’était plutôt un atelier de bricolage qu’une chaîne de production digne de ce nom.

Au niveau de la technique, mon objectif était de calculer les caractéristiques idéales d’une bilame pour implantation dans des mini-interrupteurs thermiques. Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilame . Mais j’avais l’esprit bloqué par une sorte de « fermeté de principe » (dixit un autre recruteur). Bien que de bonne volonté, j’étais inconsciemment rebelle contre l’autorité de mon chef. J’aurais pû me faire aider par l’école d’ingénieurs d’où je venais de sortir, mais je n’ai pas vraiment fait d’efforts en ce sens.

Au bout d’une année, le PDG propriétaire s’est impatienté de ne pas obtenir cette calculation… De plus, la production recontrait de sérieux problèmes de qualité et ces difficultés menaçaient de couler son entreprise. Il m’a donc proposé de me muter dans sa filiale de distribution commerciale à Zurich (5 personnes). C’est ainsi que je suis arrivé en Suisse.

Ma femme était à ce moment à Lille, en convalescence suite à une grave maladie d’Hodgkin, où elle s’occupait de mon fils agé de quelques mois. J’ai d’abord habité à l’hôtel pendant quelques semaines avant de chercher un logement. À l’époque, trouver un logement était beaucoup plus difficile que de trouver un emploi. Une cinquantaine de candidats se disputaient un appartement. J’ai donc pris ma voiture pour silloner la région. L’idée était de trouver un logement permettant d’aller à Zurich en transports en commun en moins d’une heure. Situé de préférence à l’Ouest de Zurich pour être un peu plus proche de Strasbourg, où vivent mes parents.

C’est à Bremgarten, une petite ville de 5’000 habitants à l’époque que j’ai trouvé un studio libre…!

Bremgarten

La chance sourit aux audacieux…! C’est un endroit très agréable à vivre, avec des possibilités de promenade le long de la rivière, un joli centre ville devenu maintenant zone piétonne.

La société de bilames allait de plus en plus mal, au point que le PDG propriétaire ait décidé de me licencier, ainsi que le général manager qui supervisait son groupe de sociétés. À l’époque, mon autorisation de travail était limitée à la société de bilames. Mais la chance m’a souri. Le général manager s’est impliqué auprès des autorités suisses pour modifier les conditions de mon permis de séjour. Cela m’a permis de rester en Suisse, en trouvant très facilement un nouvel emploi en tant qu’ingénieur commercial dans une société spécialisée dans le domaine des appareils de mesure haute tension. Cette industrie est assez fascinante. Les générateurs de foudre ont parfois une hauteur de 20 mètres.

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Lorsque je suis arrivé dans cette société, le représentant commercial pour la France venait de cesser sa collaboration. J’ai proposé de suivre la clientèle en direct depuis la Suisse. L’avantage de ce projet était d’économiser la commission de vente d’un représentant, environ 20% sur tous les appareils. Ceci nous a permis d’être un peu plus aggressifs sur les prix.

C’était la belle vie. Voyager 30% du temps, l’essentiel en France, mais parfois aussi en Espagne, au Portugal, en Belgique et une fois en Egypte. Entretemps, l’appartement de 3.5 pièces situé au même étage que le notre s’est libéré. Nous avons sauté sur l’occasion. Ma femme, à la base institutrice dans le Nord, donnait quelques cours de français pour s’occuper. Je jouais au volley plusieurs fois par semaine. Et je faisais plein de vidéos en jouant avec mon fils.

J’apprends le suisse allemand pour mieux m’intégrer. Le Hochdeutsch, c’est à dire l’allemand parlé en Allemagne, c’est bien, mais ça laisse une distance.

En 1993, coup de tonnerre avec ma première psychose, déclenchée à l’hôpital suite à une longue période de diarrhées et de vomissements due au déclenchement de ma maladie coeliaque (intolérance au gluten). Poids tombé à 61 kg pour 1m96… Retour au travail trois mois après. Dépression post-psychose pendant un an… Mais les affaires repartent bien.

C’est là qu’un de mes collègues me recommande de changer d’air. Continuer à faire ce job dans cette société, c’est prendre le risque de s’exposer un jour à se retrouver sur le carreau, ceci sans avoir de formation demandée par le marché du travail. Très judicieux conseil, dois-je dire à posteriori. Dans la foulée, je commence une formation de directeur commercial s’étalant sur un an et demi avec un examen et un diplôme à la clé.

Après une recherche discrète, je me décide à rejoindre le groupe ABB en tant que responsable de projets de disjoncteurs haute tension SF6, un gaz isolant inerte. Le manager de la division m’avait caché que la production devait être transférée de la Suisse vers la Suède. Déçu, je retombe dans mes travers. Je le provoque en allant aux ressources humaines pour me plaindre que je n’ai pas assez de travail. Crime ultime, étant donné que tout manager affirme n’avoir pas assez de personnel. Le job était varié et intéressant. Mes meilleurs souvenirs sont les excursions avec les Chinois venus officiellement pour deux semaines de formation. À l’époque, ils recevaient un peu d’argent de poche pour leur séjour…

Entretemps, je réussis mon examen haut la main. Cette fois-ci, la recherche est un peu plus longue. Je prends mon temps, car j’ai l’intention de valoriser mon nouveau diplôme. Je quitte ABB après deux années pour un poste de directeur commercial d’agence d’une entreprise spécialisé dans les raccordements rapides. L’agence est à Guebwiller, le siège à Faverges en Savoie. Je prends une chambre à Guebwiller.

Malheureusement, ça se passe très mal. D’un côté, le manager qui m’a recruté est mobbé par certains directeurs régionaux, qui organisent des réunions sans l’inviter. De mon côté, je pête les plombs de temps en temps, ce qui remonte au siège. Ma période d’essai est renouvelée. Quelques jours après, c’est le putsch. Un des directeurs régionaux monte en grade. Il vient à Guebwiller et me licencie sur le champ.

Deuxième psychose… toujours autant de paranoïa, mais rétablissement un peu plus rapide.

La recherche d’emploi est plus difficile. Coup de chance, retour à un poste plus modeste, équivalent à celui d’ABB, chez Adtranz, devenu Bombardier entretemps. Je m’occupe entre autres du suivi de l’atelier des chemins de fer suisses à Yverdon.

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Au bout de trois années, la production sur le site de Zürich Oerlikon est arrêtée et transférée à Pratteln, près de Bâle. J’ai 37 ans à l’époque. Je me dis que l’industrie en Suisse part en couille. Que j’ai encore l’âge de changer de branche, de travailler dans les services, à priori moins sujets à des délocalisations.

Je tente ma chance en répondant à une offre d’emploi d’une entreprise de télécoms anglo-saxonne en tant que responsable de projets. Colt (City of London Technology) est lancée par Fidelity, un fonds de pension américain. J’achète un nouveau costume et une belle cravate pour l’entretien d’embauche. J’approfondis mes connaissances des techniques de télécoms grâce à un bouquin spécialisé.

C’est l’époque de la bulle Internet. Les entreprises de télécoms s’arrachent les clients et les collaborateurs à prix d’or. Je suis retenu! Le salaire est indécent, je me frotte les yeux… Le job n’est pas très difficile, mais stressant. Il s’agit de suivre les commandes de produits télécoms non standard et de documenter le process.

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Je découvre un nouveau sport, le tennis! Les sauts répétés au volley-ball me font mal à la colonne vertébrale. Le gros avantage du tennis, c’est qu’on peut apprendre ce sport à l’âge adulte avec un professeur. Les leçons particulières sont chères, mais avec ce nouveau job, je peux me le permettre.

Au bout de trois ans, mon chef me nomme Team Leader. Enfin un job de management! Sauf que les ennuis recommencent. Je contrôle trop mes collaborateurs. Un jour, en 2004, mon chef me convoque dans son bureau pour m’annoncer qu’un problème a été identifié et que le problème c’est moi.

Boum, troisième psychose. Très courte, mais programme complet avec paranoïa, CIA etc… Je reprends le travail sous surveillance, mais je n’y crois pas trop à conserver mes nouvelles responsabilités. Je rétrograde comme responsable de projets.

Suite à une réorganisation, je me retrouve sous un autre chef. La surcharge de travail fait qu’une trop grande partie de mon boulot consiste à consoler les clients en leur expliquant que leurs services seront livrés plus tard que prévu. C’est frustrant.

Le coup de chance arrive lorsque le team informatique au siège à Londres recherche deux volontaires pour aider à tester un nouveau logiciel de saisie de commandes, ceci pour une durée de trois mois. Le PDG de Colt Suisse soutient ma participation. Au bout de deux semaines, mon chef direct me demande de rentrer, mais je réussis à m’imposer, en évoquant l’accord pour les trois mois et le fait que je fais des heures supplémentaires à ma charge pour compenser.

La collaboration avec les Anglais et le team de développement indien d’Infosys se passent bien. Le projet continue. Les trois mois se prolongeront et deviendront plus d’une année, où je partirai à Londres deux ou trois jours par semaine.

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En Suisse, ça se passe plutôt mal. Le directeur des opérations me prend en grippe. Mon départ est souhaité.

On est en 2007. Mon fils a 18 ans. L’appartement de 3.5 pièces est devenu trop petit pour nous. Ma femme me bassine pour déménager. On recherche à Bremgarten et Zufikon, la commune avoisinante. Voyons grand, plutôt que de rester locataires, devenons propriétaires! En Suisse, il suffit d’avoir 20% d’apport pour acheter, dont la moitié peut venir de la caisse de pension. Le reste, jamais remboursé, seulement les intérêts.

En avril 2008, une opportunité de poste de travail pour le groupe se présente à moi. Mes aller-retours à Londres m’ont permis de rencontrer pas mal de gens et de me faire apprécier. Je n’hésite pas longtemps et je décroche le job. Il s’agit de représenter les unités opérationnelles de traitement de commande dans les projets informatiques du groupe. Ensuite, le profil du poste évoluera vers un travail de Business Process Manager, chargé de déterminer les responsabilités des différentes équipes impliquées dans la livraison de produits télécom. Mon plus gros projet
était d’optimiser les produits VoIP tout en introduisant de nouvelles fonctions. Ces cinq années professionnelles suivantes les meilleures de ma vie, malgré les psychoses quasi annuelles.

Au même moment, ma femme trouve un emploi comme professeur de français au collège de Zufikon. Et notre fils commence ses études d’ingénieur.

Mon meilleur souvenir reste mon voyage en Inde pour rencontrer mes collègues. C’était par hasard lors du festival des couleurs « Holi ». Ma chef était basée à New Delhi. Elle m’a proposé d’aller également faire un tour à Bangalore, où étaient basés d’autres membres de l’équipe.

Holi Party

Bien sûr, les psychoses fin 2010, fin 2011, fin 2012 et début 2014 ont été terribles. Mais je garde le souvenir d’un employeur fiable et prévenant, me permettant de revenir progressivement travailler malgré mes délires. Mon psychiatre de l’époque avait fait un excellent travail en gardant le contact avec la responsable des ressources humaines.

Fin 2013, annonce de licenciement pour cause de centralisation du team process à Londres, Barcelona et New Delhi. Déclenchement en janvier 2014 d’une psychose encore plus forte que celles des années précédentes avec hospitalisation forcée pendant deux mois.

Là, période très difficile. Pas d’allocations chômage étant donné que je suis incapable de travailler. Pas de compensation de la part de la caisse privée d’assurance maladie de mon employeur, puisque je n’ai plus d’emploi.

Pas de nouvelles de l’assurance invalidité, contactée par mon psychiatre pour obtenir une allocation d’handicapé. Au bout de quelques mois, la situation se débloque. La caisse privée de mon employeur accepte de me financer pendant un an et demi puisque je suis tombé en psychose au cours du mois de janvier, où je travaillais encore. Mais âgé de 51 ans à l’époque, ça ne me donne pas encore de perspective de long terme. En Suisse, dans mon cas, il faut d’abord consommer ses économies, ensuite, c’est le soutien de l’aide sociale. Pas enviable… 

Comble de malheur, ma femme perd son emploi de professeur de français au même moment. C’est dû à une restructuration du système éducatif suisse. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, sa recherche d’un nouvel emploi est ardue.

Mon psychiatre (devenu de temps à autre mon partenaire de tennis) intervient auprès de l’organisation chargée des handicapés pour me trouver une place dans un bureau. Ce n’est pas un vrai travail… Il s’agit de simuler des commandes avec un système informatique. Très basique. Mais, bon, ça permet de rencontrer d’autres personnes.

En mars 2015, nouvelle psychose avec encore une fois une hospitalisation forcée de deux mois. Entretemps, j’ai dû changer de psychiatre suite au départ en préretraite de mon ami psychiatre tennismen, qui se suicidera fin avril 2015.

Difficile d’accepter de rester à la maison et de ne rien faire… En juillet 2015, je commence un emploi handicapé dans une station de vélos à Aarau. Officiellement, c’est un emploi de bureau… En pratique, je dois garer correctement des vélos, nettoyer la station, chiottes du bureau compris. Régulièrement, j’aide mes collègues coursiers en transportant des marchandises ou des fleurs.

Fotzel

Ce passage à la station de vélo reste toutefois un bon souvenir. J’y ai rencontré pas mal de gens en difficulté, ça relativise ma situation. L’encadrement se souciait du bien-être des participants aux programmes de réinsertion.
En août 2016, une légère poussée d’idées maniaques me pousse à démissioner de cet emploi handicapé. 

Les psychoses de 2014 et 2015 ne me permettront pas de récupérer toutes mes facultés intellectuelles et physiques, contrairement aux précédentes. Le diagnostic de schizophrénie sera entériné par l’hôpital psychiatrique. Le bon côté des choses, c’est que l’assurance maladie décide en novembre 2016 de me prendre en charge. À l’allocation mensuelle s’ajoute la contribution trimestrielle de la caisse de retraite et d’assurance maladie de mon ex-employeur. De quoi bien vivre financièrement.

Pendant ce temps, mon épouse retrouve du travail comme professeur de français à l’école primaire de la commune voisine. Elle tombe malade du cancer du sein, mais réussit à garder son poste. Elle est remplacée pendant les périodes les plus difficiles de sa maladie. Mon fils termine finalement ses études d’ingénieur à … 27 ans! Ouf!

Je reste motivé de retrouver un vrai travail. Evidemment pas à grosses responsabilités, mais par exemple comme employé administratif de traitement de commandes. Gros coup de chance. En novembre 2016, une société familiale m’embauche, voir https://allesrogerblog.wordpress.com/a-propos/ . Mes carences intellectuelles sont détectées au bout de quelques jours… Mais le responsable du personnel s’engage pour me proposer un contrat de travail aménagé. Il partira habiter en Thailande quelques temps après.

Badaboum, nouvelle psychose en août 2017… Licenciement immédiat et brutal, sans même pouvoir dire adieu à mes collègues. Mon nouveau psychiatre venait de me débarquer pour cause de comportement déviant. Difficile à admettre, puisqu’il venait de documenter un diagnostic de crise de manie dans mon dossier. Son rôle aurait été de contacter mon employeur en lui expliquant la nature maladive de mon comportement.

Ces évènements ne m’ont finalement pas trop perturbé. Ma femme et mon fils ont fait une demande de curatelle, suite à des dépenses inconsidérées pendant cette crise, mais ils ont été déboutés.

Entretemps, j’ai même récupéré mon permis, après un total de 4 années et demi de retrait.

Le reste de mon histoire en Suisse se trouve de manière plus détaillée sur mes articles de blog, essentiellement mes engagements dans le bénévolat.

Je me sens bien ici. On lit régulièrement dans la presse que les Suisses ne font pas beaucoup d’efforts pour créer des amitiés avec les expatriés, contrairement aux apparences. Le secret est de participer à la vie associative, par exemple être membre d’un club de tennis. Les Suisses aiment avoir la paix chez eux, dans le pays et à leur maison. Parfois, je participe à des discussions politiques sur des forums Facebook, en France et en Suisse. Les commentaires en France sont parfois très durs. La Suisse est plus tolérante.

Développement personnel

Entraînement de mémoire

Mon incapacité de travailler (et donc la prise en charge de mon invalidité) est essentiellement due à une réduction sensible de ma capacité d’apprentissage ainsi que de ma mémoire. C’est la conséquence irréversible des dernières psychoses.

Certains croient que c’est une question d’entraînement, mais ce n’est pas si simple. Je suis des cours d’italien par Skype depuis plus d’un an, mais les progrès sont très faibles. Je saisis toutes les occasions qui se présentent. Comme je l’avais décrit dans un précédent article intitulé Corona virus j’ai suivi pendant deux à trois semaines durant le confinement un entraînement quotidien de mémoire.

C’est un de mes voisins, un ancien champion de ski qui m’a donné ce tuyau. C’est un entraînement quotidien d’une durée d’environ trois quarts d’heure organisé par un coach allemand spécialisé dans ce domaine. C’est très vivant, très divertissant et ça m’active.

Le coach affirme que ces méthodes sont également applicables pour améliorer son niveau en langues étrangères, mais j’ai des doutes à ce sujet. À mon avis, ce coach renommé a développé une méthode pour retenir des choses dans un certain contexte, mais ça ne marche pas pour la mémoire en général. Pourtant, il gagne bien sa vie en faisant uniquement ça, ceci depuis déjà 18 ans…!

Hofmann

Ce samedi a eu lieu un cours de répétition de plus de trois heures durant lequel Markus Hofmann a décrit la situation des personnes qui ne quittent jamais leur zone de confort. La spirale dessinée en noir entraîne un rétrécissement de la vie. C’est ce que j’ai vécu durant les dernières années, sans pouvoir combattre cette tendance.

Pour développer la mémoire, il faut activer le cerveau en faisant toujours de nouveaux exercices. Faire du Sudoku pendant des années n’active pas le cerveau. Il faut idéalement utiliser les parties droite et gauche du cerveau en association.

Je regarde régulièrement n’oubliez pas les paroles sur France 2 avec Naguy, où certains candidats réussissent à se rappeler les paroles de plusieurs centaines de chansons. Curieusement, certains n’étaient pas bons élèves.

Comment marche la méthode de Markus Hofmann?

Il s’agit de créer une structure de boîte aux lettres mentale avec des mots clé, permettant une association avec le mot à retenir, faite de préférence avec une émotion, de la créativité et une visualisation marrante.

Exemple de boîte aux lettres:

1 – doigts de pieds
2 – genoux
3- cuisses
4 – fesses
5 – taille
6 – poitrine
7 – épaules
8 – cou
9 – visage
10 – cheveux

Exemple de mot à retenir: je dois acheter des oeufs au supermarché.

Cela associe le fait de prendre sa voiture, de se rendre au supermarché, de chercher les oeufs et de les payer. Dans son exemple, Markus associe les oeufs aux doigts de pieds en se représentant qu’on met les oeufs dans ses chaussures et qu’on les écrase, ce qui fait une saloperie partout. Autre exemple pour acheter des carottes, se représenter de les mettre dans les fesses… Ou pour acheter du dentifrice: se représenter qu’on s’en mette plein les cheveux.

Pour retenir davantage de mots, il suffit de les associer à d’autres boîtes aux lettres.

Autre boîte aux lettres de 1 à 20:

1 – licorne (une corne)
2 – médaille (deux faces)
3 – tricycle (trois roues)
4 – table (quatre pieds)
etc..

Pour retenir des noms de personnes, il faut créer une boîte aux lettres sur la personne elle-même. Par exemple pour Manuela, faire une association à l’inserstice entre ses dents, où on se représente qu’elle tire manuellement une dent de sa dentition.

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Ou pour Olivier, se représenter qu’il se met de l’huile d’olive sur les cheveux.

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Pour retenir des mots étrangers, il faut créer une boîte mentale à partir du mot dans sa langue natale. Par exemple en anglais « to grizzle », soit faire la gueule ou pleurnicher. On se représente un grizzly en train de faire la gueule.

Markus Hofmann a développé une méthode d’apprentissage de mémoire avec des CDs.
Il organise des conférences avec des centaines de personnes. Il est reconnu comme un expert dans ce domaine.

Sa méthode permet de se rappeler de tout, entre autres de numéros de téléphone, de noms de personnes, d’arguments de vente. La boîte se vend 297 euros et permet des progrès spectaculaires de mémoire en 14 jours.

À mon humble avis : il a peut-être tout simplement un don pour se rappeler ce genre d’informations et il a développé une méthode autour et non le contraire.

Il affirme que ces méthodes de mémorisation sont utilisées depuis des millénaires, par exemple par Cicéron, qui faisait des associations de mots clé avec les différentes parties du théatre où il faisait ses discours.

Pour consolider l’apprentissage, il faut répéter après 40 minutes, ensuite après 24 heures, puis trois à quatre jours après, et encore un mois plus tard.

Ces méthodes sont également inspirées de Gregor Staub, un gourou de mémoire suisse.

Quoiqu’il en soit, c’était assez divertissant. Ces coachs savent aussi utiliser les ficelles des méthodes de motivation. Une anecdote qui m’a particulièrement plu est l’histoire de Cliff Young, champion de course extrême à l’âge de 61 ans.

https://simon-lemire.com/articles/detail/lincroyable-histoire-de-cliff-young-champion-en-course-extreme-a-lage-de-61-ans/

En entendant cette histoire, on a l’impression que l’outsider a toutes ses chances parce qu’il ignore les restrictions que s’imposent les pros…

 

 

 

 

Développement personnel

Devenir heureux en vieillissant

Cet article est inspiré d’un post de Linkedin intitulé « Signs of maturity » ainsi que de deux livres, « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » et « Et n’oublie pas d’être heureux ».

Signs of maturity

Vieillir est frustrant pour moi, essentiellement à cause de la perte de performance (physique, intellectuelle/mémoire, sexuelle, absence de succès). C’est assez démotivant. Pourtant, selon le graphique de satisfaction, « l’âge d’or » du bonheur se situe autour de 65 ans. À 57 ans, je me situe dans le début de la courbe ascendante, avant la retombée finale dûe aux problèmes de santé du grand âge.

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Suis-je déjà vieux à 57 ans? Difficile à dire… Lorsque j’étais étudiant, les fichiers DOS étaient nommés avec maximum huit lettres (http://dos.heffge.fr/Le_dos_sied_noms.htm). Difficile à imaginer aujourd’hui, non…?

En essayant de résumer l’essentiel de mes sources et en parlant de mon cas en particulier, le phénomène de vieillissement atténue progressivement la « dictature des hormones ». Extrait de livre : « La plupart des mâles passent leur vie à trimer, s’inquiéter, rivaliser et se battre, plutôt que de jouir d’un bonheur paisible, parce que leur ADN les manipule à ses propres fins égoïstes. Comme Satan, l’ADN se sert de plaisirs fugitifs pour tenter les gens et les mettre en son pouvoir. » Ou « Selon le bouddhisme, la racine de la souffrance n’est ni le sentiment de peine ni celui de tristesse, voire d’absence de sens. La véritable racine est plutôt cette poursuite incessante et absurde de sensations éphémères qui nous mettent dans un état permanent de tension, d’agitation et d’insatisfaction. »

Mes émotions se sont presque complètement émoussées, peut-être est-ce aussi la conséquence de la prise de neuroleptiques sur une longue période. Voici quelques années, je vibrais pour Roger Federer, maintenant, ça me laisse froid…

Le bénéfice du vieillissement serait donc équivalent à celui de la méditation :
« Qui médite est censé observer de près son esprit et son corps, suivre l’apparition
et la disparition de tous ses sentiments et comprendre combien il est absurde de les poursuivre. Quand la poursuite cesse, l’esprit est détendu, clair et comblé. ».

La méditation pleine consience aide par notre « capacité plus grande à déceler précocement les modifications de nos états émotionnels. ». Nous aspirons « à être plus calmes, à mieux dormir, à ressentir moins de stress, moins de tristesse, moins d’agacement. »

En y réfléchissant un peu, mon principal problème étant jeune était la difficulté à lâcher prise avec une tendance à vouloir tout contrôler en étant accaparé par mes pensées, ce qui m’a empêché d’occuper une fonction d’encadrement de personnes en entreprise. Maintenant, je suis comme un retraité, il n’y a plus de pression de résultat.

Ce qu’il faudrait faire, c’est « accepter le réel et l’observer, puis agir pour le changer – qui permet de ne pas être dans la réaction ou dans l’impulsion guidées par l’émotion brute. »

Malgré une mauvaise prédisposition psychique ainsi que les multiples psychoses et autres incidents professionnels, je m’en suis assez bien sorti au niveau de mes emplois successifs. Grâce au système d’assurance invalidité suisse, je suis libéré des angoisses existentielles ou de l’anxiété. J’ai si peu de préoccupations qu’il me manque parfois « l’adversité, qui nous rappelle toute la valeur du bonheur. »

J’ai atteint mes objectifs professionnels, familiaux, financiers et sportifs. Ma performance sportive est partie en couille après les hospitalisations de 2014 et 2015, mais le reste est encore là. Je ne connais plus l’inquiétude, la colère, le dégoût, ni la tension dans ma tête/mon corps à l’époque où je faisais de folles spéculations en bourse pour compenser mon vide intérieur. Être préoccupé, c’est freudien, la « priorité donnée par l’évolution de notre espèce aux émotions négatives sur les positives, difficulté de l’existence. »

C’est nous qui « déformons souvent des moments plutôt agréables, par notre insatisfaction, notre perfectionnisme, nos attentes trop élevées ou notre incapacité à savourer parce que nous sommes collés à nos soucis ». Il faut « moins de comparaison, plus d’absolu ».

Je n’ai pratiquement plus de dépendance à l’humeur de mes comportements, ce qui me portait préjudice dans ma relation avec ma femme.

Le bonheur est aussi le résultat d’un exercice régulier. Les rituels sont importants, ainsi que les relations avec les autres. Il est recommandé chaque soir de passer en revue trois petits évènements du jour qui nous ont positivement influencé et d’être reconnaissant pour cela en montrant de la gratitude pour ce que la vie nous donne.

Le sens de la vie? « Etre heureux, c’est le plus important et tout en découle : car quelqu’un d’heureux va faire le bonheur autour de lui, va aider les autres, va se rendre utile, va faire le bien. ». Et bien sûr être solidaire des autres, « Ne pas se culpabiliser des bonheurs qui nous sont permis, mais : 1) ne pas les gaspiller ; 2) y puiser la force d’aider ceux qui en sont très, très loin. »

Vieillir montre également un sentiment de finitude, dont « l’inconfort nous oblige à réfléchir intelligemment et activement à notre bonheur, à nos priorités existentielles et à la conduite de nos vies. ». Mais ça développe « l’aptitude à savourer le présent », par exemple lors d’une excursion avec ma chorale.

Mon empathie se développe. Elle « a des liens étroits avec le bonheur : elle est ainsi facilitée par le bien-être, qui ouvre notre esprit au monde environnant, au lieu de le replier sur lui-même, comme le fait la souffrance. »

Ce qui me manque, c’est « le sel de la nouveauté », une « tendance de notre esprit à être attiré par ce qui est incertain, nouveau, intriguant. L’ennui est devenu mon problème essentiel. On dit que le « ratio optimal est de trois émotions positives pour une émotion négative ». Il n’y a plus rien d’urgent à faire. Attention aux symptômes négatifs de la schizophrénie.

Pour moi, le principal avantage du vieillissement, c’est que j’ai arrêté de me saboter.

Les occasions de sentiments de succès ont disparu, mais les réactions d’énervement par rapport à ce que par exemple ma femme ne sait pas faire ne m’empoisonnent plus la vie.