Blog·Développement personnel·Schizophrénie

Bons souvenirs de l’HP

Pour les non-initiés, HP = hôpital psychiatrique…

L’homme a la capacité de retenir sélectivement les bons moments. Malgré quatre séjours à l’HP d’une durée moyenne de deux mois, je souhaite revivre ici les bons côtés de Königsfelden , le nom de l’HP du canton où je vis. C’est en fait un ancien couvent de Clarisses et de Franciscains abritant depuis 1868 une clinique psychiatrique. Le bâtiment historique est bien entendu classé. On y trouve une cafétéria et un piano.

Königsfelden

Voici le lien vers le classeur Google où se trouvent les photos et vidéos essentielles de mes séjours.

J’en profite pour faire un petit tour sur Google. On peut trouver les avis des patients avec les mots clés PDAG et Königsfelden. Avec 2.4 étoiles en moyenne, la classification est plutôt médiocre…  Normal, un séjour en HP ne se fait pas de gaité de coeur et surtout, comme dans mon cas, pas forcément de manière volontaire…

La PDAG est une société privée publiant des rapports d’activité. Les moyens financiers importants permettent d’organiser des activités intéressantes comme l’atelier de peinture, le jardinage, la prise en charge d’animaux et bien sûr l’ergothérapie (osier, perles, tissu, …). L’atelier de travail du bois a malheureusement été fermé entretemps.

Je conserve dans mon bureau une composition faite pendant une période d’hospitalisation entre Noël et Nouvel An.

Oeuvre que j'ai chez moi

La PDAG a mis une foultitude de matériel à disposition des patients. Sous la direction d’un animateur-artiste, nous avons rempli une pièce avec nos créations, que nous avons pû emporter dans notre chambre puis à la maison. La branche a été ramassée dans le parc. L’oiseau au centre, c’est moi, l’oiseau rose qui me surveille, c’est ma femme.

Les activités sont autorisées aux personnes suffisamment stabilisées, mais il y a une liste d’attente. Les médicaments perturbent la concentration, mais les animateurs sont évidemment au courant. En service psychiatrique pour les personnes psychotiques, la communication avec le personnel médical (médecins, psychologues, soignants) est réduite au strict minimum. Les ateliers permettent de reprendre progressivement pied.

La première activité autorisée est la promenade en groupe dans le parc. Au bout d’un moment, on peut aussi se promener seul en admirant les canards, les ânes et les cochons.

Le site de Königsfelden est aussi le point de départ du Legionärspfad, un circuit de découverte de la vie à l’époque romaine, avec des ruines et une caverne. Voici quelques outils, on n’était pas douillet à l’époque…

Legionärspfad outils

Mon meilleur souvenir d’atelier est celui de travail du bois. J’ai conservé des cintres, ainsi qu’une boîte de maquillage pour ma femme. L’idée m’est venue en consultant un catalogue. L’animatrice m’a bien entendu beaucoup aidé, mais le résultat est très plaisant. La boîte est un peu vide sur la photo…

Boîte à maquillage

Lors de mon hospitalisation en 2014 et 2015, j’ai choisi de participer à l’atelier jardinage. Là aussi, les animateurs étaient très sympa. On m’a attribué une tenue de jardinier, laissée dans un placard entre les scéances. L’activité principale était de tondre la pelouse, mais j’ai aussi parcouru un champ avec des planches cloûtées aux pieds pour faire rentrer les semences dans la terre.

L’atelier de peinture m’a également beaucoup plu. Mon talent de dessinateur est très limité, mais c’était plaisant de voir ce que les autres patients faisaient.

L’ergothérapie m’a permis de tresser des paniers ainsi que de faire des bracelets en perle pour ma femme.

Les repas étaient de qualité, mais le temps passé à table était très réduit. La plupart des patients psychotiques n’aiment pas passer du temps à manger et préfèrent retourner dans leur chambre dès que possible. Voici une photo d’une tartelette sans gluten donc faite spécialement pour moi.

Tarte sans gluten

L’écureuil filmé en vidéo (voir le lien vers le classeur Google) représente bien la situation en HP… Essayer tant bien que mal de survivre dans un environnement assez hostile en attendant des jours meilleurs.

Je termine en mentionnant la vidéo du labyrinthe. C’est une tradition du 21 décembre. Je constate en consultant l’article de journal que cette tradition n’a plus lieu sur le site de Königsfelden depuis 2014. Dommage…!

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Devenir Influenceur sur Instagram

Jusqu’à présent, Facebook était mon seul réseau social. J’avais bien un compte Instagram, mais mon activité était pratiquement limitée à l’échange de photos avec ma partenaire de tennis qui n’est pas sur Facebook.

Récemment, j’ai ajouté quelques abonnements Instagram à des comptes de tenniswomen assez sexy, par exemple @lolamarandel, @margauxginef, @samantha_niuniu, @hottennisfemaleplayers. Je suis tombé amoureux, hahaha, mais d’Instagram! Bien sûr, je me suis également abonné à des comptes comme @benpaire, @stanwawrinka85, @garbimuguruza, @alizecornet, @g.e.m.s.life, coach_simon_ttt et d’autres.

Là j’ai mordu à l’hameçon, hook, line and sinker comme disent les anglo-saxons. Samantha Niu Niu a posté une vidéo où elle joue du piano, avec une introduction en français. Il m’a fallu l’écouter à trois reprises pour la comprendre, mais ça m’a motivé à faire un commentaire en français sur son post. Miracle, la belle Samantha m’a gentiment répondu! Le gros coeur rouge d’annonce de nouveaux messages Instagram s’est mis à battre très fort.

Samantha, you made my day!

Samantha

Samantha est une étudiante en Quantitative Finance du college américain UNLV, après avoir été diplômée en économie de l’université du Nevada à Las Vegas en 2019. Voir  https://www.linkedin.com/in/samantha-yuenyu-li/ pour davantage de détails. Aux USA, les athlètes de haut niveau reçoivent un financement pour leurs études, dont le coût est astronomique. Samantha a également un compte Instagram @niu.foods spécialisé dans la publication de photos culinaires.

Sur Instagram, on peut également voir de courtes vidéos comme par exemple Child of Paris de Lola Marandel, essentiellement des présentations de produits donnés ou prêtés par leurs sponsors.

Jusqu’à présent, je considérais les influenceurs/influenceuses comme des parasites… Mais de voir ainsi l’intelligence derrière leur système et leur pouvoir de séduction m’a fait changer d’avis. En regardant nonchalamment mon mobile pendant une scéance de télé pas très captivante, je suis tombé sur une publicité d’Instagram du style « comment devenir influenceur » avec un web meeting d’une heure gratuit imminent. Bien sûr, aucun conseil réellement pratique durant cette session. C’est ainsi qu’on vend les services, en parler mais ne pas révéler le contenu. Et j’ai craqué… pour le prix de deux leçons de tennis en Suisse, j’ai maintenant accès à la formation en ligne.

C’est un Français, Nicolas Kern, consultant en marketing d’influence, spécialisé sur les réseaux sociaux, accompagnant les marques et les influenceurs dans leur stratégie digitale, qui propose cette formation. Dans sa présentation il dit que tout le monde peut devenir influenceur. C’est peut-être vrai, mais à mon avis, il faut aussi avoir le caractère adapté. Dans mon cas, ça s’applique, puisque des tests de personnalité chez Colt, la société anglo-saxonne qui m’a employé comme Business Process Manager, ont révélé l’influence comme un des moteurs essentiels de mon style de leadership.

Le cours comporte les éléments suivants: comprendre l’influence, raconter son histoire, comment faire de bonnes photos, les secrets pour être toujours inspiré et créatif, comment poster une photo pour en faire un succès, développer sa croissance.

Comprendre l’influence

Il s’agit d’influencer le comportement des abonnés au compte Instagram. L’influenceur est un créateur passionné qui partage sa passion à travers les contenus qu’il poste sur Instagram. L’influenceur est authentique, à la différence des marques. L’influenceur est inspirant. Les gens viennent sur Instagram pour s’inspirer. Ils sont à la recherche de contenus qui vont leur faire découvrir de nouvelles choses. L’influenceur offre aux marques un canal plus humain et plus émotionnel. Un influenceur est lié à une thématique et il est un expert dans un domaine. Le contenu positionne l’Instagrammeur et lui donne de l’influence.

Petite pause photo pour aérer le blog… Voici Lola Marandel en plein travail à l’Annexe by Cristal à Cannes…

Lola

Ouf… c’est là que je coince un peu. Dans quel domaine suis-je un expert ou puis-je développer mon expertise…? En vrac: le tennis (bof, mon niveau n’est pas terrible), la bourse (mais comment produire des photos et du contenu?), les voyages (intéressants, mais pas assez fréquents), s’occuper intelligemment avec un ordinateur, raconter ma vie en Suisse, mon blog, le développement personnel, se rétablir des psychoses…

Revenons à la formation. La mesure de l’influence se fait plutôt de manière qualitative par le taux d’engagement, étant donné que le nombre de followers peut être facilement manipulé par un achat d’abonnés. Les marques préfèrent nouer des partenariats avec des micro-influenceurs, plutôt que des généralistes.

Créer et raconter son histoire

Petit rappel: Instagram est un réseau d’inspiration, c’est l’objectif numéro 1 du réseau. L’expert explique le concept d’océan rouge (très concurrentiel) et d’océan bleu (nouvel environnement) et recommande de trouver un concept nouveau pour se lancer. Pour cela, il faut comprendre Instagram. C’est l’application de la rapidité. On l’ouvre pour quelques minutes et on la referme. Sur Instagram, tout le monde veut parler, publier. Il faut commencer par écouter, comprendre et analyser. Quel est le profil type de mon abonné? Qu’est-ce qui l’intéresse? Qui est déjà sur ce marché? Il faut apporter de la nouveauté.

Passons à la création du compte/personnage. Le pseudo doit être court, facilement prononçable, représentatif du contenu, unique et différenciant, sans ponctuation ni chiffres. J’ai déjà un pseudo Instagram, c’est « cheffounet », ça me semble adapté. C’est le surnom que me donnait ma femme à une époque, pour dire que j’étais un petit chef gentil, par opposition au chef mégalomane qui sommeillait en moi. Compte francophone ou anglophone pour avoir plus d’abonnés potentiels? Mon coeur balance… Je mets à jour ma photo en utilisant la même que pour mon blog. C’est une photo prise lors de la fête des couleurs Holi en Inde, en mars 2011. Il faut également écrire une bio pour capter l’attention, présenter son histoire, donner des raisons de s’abonner.

Produire ses photos

Le formateur recommande un mobile dernière génération et un bon reflex avec un ou deux objectifs. Aïe, j’ai certes un mobile récent HTC (marque en perte de vitesse, mais que voulez vous, j’y suis resté fidèle), mais pas de reflex (quand même un appareil photo Canon compact). En complément, il faudrait des équipements et décors comme par exemple des mini-spots lumineux. Pour comprendre la technique, on peut se documenter sur Youtube ou suivre des vloggers. Houla… ça se corse… Il faut devenir expert en phonéographie, c’est à dire de l’art de la photo sur smartphone.

Pour approvisionner le feed en idées, on peut s’inspirer des personnes que l’on suit sur Instagram, de préférence des leaders, faire un tour sur les hashtags de son secteur (exemple #tennis), regarder dans l’onglet Explore, envoyer des stories à la communauté en les faisant participer, en leur demandant ce qu’ils/elles veulent voir sur mon compte, penser à s’inspirer en dehors d’Instagram dans des magazines (exemple Millenials), suivre les tendances Instagram sur Yooying, suivre le web magazine Influenth, suivre les marques de mon secteur, rechercher des endroits originaux avec Spotr, …

L’algorithme d’Instagram privilégie la régularité. Il faut trouver un rituel pour les publications, en visant à créer un rendez-vous avec l’audience

Encore une petite pause bien méritée… Qui aurait cru qu’une influenceuse travaillait aussi dur !?!

Samantha tennis

Publier son contenu

D’abord, il faut apprendre à retoucher une photo pour sublimer son contenu, créer une cohérence dans le feed, pouvoir être identifié au premier coup d’oeil. Bon, à priori, je ne sais pas faire… Continuons… Le cours recommande de faire des photos verticales pour accroître l’impact. Passons aux filtres, ce qui a permis l’émergence d’Instagram au début. Hum, au secours, je suis perdu!!! On conseille d’utiliser Pictapgo pour trouver un filtre adéquat, Canva pour faire du montage photo, etc, etc…, utiliser Wordswag pour rajouter du texte sur les photos, etc, etc… Je décroche un peu… retenons encore Manly pour rajouter des abdos à mes photos… à essayer absolument!

Ensuite, il faut transformer sa photo en post Insta. Pour cela, on doit accorder autant d’attention au texte qu’à l’image en racontant une histoire courte et émotionnelle. Penser à rajouter la localisation. Tagger les personnes qui pourraient être intéressées par mon contenu, mais également les marques que je porte, les lieux où je me trouve. Définir les hashtags corrélés à ma photo.

Développer sa croissance

Le but est de convertir le maximum de visiteurs en followers. Pour commencer, on peut se faire connaître auprès de ses ami(e)s pour acquérir les premières centaines (sic la formation) d’abonnés. Ensuite, il faut chercher les super followers, fans de mon contenu et engagés un maximum. Ce sont des followers d’autres comptes sur le même sujet, de préférence abonnés à peu de comptes Instagram. Il faut également chercher des followers « normaux » en likant leur photos et stories. Le ratio followers/following doit rester positif.

Créer du lien avec la communauté, répondre personnellement à chaque commentaire, liker leurs photos, identifier les meilleurs followers et échanger avec eux en message privé. Comprendre l’algorithme d’Instagram qui hiérarchise les posts dans le fil d’actualité. Calcul: engagement + pertinence + relation + récence + durée + visite + temps passé par mes abonnés par rapport aux autres comptes.

On peut éduquer sa communauté en les faisant répondre à des sondages, en soignant les commentaires. Rester cohérent en n’effectuant que des engagements sur des contenus / comptes de mon secteur pour qu’Instagram les place correctement. Astuce : mettre des albums photo sur le compte, pour augmenter le temps d’engagement passé par les abonnés par le scrolling. Être actif aussi en dehors d’Instagram, en publiant un lien sur les autres canaux digitaux, en participant à des conférences, des salons, des afterwork, ouf…! S’abonner avec Google Alert sur ce qui se passe sur le secteur. Suivre @Instagram pour se tenir au courant des projets hebdomadaires, se tenir au courant des fonctionalités, apps, filtres, nouveaux influenceurs.

Apprendre à tirer parti de la fonctionnalité star sur Instagram des derniers mois, les stories. Le but est de raconter mon histoire de manière originale et authentique à travers des contenus photos/vidéos pris sur le vif. Ajouter du texte avec l’application HypeType. Penser à rajouter aussi les hashtag du secteur

Passer à l’action

Voyons les différents paliers à franchir. Première étape: les 1’000 premiers abonnés. La formation promet de passer la barre des 1000 followers dans les premiers mois sans trop de difficulté. Seconde étape: la barre des 10’000 abonnés pour valider mon titre d’influenceur. Des chiffres rassurants… : 99% des personnes qui se lancent sur Instagram ne tiennent pas sur la durée. Le plus dur est d’être régulier et de tenir son rythme de croisière. Les premières collaborations devraient arriver très vite.

Suivre gratuitement mes statistiques. Mais… Instagram statistiques est réservé aux comptes professionnels. Il me reste Followers+…

Conclusion de la formation: « Votre temps libre est maintenant votre temps Instagram », « utilisez-le pour vous améliorer chaque jour un peu+ », « Votre but est de raconter une histoire fascinante qui va mobiliser et engager une communauté autour de votre compte ».

Je m’abonne à @devenirinfluenceur et j’attends l’activation de la communauté de nouveaux instagrammeurs sur http://www.devenirinfluenceur/communauté

Merci de la lecture!

Et voici la suite…

Le Feed Parfait

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Ma vie en Suisse

C’est une image du film « Match Point » qui résume le mieux ma vie des 30 dernières années.

Match point

Malgré de brillantes études en grande école d’ingénieurs (Centrale Lille), je n’ai pas réussi à me faire embaucher par une grande entreprise française. Leurs psychologues ont détecté mon instabilité psychique lors des tests d’entrée. Après plusieurs ratages dans de petites structures avec licenciement en période d’essai, j’ai trouvé un emploi dans une société allemande à Pforzheim, située entre Karlsruhe et Stuttgart. En tant qu’assistant du PDG de l’entreprise, j’ai essentiellement supervisé la production. Mais c’était plutôt un atelier de bricolage qu’une chaîne de production digne de ce nom.

Au niveau de la technique, mon objectif était de calculer les caractéristiques idéales d’une bilame pour implantation dans des mini-interrupteurs thermiques. Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilame . Mais j’avais l’esprit bloqué par une sorte de « fermeté de principe » (dixit un autre recruteur). Bien que de bonne volonté, j’étais inconsciemment rebelle contre l’autorité de mon chef. J’aurais pû me faire aider par l’école d’ingénieurs d’où je venais de sortir, mais je n’ai pas vraiment fait d’efforts en ce sens.

Au bout d’une année, le PDG propriétaire s’est impatienté de ne pas obtenir cette calculation… De plus, la production recontrait de sérieux problèmes de qualité et ces difficultés menaçaient de couler son entreprise. Il m’a donc proposé de me muter dans sa filiale de distribution commerciale à Zurich (5 personnes). C’est ainsi que je suis arrivé en Suisse.

Ma femme était à ce moment à Lille, en convalescence suite à une grave maladie d’Hodgkin, où elle s’occupait de mon fils agé de quelques mois. J’ai d’abord habité à l’hôtel pendant quelques semaines avant de chercher un logement. À l’époque, trouver un logement était beaucoup plus difficile que de trouver un emploi. Une cinquantaine de candidats se disputaient un appartement. J’ai donc pris ma voiture pour silloner la région. L’idée était de trouver un logement permettant d’aller à Zurich en transports en commun en moins d’une heure. Situé de préférence à l’Ouest de Zurich pour être un peu plus proche de Strasbourg, où vivent mes parents.

C’est à Bremgarten, une petite ville de 5’000 habitants à l’époque que j’ai trouvé un studio libre…!

Bremgarten

La chance sourit aux audacieux…! C’est un endroit très agréable à vivre, avec des possibilités de promenade le long de la rivière, un joli centre ville devenu maintenant zone piétonne.

La société de bilames allait de plus en plus mal, au point que le PDG propriétaire ait décidé de me licencier, ainsi que le général manager qui supervisait son groupe de sociétés. À l’époque, mon autorisation de travail était limitée à la société de bilames. Mais la chance m’a souri. Le général manager s’est impliqué auprès des autorités suisses pour modifier les conditions de mon permis de séjour. Cela m’a permis de rester en Suisse, en trouvant très facilement un nouvel emploi en tant qu’ingénieur commercial dans une société spécialisée dans le domaine des appareils de mesure haute tension. Cette industrie est assez fascinante. Les générateurs de foudre ont parfois une hauteur de 20 mètres.

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Lorsque je suis arrivé dans cette société, le représentant commercial pour la France venait de cesser sa collaboration. J’ai proposé de suivre la clientèle en direct depuis la Suisse. L’avantage de ce projet était d’économiser la commission de vente d’un représentant, environ 20% sur tous les appareils. Ceci nous a permis d’être un peu plus aggressifs sur les prix.

C’était la belle vie. Voyager 30% du temps, l’essentiel en France, mais parfois aussi en Espagne, au Portugal, en Belgique et une fois en Egypte. Entretemps, l’appartement de 3.5 pièces situé au même étage que le notre s’est libéré. Nous avons sauté sur l’occasion. Ma femme, à la base institutrice dans le Nord, donnait quelques cours de français pour s’occuper. Je jouais au volley plusieurs fois par semaine. Et je faisais plein de vidéos en jouant avec mon fils.

J’apprends le suisse allemand pour mieux m’intégrer. Le Hochdeutsch, c’est à dire l’allemand parlé en Allemagne, c’est bien, mais ça laisse une distance.

En 1993, coup de tonnerre avec ma première psychose, déclenchée à l’hôpital suite à une longue période de diarrhées et de vomissements due au déclenchement de ma maladie coeliaque (intolérance au gluten). Poids tombé à 61 kg pour 1m96… Retour au travail trois mois après. Dépression post-psychose pendant un an… Mais les affaires repartent bien.

C’est là qu’un de mes collègues me recommande de changer d’air. Continuer à faire ce job dans cette société, c’est prendre le risque de s’exposer un jour à se retrouver sur le carreau, ceci sans avoir de formation demandée par le marché du travail. Très judicieux conseil, dois-je dire à posteriori. Dans la foulée, je commence une formation de directeur commercial s’étalant sur un an et demi avec un examen et un diplôme à la clé.

Après une recherche discrète, je me décide à rejoindre le groupe ABB en tant que responsable de projets de disjoncteurs haute tension SF6, un gaz isolant inerte. Le manager de la division m’avait caché que la production devait être transférée de la Suisse vers la Suède. Déçu, je retombe dans mes travers. Je le provoque en allant aux ressources humaines pour me plaindre que je n’ai pas assez de travail. Crime ultime, étant donné que tout manager affirme n’avoir pas assez de personnel. Le job était varié et intéressant. Mes meilleurs souvenirs sont les excursions avec les Chinois venus officiellement pour deux semaines de formation. À l’époque, ils recevaient un peu d’argent de poche pour leur séjour…

Entretemps, je réussis mon examen haut la main. Cette fois-ci, la recherche est un peu plus longue. Je prends mon temps, car j’ai l’intention de valoriser mon nouveau diplôme. Je quitte ABB après deux années pour un poste de directeur commercial d’agence d’une entreprise spécialisé dans les raccordements rapides. L’agence est à Guebwiller, le siège à Faverges en Savoie. Je prends une chambre à Guebwiller.

Malheureusement, ça se passe très mal. D’un côté, le manager qui m’a recruté est mobbé par certains directeurs régionaux, qui organisent des réunions sans l’inviter. De mon côté, je pête les plombs de temps en temps, ce qui remonte au siège. Ma période d’essai est renouvelée. Quelques jours après, c’est le putsch. Un des directeurs régionaux monte en grade. Il vient à Guebwiller et me licencie sur le champ.

Deuxième psychose… toujours autant de paranoïa, mais rétablissement un peu plus rapide.

La recherche d’emploi est plus difficile. Coup de chance, retour à un poste plus modeste, équivalent à celui d’ABB, chez Adtranz, devenu Bombardier entretemps. Je m’occupe entre autres du suivi de l’atelier des chemins de fer suisses à Yverdon.

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Au bout de trois années, la production sur le site de Zürich Oerlikon est arrêtée et transférée à Pratteln, près de Bâle. J’ai 37 ans à l’époque. Je me dis que l’industrie en Suisse part en couille. Que j’ai encore l’âge de changer de branche, de travailler dans les services, à priori moins sujets à des délocalisations.

Je tente ma chance en répondant à une offre d’emploi d’une entreprise de télécoms anglo-saxonne en tant que responsable de projets. Colt (City of London Technology) est lancée par Fidelity, un fonds de pension américain. J’achète un nouveau costume et une belle cravate pour l’entretien d’embauche. J’approfondis mes connaissances des techniques de télécoms grâce à un bouquin spécialisé.

C’est l’époque de la bulle Internet. Les entreprises de télécoms s’arrachent les clients et les collaborateurs à prix d’or. Je suis retenu! Le salaire est indécent, je me frotte les yeux… Le job n’est pas très difficile, mais stressant. Il s’agit de suivre les commandes de produits télécoms non standard et de documenter le process.

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Je découvre un nouveau sport, le tennis! Les sauts répétés au volley-ball me font mal à la colonne vertébrale. Le gros avantage du tennis, c’est qu’on peut apprendre ce sport à l’âge adulte avec un professeur. Les leçons particulières sont chères, mais avec ce nouveau job, je peux me le permettre.

Au bout de trois ans, mon chef me nomme Team Leader. Enfin un job de management! Sauf que les ennuis recommencent. Je contrôle trop mes collaborateurs. Un jour, en 2004, mon chef me convoque dans son bureau pour m’annoncer qu’un problème a été identifié et que le problème c’est moi.

Boum, troisième psychose. Très courte, mais programme complet avec paranoïa, CIA etc… Je reprends le travail sous surveillance, mais je n’y crois pas trop à conserver mes nouvelles responsabilités. Je rétrograde comme responsable de projets.

Suite à une réorganisation, je me retrouve sous un autre chef. La surcharge de travail fait qu’une trop grande partie de mon boulot consiste à consoler les clients en leur expliquant que leurs services seront livrés plus tard que prévu. C’est frustrant.

Le coup de chance arrive lorsque le team informatique au siège à Londres recherche deux volontaires pour aider à tester un nouveau logiciel de saisie de commandes, ceci pour une durée de trois mois. Le PDG de Colt Suisse soutient ma participation. Au bout de deux semaines, mon chef direct me demande de rentrer, mais je réussis à m’imposer, en évoquant l’accord pour les trois mois et le fait que je fais des heures supplémentaires à ma charge pour compenser.

La collaboration avec les Anglais et le team de développement indien d’Infosys se passent bien. Le projet continue. Les trois mois se prolongeront et deviendront plus d’une année, où je partirai à Londres deux ou trois jours par semaine.

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En Suisse, ça se passe plutôt mal. Le directeur des opérations me prend en grippe. Mon départ est souhaité.

On est en 2007. Mon fils a 18 ans. L’appartement de 3.5 pièces est devenu trop petit pour nous. Ma femme me bassine pour déménager. On recherche à Bremgarten et Zufikon, la commune avoisinante. Voyons grand, plutôt que de rester locataires, devenons propriétaires! En Suisse, il suffit d’avoir 20% d’apport pour acheter, dont la moitié peut venir de la caisse de pension. Le reste, jamais remboursé, seulement les intérêts.

En avril 2008, une opportunité de poste de travail pour le groupe se présente à moi. Mes aller-retours à Londres m’ont permis de rencontrer pas mal de gens et de me faire apprécier. Je n’hésite pas longtemps et je décroche le job. Il s’agit de représenter les unités opérationnelles de traitement de commande dans les projets informatiques du groupe. Ensuite, le profil du poste évoluera vers un travail de Business Process Manager, chargé de déterminer les responsabilités des différentes équipes impliquées dans la livraison de produits télécom. Mon plus gros projet
était d’optimiser les produits VoIP tout en introduisant de nouvelles fonctions. Ces cinq années professionnelles suivantes les meilleures de ma vie, malgré les psychoses quasi annuelles.

Au même moment, ma femme trouve un emploi comme professeur de français au collège de Zufikon. Et notre fils commence ses études d’ingénieur.

Mon meilleur souvenir reste mon voyage en Inde pour rencontrer mes collègues. C’était par hasard lors du festival des couleurs « Holi ». Ma chef était basée à New Delhi. Elle m’a proposé d’aller également faire un tour à Bangalore, où étaient basés d’autres membres de l’équipe.

Holi Party

Bien sûr, les psychoses fin 2010, fin 2011, fin 2012 et début 2014 ont été terribles. Mais je garde le souvenir d’un employeur fiable et prévenant, me permettant de revenir progressivement travailler malgré mes délires. Mon psychiatre de l’époque avait fait un excellent travail en gardant le contact avec la responsable des ressources humaines.

Fin 2013, annonce de licenciement pour cause de centralisation du team process à Londres, Barcelona et New Delhi. Déclenchement en janvier 2014 d’une psychose encore plus forte que celles des années précédentes avec hospitalisation forcée pendant deux mois.

Là, période très difficile. Pas d’allocations chômage étant donné que je suis incapable de travailler. Pas de compensation de la part de la caisse privée d’assurance maladie de mon employeur, puisque je n’ai plus d’emploi.
Pas de nouvelles de l’assurance invalidité, contactée par mon psychiatre pour obtenir une allocation d’handicapé. Au bout de quelques mois, la situation se débloque. La caisse privée de mon employeur accepte de me financer pendant un an et demi puisque je suis tombé en psychose au cours du mois de janvier, où je travaillais encore. Mais âgé
de 51 ans à l’époque, ça ne me donne pas encore de perspective de long terme. En Suisse, dans mon cas, il faut d’abord consommer ses économies, ensuite, c’est le soutien de l’aide sociale. Pas enviable… 

Comble de malheur, ma femme perd son emploi de professeur de français au même moment. C’est dû à une restructuration du système éducatif suisse. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, sa recherche d’un nouvel emploi est ardue.

Mon psychiatre (devenu de temps à autre mon partenaire de tennis) intervient auprès de l’organisation chargée des handicapés pour me trouver une place dans un bureau. Ce n’est pas un vrai travail… Il s’agit de simuler des commandes avec un système informatique. Très basique. Mais, bon, ça permet de rencontrer d’autres personnes.

En mars 2015, nouvelle psychose avec encore une fois une hospitalisation forcée de deux mois. Entretemps, j’ai dû changer de psychiatre suite au départ en préretraite de mon ami psychiatre tennismen, qui se suicidera fin avril 2015.

Difficile d’accepter de rester à la maison et de ne rien faire… En juillet 2015, je commence un emploi handicapé dans une station de vélos à Aarau. Officiellement, c’est un emploi de bureau… En pratique, je dois garer correctement des vélos, nettoyer la station, chiottes du bureau compris. Régulièrement, j’aide mes collègues coursiers en transportant des marchandises ou des fleurs.

Fotzel

Ce passage à la station de vélo reste toutefois un bon souvenir. J’y ai rencontré pas mal de gens en difficulté, ça relativise ma situation. L’encadrement se souciait du bien-être des participants aux programmes de réinsertion.
En août 2016, une légère poussée d’idées maniaques me pousse à démissioner de cet emploi handicapé. 

Les psychoses de 2014 et 2015 ne me permettront pas de récupérer toutes mes facultés intellectuelles et physiques, contrairement aux précédentes. Le diagnostic de schizophrénie sera entériné par l’hôpital psychiatrique. Le bon côté des choses, c’est que l’assurance maladie décide en novembre 2016 de me prendre en charge. À l’allocation mensuelle s’ajoute la contribution trimestrielle de la caisse de retraite et d’assurance maladie de mon ex-employeur. De quoi bien vivre financièrement.

Pendant ce temps, mon épouse retrouve du travail comme professeur de français à l’école primaire de la commune voisine. Elle tombe malade du cancer du sein, mais réussit à garder son poste. Elle est remplacée pendant les périodes les plus difficiles de sa maladie. Mon fils termine finalement ses études d’ingénieur à … 27 ans! Ouf!

Je reste motivé de retrouver un vrai travail. Evidemment pas à grosses responsabilités, mais par exemple comme employé administratif de traitement de commandes. Gros coup de chance. En novembre 2016, une société familiale m’embauche, voir https://allesrogerblog.wordpress.com/a-propos/ . Mes carences intellectuelles sont détectées au bout de quelques jours… Mais le responsable du personnel s’engage pour me proposer un contrat de travail aménagé. Il partira habiter en Thailande quelques temps après.

Badaboum, nouvelle psychose en août 2017… Licenciement immédiat et brutal, sans même pouvoir dire adieu à mes collègues. Mon nouveau psychiatre venait de me débarquer pour cause de comportement déviant. Difficile à admettre, puisqu’il venait de documenter un diagnostic de crise de manie dans mon dossier. Son rôle aurait été de contacter mon employeur en lui expliquant la nature maladive de mon comportement.

Ces évènements ne m’ont finalement pas trop perturbé. Ma femme et mon fils ont fait une demande de curatelle, suite à des dépenses inconsidérées pendant cette crise, mais ils ont été déboutés.

Entretemps, j’ai même récupéré mon permis, après un total de 4 années et demi de retrait.

Le reste de mon histoire en Suisse se trouve de manière plus détaillée sur mes articles de blog, essentiellement mes engagements dans le bénévolat.

Je me sens bien ici. On lit régulièrement dans la presse que les Suisses ne font pas beaucoup d’efforts pour créer des amitiés avec les expatriés, contrairement aux apparences. Le secret est de participer à la vie associative, par exemple être membre d’un club de tennis. Les Suisses aiment avoir la paix chez eux, dans le pays et à leur maison. Parfois, je participe à des discussion politiques sur des forums Facebook, en France et en Suisse. Les commentaires en France sont parfois très durs. La Suisse est plus tolérante.

Développement personnel

Entraînement de mémoire

Mon incapacité de travailler (et donc la prise en charge de mon invalidité) est essentiellement due à une réduction sensible de ma capacité d’apprentissage ainsi que de ma mémoire. C’est la conséquence irréversible des dernières psychoses.

Certains croient que c’est une question d’entraînement, mais ce n’est pas si simple. Je suis des cours d’italien par Skype depuis plus d’un an, mais les progrès sont très faibles. Je saisis toutes les occasions qui se présentent. Comme je l’avais décrit dans un précédent article intitulé Corona virus j’ai suivi pendant deux à trois semaines durant le confinement un entraînement quotidien de mémoire.

C’est un de mes voisins, un ancien champion de ski qui m’a donné ce tuyau. C’est un entraînement quotidien d’une durée d’environ trois quarts d’heure organisé par un coach allemand spécialisé dans ce domaine. C’est très vivant, très divertissant et ça m’active.

Le coach affirme que ces méthodes sont également applicables pour améliorer son niveau en langues étrangères, mais j’ai des doutes à ce sujet. À mon avis, ce coach renommé a développé une méthode pour retenir des choses dans un certain contexte, mais ça ne marche pas pour la mémoire en général. Pourtant, il gagne bien sa vie en faisant uniquement ça, ceci depuis déjà 18 ans…!

Hofmann

Ce samedi a eu lieu un cours de répétition de plus de trois heures durant lequel Markus Hofmann a décrit la situation des personnes qui ne quittent jamais leur zone de confort. La spirale dessinée en noir entraîne un rétrécissement de la vie. C’est ce que j’ai vécu durant les dernières années, sans pouvoir combattre cette tendance.

Pour développer la mémoire, il faut activer le cerveau en faisant toujours de nouveaux exercices. Faire du Sudoku pendant des années n’active pas le cerveau. Il faut idéalement utiliser les parties droite et gauche du cerveau en association.

Je regarde régulièrement n’oubliez pas les paroles sur France 2 avec Naguy, où certains candidats réussissent à se rappeler les paroles de plusieurs centaines de chansons. Curieusement, certains n’étaient pas bons élèves.

Comment marche la méthode de Markus Hofmann?

Il s’agit de créer une structure de boîte aux lettres mentale avec des mots clé, permettant une association avec le mot à retenir, faite de préférence avec une émotion, de la créativité et une visualisation marrante.

Exemple de boîte aux lettres:

1 – doigts de pieds
2 – genoux
3- cuisses
4 – fesses
5 – taille
6 – poitrine
7 – épaules
8 – cou
9 – visage
10 – cheveux

Exemple de mot à retenir: je dois acheter des oeufs au supermarché.

Cela associe le fait de prendre sa voiture, de se rendre au supermarché, de chercher les oeufs et de les payer. Dans son exemple, Markus associe les oeufs aux doigts de pieds en se représentant qu’on met les oeufs dans ses chaussures et qu’on les écrase, ce qui fait une saloperie partout. Autre exemple pour acheter des carottes, se représenter de les mettre dans les fesses… Ou pour acheter du dentifrice: se représenter qu’on s’en mette plein les cheveux.

Pour retenir davantage de mots, il suffit de les associer à d’autres boîtes aux lettres.

Autre boîte aux lettres de 1 à 20:

1 – licorne (une corne)
2 – médaille (deux faces)
3 – tricycle (trois roues)
4 – table (quatre pieds)
etc..

Pour retenir des noms de personnes, il faut créer une boîte aux lettres sur la personne elle-même. Par exemple pour Manuela, faire une association à l’inserstice entre ses dents, où on se représente qu’elle tire manuellement une dent de sa dentition.

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Ou pour Olivier, se représenter qu’il se met de l’huile d’olive sur les cheveux.

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Pour retenir des mots étrangers, il faut créer une boîte mentale à partir du mot dans sa langue natale. Par exemple en anglais « to grizzle », soit faire la gueule ou pleurnicher. On se représente un grizzly en train de faire la gueule.

Markus Hofmann a développé une méthode d’apprentissage de mémoire avec des CDs.
Il organise des conférences avec des centaines de personnes. Il est reconnu comme un expert dans ce domaine.

Sa méthode permet de se rappeler de tout, entre autres de numéros de téléphone, de noms de personnes, d’arguments de vente. La boîte se vend 297 euros et permet des progrès spectaculaires de mémoire en 14 jours.

À mon humble avis : il a peut-être tout simplement un don pour se rappeler ce genre d’informations et il a développé une méthode autour et non le contraire.

Il affirme que ces méthodes de mémorisation sont utilisées depuis des millénaires, par exemple par Cicéron, qui faisait des associations de mots clé avec les différentes parties du théatre où il faisait ses discours.

Pour consolider l’apprentissage, il faut répéter après 40 minutes, ensuite après 24 heures, puis trois à quatre jours après, et encore un mois plus tard.

Ces méthodes sont également inspirées de Gregor Staub, un gourou de mémoire suisse.

Quoiqu’il en soit, c’était assez divertissant. Ces coachs savent aussi utiliser les ficelles des méthodes de motivation. Une anecdote qui m’a particulièrement plu est l’histoire de Cliff Young, champion de course extrême à l’âge de 61 ans.

https://simon-lemire.com/articles/detail/lincroyable-histoire-de-cliff-young-champion-en-course-extreme-a-lage-de-61-ans/

En entendant cette histoire, on a l’impression que l’outsider a toutes ses chances parce qu’il ignore les restrictions que s’imposent les pros…

 

 

 

 

Développement personnel

Devenir heureux en vieillissant

Cet article est inspiré d’un post de Linkedin intitulé « Signs of maturity » ainsi que de deux livres, « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » et « Et n’oublie pas d’être heureux ».

Signs of maturity

Vieillir est frustrant pour moi, essentiellement à cause de la perte de performance (physique, intellectuelle/mémoire, sexuelle, absence de succès). C’est assez démotivant. Pourtant, selon le graphique de satisfaction, « l’âge d’or » du bonheur se situe autour de 65 ans. À 57 ans, je me situe dans le début de la courbe ascendante, avant la retombée finale dûe aux problèmes de santé du grand âge.

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Suis-je déjà vieux à 57 ans? Difficile à dire… Lorsque j’étais étudiant, les fichiers DOS étaient nommés avec maximum huit lettres (http://dos.heffge.fr/Le_dos_sied_noms.htm). Difficile à imaginer aujourd’hui, non…?

En essayant de résumer l’essentiel de mes sources et en parlant de mon cas en particulier, le phénomène de vieillissement atténue progressivement la « dictature des hormones ». Extrait de livre : « La plupart des mâles passent leur vie à trimer, s’inquiéter, rivaliser et se battre, plutôt que de jouir d’un bonheur paisible, parce que leur ADN les manipule à ses propres fins égoïstes. Comme Satan, l’ADN se sert de plaisirs fugitifs pour tenter les gens et les mettre en son pouvoir. » Ou « Selon le bouddhisme, la racine de la souffrance n’est ni le sentiment de peine ni celui de tristesse, voire d’absence de sens. La véritable racine est plutôt cette poursuite incessante et absurde de sensations éphémères qui nous mettent dans un état permanent de tension, d’agitation et d’insatisfaction. »

Mes émotions se sont presque complètement émoussées, peut-être est-ce aussi la conséquence de la prise de neuroleptiques sur une longue période. Voici quelques années, je vibrais pour Roger Federer, maintenant, ça me laisse froid…

Le bénéfice du vieillissement serait donc équivalent à celui de la méditation :
« Qui médite est censé observer de près son esprit et son corps, suivre l’apparition
et la disparition de tous ses sentiments et comprendre combien il est absurde de les poursuivre. Quand la poursuite cesse, l’esprit est détendu, clair et comblé. ».

La méditation pleine consience aide par notre « capacité plus grande à déceler précocement les modifications de nos états émotionnels. ». Nous aspirons « à être plus calmes, à mieux dormir, à ressentir moins de stress, moins de tristesse, moins d’agacement. »

En y réfléchissant un peu, mon principal problème étant jeune était la difficulté à lâcher prise avec une tendance à vouloir tout contrôler en étant accaparé par mes pensées, ce qui m’a empêché d’occuper une fonction d’encadrement de personnes en entreprise. Maintenant, je suis comme un retraité, il n’y a plus de pression de résultat.

Ce qu’il faudrait faire, c’est « accepter le réel et l’observer, puis agir pour le changer – qui permet de ne pas être dans la réaction ou dans l’impulsion guidées par l’émotion brute. »

Malgré une mauvaise prédisposition psychique ainsi que les multiples psychoses et autres incidents professionnels, je m’en suis assez bien sorti au niveau de mes emplois successifs. Grâce au système d’assurance invalidité suisse, je suis libéré des angoisses existentielles ou de l’anxiété. J’ai si peu de préoccupations qu’il me manque parfois « l’adversité, qui nous rappelle toute la valeur du bonheur. »

J’ai atteint mes objectifs professionnels, familiaux, financiers et sportifs. Ma performance sportive est partie en couille après les hospitalisations de 2014 et 2015, mais le reste est encore là. Je ne connais plus l’inquiétude, la colère, le dégoût, ni la tension dans ma tête/mon corps à l’époque où je faisais de folles spéculations en bourse pour compenser mon vide intérieur. Être préoccupé, c’est freudien, la « priorité donnée par l’évolution de notre espèce aux émotions négatives sur les positives, difficulté de l’existence. »

C’est nous qui « déformons souvent des moments plutôt agréables, par notre insatisfaction, notre perfectionnisme, nos attentes trop élevées ou notre incapacité à savourer parce que nous sommes collés à nos soucis ». Il faut « moins de comparaison, plus d’absolu ».

Je n’ai pratiquement plus de dépendance à l’humeur de mes comportements, ce qui me portait préjudice dans ma relation avec ma femme.

Le bonheur est aussi le résultat d’un exercice régulier. Les rituels sont importants, ainsi que les relations avec les autres. Il est recommandé chaque soir de passer en revue trois petits évènements du jour qui nous ont positivement influencé et d’être reconnaissant pour cela en montrant de la gratitude pour ce que la vie nous donne.

Le sens de la vie? « Etre heureux, c’est le plus important et tout en découle : car quelqu’un d’heureux va faire le bonheur autour de lui, va aider les autres, va se rendre utile, va faire le bien. ». Et bien sûr être solidaire des autres, « Ne pas se culpabiliser des bonheurs qui nous sont permis, mais : 1) ne pas les gaspiller ; 2) y puiser la force d’aider ceux qui en sont très, très loin. »

Vieillir montre également un sentiment de finitude, dont « l’inconfort nous oblige à réfléchir intelligemment et activement à notre bonheur, à nos priorités existentielles et à la conduite de nos vies. ». Mais ça développe « l’aptitude à savourer le présent », par exemple lors d’une excursion avec ma chorale.

Mon empathie se développe. Elle « a des liens étroits avec le bonheur : elle est ainsi facilitée par le bien-être, qui ouvre notre esprit au monde environnant, au lieu de le replier sur lui-même, comme le fait la souffrance. »

Ce qui me manque, c’est « le sel de la nouveauté », une « tendance de notre esprit à être attiré par ce qui est incertain, nouveau, intriguant. L’ennui est devenu mon problème essentiel. On dit que le « ratio optimal est de trois émotions positives pour une émotion négative ». Il n’y a plus rien d’urgent à faire. Attention aux symptômes négatifs de la schizophrénie.

Pour moi, le principal avantage du vieillissement, c’est que j’ai arrêté de me saboter.

Les occasions de sentiments de succès ont disparu, mais les réactions d’énervement par rapport à ce que par exemple ma femme ne sait pas faire ne m’empoisonnent plus la vie.

Blog·Développement personnel·Engagement social

Introspection positive

Aujourd’hui, j’ai participé à un webinar d’amélioration de mémoire auquel était convié un invité spécialisé dans la formulation constructive. Un de ses conseils était de prendre un peu de temps pour faire le bilan des côtés positifs de notre personnalité, au lieu de se focaliser sur ce qui ne va pas assez bien. Ce bilan peut être relu tous les jours pour nous faire prendre conscience de nos capacités.

Voici donc la liste de mes points forts :

  • esprit éclectique
  • résilience psychique
  • capacité à répéter les efforts
  • sens de ce qui est beau
  • bon vendeur de soi
  • grande tolérance

Mon esprit éclectique se manifeste dans beaucoup de domaines: choix de musique, politique, décoration d’intérieur, … Il existe un terme anglo-saxon : serendipity

J’écoute aussi bien de la musique classique, que des chansons africaines, du pop-rock, de l’électro-pop, du hard rock, du punk. Le forum pour schizophrènes Atoute est une bonne source, dans le sens où les participants peuvent mentionner ce qu’ils écoutent en ce moment et c’est la plupart du temps de la musique originale et nouvelle pour moi. J’apprécie la radio Internet, permettant de « goûter » à d’autres musiques.

En politique, je m’intéresse également au programmes des partis pour lesquels je ne vote pas. Récemment, j’ai visionné une vidéo Facebook du PCF avec Fabien Roussel.

Concernant la décoration d’intérieur, j’évite le noir (la plupart des hommes le choisissent par défaut) et le blanc , je privilégie les couleurs. Voici mon bureau:

Bureau

C’est une composition sur mesure d’éléments en bois, encastrés dans des glissières horizontales. Les poissons en bas à droite viennent de Croatie, les objets au-dessus de la région de Beaufort et d’ailleurs dans le monde.

Ma résilience psychique s’est manifestée par ma capacité à récupérer après les psychoses à répétition. J’ai complètement récupérée des six premières et bien récupéré des trois autres. J’évite consciemment de mentionner ce qui me manque dans ce post.

J’ai pu me reconstituer grâce à la bonne communication avec mes psychiatres, qui m’ont fait confiance pour réduire mon traitement et qui m’ont soutenu par leur thérapie. Evidemment, le soutien de ma femme et de mon employeur a été un facteur déterminant pour arriver à remonter la pente.

Voici une photo du labyrinthe des lumières à Königsfelden, l’hôpital psychiatrique où j’ai séjourné plusieurs mois en 2014 et 2015.

Königsfelden

La répétition des efforts se manifeste au tennis ou au piano. Les progrès sont infimes, mais le fait de persister à m’entraîner me donne l’assurance que mon état psychique reste stable. En effet, j’ai eu de sérieuses angoisses de régression.

Le tennis m’a énormément aidé au niveau mental. C’est également une bonne occupation par laquelle je rencontre régulièrement des amis ayant de la compréhension pour ma situation, mais avec lesquels on peut boire un coup sans tomber dans la compassion.

Me voici avec Vojko, mon psychiatre de 1993 à 2014, qui s’est malheureusement suicidé en 2015.

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Le sens de ce qui est beau s’est montré par le choix de la commune où nous habitons depuis maintenant 30 ans, d’abord à Bremgarten, ensuite à Zufikon, juste à côté. À mon arrivée en Suisse en 1989, il était assez difficile de trouver un logement. J’ai pris ma voiture et j’ai sillonné la région pour trouver un appartement libre. Je me suis arrêté à Bremgarten, une jolie ville située le long de la Reuss, à moins d’une heure en train de Zurich.

De même pour notre maison actuelle, nous avons sauté sur l’occasion d’acquérir une grande maison qui nous donne beaucoup de satisfactions, plus particulièrement encore dans le contexte de semi-confinement actuel en Suisse.

La décoration intérieure est faite avec goût et originalité, bien sûr avec beaucoup de couleurs et des meubles de qualité.

Voici une photo « maison » de Bremgarten:

Bremgarten

L’acquisition de notre maison n’aurait pas été possible sans un bon revenu au travail. Comparativement à mon niveau d’études (ingénieur Centrale Lille), le niveau de mes jobs successifs n’est pas transcendant. Mais j’ai bien sû me vendre pendant les entretiens d’embauche.

De même pour mes relations avec les femmes. Je ne suis pas particulièrement beau, mais j’ai un bon sens du dialogue en comprenant ce que les femmes veulent, tout en leur fixant des limites.

Voici une photo de ma femme après une tempête à Beaune, où les pétales ont recouvert le sol:

Isabelle

Depuis une année maintenant, je fais du bénévolat dans un centre de recherche d’emploi où j’assiste les professionnels avec des tâches simples et répétitives, comme l’adaptation de lettres de candidatures existantes. J’ai trouvé ce « job » par une recherche systèmatique sur les plate-formes de recherche de bénévoles. J’ai convaincu le responsable malgré ma schizophrénie de me prendre, essentiellement grâce à mon expérience de project et process manager ainsi que de ma prestance.

Enfin, j’ai une grande tolérance à l’égard des autres personnes, qu’elles soit en couple ou seules, ultra-capitalistes ou communistes, religieuses ou athées, obsédées de travail ou fainéantes, hétéros ou homos, arrogantes ou silencieuses.

Développement personnel·Maison

Corona virus

J’écris cet article une semaine après le début du confinement, moins strict en Suisse qu’en France. En théorie, on pourrait faire une marche à la montagne, mais les Suisses respectent la recommendation de rester chez soi.

Globalement, je me porte plutôt bien. La raison essentielle est curieusement le choc boursier, avec une baisse de 34% à ce jour en un peu plus d’un mois. Les pertes sont colossales… Cela me rappelle le stress de la période où je faisais du trading d’options en amateur voici vingt ans et où j’ai failli finir endetté…

Cette fois-ci, je n’ai pas grand-chose à me reprocher. Notre portefeuille est fait d’actions solides, bien diversifiées. La baisse est pratiquement identique à celle de l’ensemble du marché. On peut donc faire le dos rond en attendant des jours meilleurs.

Le stress m’a envahi au point que je me suis réveillé plusieurs fois la nuit vers trois heures pour voir ce que faisait le Nikkei, également en baisse évidemment. Ma femme a remarqué mon agitation. J’ai dû lui faire part de mes soucis, sans mentionner de chiffres, en précisant que notre fils, héritier en puissance, était au courant de tous les détails.

Autre raison de sortir de ma relative torpeur: l’avalanche de nouvelles dans les médias sur le Corona virus. Il se passe tout le temps quelque chose. On relativise en voyant ce qui se passe ailleurs. Les réseaux sociaux abondent de photos et vidéos souvent marrantes.

Pangolin

Eh oui, un Chinois a peut-être attrapé le Corona virus en mangeant du pangolin…

Chien

Eh oui, en France, on peut encore sortir son toutou, mais avec un formulaire.

Intéressant de voir comment les « normopathes » s’occupent chez soi, avec des vidéos de fitness, en faisant du rangement ou du nettoyage de printemps.

Au lieu de sortir boire une bière au troquet du coin, je vais au supermarché pour faire quelques courses. Les gens sont un peu cons… ils stockent du papier toilette à mort, au point qu’il n’est plus disponible dans les rayons. Pandémie oblige, il faut respecter un nombre maximum de clients par mètre carré dans le magasin.

Toilettenpapier

J’apprécie de pouvoir sortir librement, sans formulaire, autant de fois que je veux dans la journée.

Ma femme a une peu bleue d’attraper le Corona virus. Elle fait partie des personnes à risque, étant donné qu’elle a eu le cancer du sein il y a deux ans. Depuis hier, elle rince même les emballages plastiques que je ramène de la Migros.

Isabelle

C’est vrai qu’elle me manquerait…! Elle est même encore plus gentille qu’avant, consciente que le Corona virus met les couples à l’épreuve avec le confinement.

Concernant ses cours scolaires, on est en train de se familiariser avec Loom, un outil de réalisation et de partage de vidéos. Pas mal de bugs, assez amateur. Je suis tenté de laisser tomber…

Notre chatte, Souris, est bien contente de nous avoir toute la journée à la maison.

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Le tennis, mon activité de socialisation essentielle, est en berne. Pas de tennis, pas de visite d’amis, pas de bière après le tennis… Mon prof de tennis à Schinznach Bad perd pas mal d’argent avec l’annulation de ses voyages de groupe, au point qu’il doive demander une aide financière à son père.

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Mon cours de piano aura lieu via Skype… Curieux de voir ça…

Attention de ne pas prendre du poids pendant le confinement. Ce week-end, j’ai pris des apéros maison et blam, prise de poids. Discipline à tenir!

Voili voilou… Je continue cet article après quelques semaines de confinement.

On recommande aux personnes en confinement de faire ce qu’elles n’ont pas le temps de faire le reste du temps. Dans notre cas, il s’agit de ranger la maison de fond en comble.

Ces dernières années, j’avais de plus en plus de mal à m’occuper des tâches ménagères avec une fâcheuse tendance à rester au lit pendant des heures à ne rien faire. Le coup de fouet de la bourse continue à me donner de l’énergie, sans que ça devienne dangereux pour ma santé.

Juste avant l’annonce officielle du confinement, j’étais chez Ikea pour acheter des meubles de rangement pour notre cave. C’était le début de la campagne de nettoyage et de rangement. Ma femme s’ennuie un peu, étant donné que les cours n’ont pas lieu.
À deux on peut prendre les décisions de jeter quelques objets.

Toujours pas de tennis en vue. Le programme de remplacement est la marche dans la nature, ou bien tous les deux jours un petit jogging-marche d’environ 7 kilomètres. Depuis notre domicile, plusieurs circuits sont possibles. Voici celui de la Reuss.

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Règles de confinement oblige, on s’écarte de deux mètres lorsqu’on croise quelqu’un.

Pour remplacer les pots avec mes amis après le tennis, je me rends à Migrolino, un petit magasin Migros situé au centre de Bremgarten, où on peut boire un cappuccino. Ce n’est pas terrible, il est assez froid, mais la caissière est très sympa. C’est bien d’avoir une routine.

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Il faut boire le café dehors, mais avec le beau temps, pas de problème. Le désinfectant n’est pas loin…

La chorale me manque un peu. On a un programme de remplacement avec des cours Youtube et des enregistrements de notre dirigeant, mais j’avoue que j’ai du mal à m’y faire. Je n’aime pas chanter à la maison lorsque ma femme est là. Chanter tout seul n’est pas très motivant…

Le cours de piano par Whatsapp était assez stressant. La qualité de la connexion était plutôt mauvaise vu que le piano est à la cave. Mais ça assure une certaine continuité.
J’ai assez de partitions pour m’entraîner pendant les prochaines semaines.

J’ai un nouveau hobby, inspiré par un de mes voisins, un ancien champion de ski. Il s’agit d’un entraînement de mémoire quotidien organisé par un coach allemand spécialisé dans ce domaine. C’est très vivant et ça m’active. Pas sûr si c’est vraiment applicable pour améliorer mon niveau en italien, mais c’est très divertissant.

Hofmann

Ce samedi a eu lieu un cours de répétition de plus de trois heures durant lequel Markus Hofmann a décrit la situation des personnes qui ne quittent jamais leur zone de confort. La spirale dessinée en noir entraîne un rétrécissement de la vie. C’est ce que j’ai vécu durant les dernières années, sans pouvoir combattre cette tendance.

Autre hobby, la lecture. Non pas que je sois un fan des livres, mais j’ai eu la chance d’avoir des recommendations de livres, que j’achète maintenant sur Internet pour les installer sur ma liseuse, plutôt que de choisir des livres au hasard à la bibliothèque. Actuellement je lis un livre très intéressant sur l’histoire de l’humanité.

Ma femme prépare la rentrée scolaire après les vacances de printemps. L’école a  annoncé que les cours auraient lieu par ordinateur. Actuellement, nous avons trois outils à notre disposition: Loom pour enregistrer des cours, Showbie pour distribuer le travail aux élèves et les assister (cet outil est utilisé au Groenland), ainsi que switch.ch, un outil de conférence utilisé par les universités. C’est assez motivant pour moi d’apprendre à faire fonctionner ces outils.

Le bénévolat me manque évidemment. Pas d’atelier de candidatures, ni de cours de soutien aux femmes tamoules. Mais le fait d’être capable de s’occuper intelligemment pendant quelques semaines est très positif.

Je plains les Français, obligés de respecter un confinement très strict. Comparativement, on a la belle vie en Suisse.

Le forum pour schizophrènes est très utile en ce moment pour rester socialisé.
Je contribue plus que d’habitude, en postant des choses positives, comme à l’instant les bonnes nouvelles d’Autriche, où les magasins seront bientôt réouverts. Et ça relativise de  voir la situation beaucoup plus difficile des autres membres du forum.

Peut-être que la raison essentielle pour laquelle je vais si bien en ce moment est le fait que je n’aie rien à prouver. Pas de tennis, donc pas de frustration de ne pas bien jouer. Pas de fitness, donc pas de difficultés à (ne pas) y aller. Pas de bénévolat, donc pas de situation avec des gens en difficulté.

Blog·Développement personnel

L’année 2019 en rétrospective

La fin d’année m’incite à faire un petit bilan des derniers mois.

C’est la première fois que je fais cet exercice. Par curiosité, je suis allé faire une recherche sur Internet avec les mots clés « bilan fin année vie ». On y parle de contrôle d’objectifs et de nouvelles résolutions, un peu comme pour estimer les performances de l’employé d’une entreprise. Ce n’est pas comme cela que je vois la vie…

Ce qui m’intéresse, c’est davantage de voir comment les différents compartiments de ma vie fonctionnent, un peu comme le post antérieur de Bilan de vie actuelle , mais surtout par rapport à l’année précédente.

L’année 2019 marque un tournant dans le sens où je commence à apprécier ma situation de chômeur handicapé plutôt que de la subir. Depuis mon licenciement économique de début 2014, j’étais triste de ne pas pouvoir retravailler, même si j’ai trouvé un autre emploi de décembre 2016 à août 2017 (voir À propos et Bleu Ferrum, licenciement dû à une psychose).

Mon rapport au temps a changé. Je me débarrasse de ma tendance à la clinophilie (rester des heures au lit à ne rien faire). Je m’occupe davantage. Je recommence à vivre ma vie au lieu de m’ennuyer à mourir en attendant la délivrance par la mort.

Voyons donc ce qui a positivement changé, en commençant bien entendu par le tennis…

J’ai recontacté mon ancien prof de tennis à Birrhard, un suédois, pour reprendre des leçons toutes les deux semaines en complément de mon programme d’entraînement avec le prof tchèque à Schinznach Bad et avec mes partenaires.

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Il s’est rendu compte que j’avais beaucoup perdu suite à mes deux hospitalisations de 2014 et 2015. On est repartis de zéro, comme pour une rééducation. Il m’a lancé des balles à la main. Pour moi, une telle leçon c’est mieux qu’un rendez-vous chez la psychiatre. Il est patient, connaît mon (bien meilleur) niveau d’avant les dernières crises et il croit en la possibilité d’y revenir. Ce n’est pas encore top, mais c’est mieux et l’important c’est de voir que les choses ne vont pas en empirant, comme je le craignais au début de l’année. D’ailleurs cette inquiétude de dégénérescence était générale et s’estompe maintenant.

Les entraînements de tennis avec Jana, ma partenaire, ainsi qu’avec Jarda, mon coach à Schinznach Bad sont réguliers et se passent bien. En fin d’année, j’ai rencontré Christian, un nouveau partenaire régulier, presque du même âge que moi, de caractère assez ouvert et physiquement très mobile sur ses jambes.

Ma semaine est également mieux structurée grâce au bénévolat, voir S’occuper avec du bénévolat. Là aussi, je commence à voir les choses un peu plus en rose. La collaboration à l’atelier de candidatures se passe bien. Je m’occupe intelligemment sur Internet pendant les temps morts. Le soutien administratif de la personne handicapée psychique va bien également, même si elle a décidé d’arrêter pour des raisons indépendantes de ma contribution. Les cours d’allemand avec les femmes tamoules me font parfois m’amuser.

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Comme le fitness club où nous étions depuis de nombreuses années a fermé pour cause de retraite, nous avons dû choisir un nouveau club. Là aussi, évolution favorable. Je me traînais de plus en plus pour aller m’entraîner au point que ça m’inquiétait. Au nouveau fitness club les membres sont plus dynamiques et plus nombreux, ce qui nous motive. Ce club a investi dans des machines à réglage automatique électrique, le Milon circle, qui donne un rythme assez soutenu.

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En 2019, Souris, notre chatte persane, est vraiment devenue un membre de notre famille. Elle a pris ses habitudes, boire à la douche, miauler pour recevoir son snack liquide au frigo, et surtout venir au lit avec moi lorsque je fais une sieste après le repas de midi (en fait je ne dors pas). Elle vient m’aider à écrire mon blog parfois…

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Un autre changement en 2019, c’est que j’ai commencé à prendre des leçons de piano avec une prof d’école de musique expérimentée. Au début de l’année, j’étais inquiet d’avoir l’impression de régresser au niveau capacités intellectuelles et de coordination. Le fait d’arriver à jouer de nouveaux morceaux m’a rassuré. Grâce aux cours, j’ai même pû progresser. Pour info, j’ai étudié le solfège et la flûte traversière étant enfant et le piano en autodidacte. Le piano est une bonne occupation et ça me structure.

Souris vient parfois miauler lorsque je joue et sauter sur mes genoux.

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Les vacances avec ma femme (et en partie avec mon fils) se sont bien passées. On est allés à Beaune (Vacances à Beaune), chez mon ami en Italie du Nord (Vacances à la Marianne), en Allemagne (Vacances à Schwangau et Munich) et à Noël on va à la montagne.

Mon père a eu 90 ans en novembre, ma mère et ma soeur ont organisé une fête (Les 90 ans de mon père)

La chorale se passe bien. On a un nouveau dirigeant qui s’est bien adapté. Les autres membres de la chorale connaissent ma schizophrénie et sont sympas avec moi en prenant l’initiative de faire la causette régulièrement. L’excursion s’est bien passée (Excursion avec la chorale à Arbon)

Autre occupation: le forum pour schizophrènes Atoute où je m’implique un peu plus depuis peu, mais que je lisais régulièrement sur mon mobile en mode passif.

Finissons avec le cours d’italien hebdomaire. Peu ou pas de progrès dû à mes problèmes de mémoire et de capacité d’apprentissage. C’est assez frustrant, mais là aussi, ça occupe et c’est social. Ma prof est une jeune française habitant en Italie.

Ah, et j’oublie de mentionner que j’ai récupéré mon permis de conduire en juillet!

Il y a également des aspects négatifs de 2019, mais c’est réversible.

Les promenades en vélo me semblent être devenues une énorme montagne.

À part ça rien d’autre de négatif à signaler. Donc le bilan de 2019 est positif!

Développement personnel·Schizophrénie

Bilan de vie actuelle

Voir le verre à moitié plein au lieu d’à moitié vide, voilà le conseil de ma psychiatre.

Quels sont mes problèmes essentiels? Perte de capacités intellectuelles, perte de motivation à faire certaines choses, perte de coordination au tennis. Quoique les deux derniers points s’améliorent actuellement.

D’un autre côté je dispose d’une situation financière enviable grâce à la caisse de pension de mon ex-employeur (système de retraite par capitalisation en Suisse et assurance maladie privée), ce qui me permet de faire ce dont j’ai envie. Essentiellement jouer au tennis à volonté avec mes différents partenaires, boire des pots au bistrot, prendre des cours de tennis et de piano, et aller en vacances avec ma femme régulièrement.

J’ai quelques amis grâce au tennis que je rencontre régulièrement et qui communiquent en m’envoyant des messages ou des images/vidéos par Whatsapp entre deux entraînements. Voici mon prof de tennis à Schinznach Bad.

Jarda

Côté coeur, ça va assez bien. Ma femme est restée avec moi malgré neuf psychoses, alors que ses amies lui avaient conseillée de partir. Elle est devenue mon moteur. Nous avons un fils âgé de 30 ans, que nous voyons toutes les deux semaines et qui travaille comme informaticien.

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Mes rapports avec ma famille en Alsace sont normalisés, alors que c’était plutôt difficile voici quelques années.

Nous habitons dans une grande maison mitoyenne à Zufikon près de Bremgarten avec tout le confort moderne, nos voisins sont très sympas.

Belle Vue

Bremgarten

Côté sexe c’est actuellement plutôt au point mort, essentiellement parce que j’ai dû confesser à ma femme d’avoir fait une pause de prise de médicaments pendant quelques semaines cet été. En plus, ma libido est en panne. C’est sans doute lié à la (re-)prise des médicaments, ou bien c’est l’âge, à 56 ans.

La bouffe ça va plutôt bien. J’aime bien manger même si je dois un peu me limiter pour ne pas grossir.

Le moral est bon. Mes activités de bénévole (voir S’occuper avec du bénévolat) m’occupent assez et m’empêchent de trop m’ennuyer. Je ne ris pas souvent, les occasions manquent, mais je ne suis pas déprimé.

Je dors bien. Je me réveille en forme, un peu trop tôt le matin, souvent vers cinq heures. C’est dû à l’Abilify qui me booste. Je prends un seul antipsychotique, Abilify, à faible dose maintenant (7.5 mg par jour) et parfois du Quetiapin légèrement dosé (25 mg) pour bien dormir et ne pas me réveiller trop tôt.

Curieusement, l’Abilify influe négativement sur mon envie de faire du sport. J’ai du mal à me motiver à faire mon entraînement de musculation.

Il me manque la tension ou le stress positif d’un travail intéressant, ainsi que l’enrichissement de mon intellect par l’acquisition de nouvelles connaissances. Ma situation est comme une mise à la retraite anticipée. D’autres seraient contents d’être dans ma situation, financièrement indépendants et disposant de plus d’années à profiter de leur retraite avec de bonnes capacités physiques.

Je ne parle pas beaucoup dans une journée ou lorsque je suis en groupe. Je suis sur un forum pour schizophrènes oû je me manifeste de temps en temps, mais oû je suis plutôt un lecteur passif. De voir la situation d’autres schizophrènes relativise la mienne.

Je joue du piano. J’ai appris le solfège et la flûte traversière étant enfant, ensuite le piano comme autodidacte. Maintenant je prends des cours pour progresser dans mon interprétation. La musique est un petit challenge qui me fait du bien. Cela me rassure d’être encore capable de jouer d’un instrument et maintenir mon niveau, voire de progresser.

Un autre challenge est mon cours d’italien hebdomadaire via Skype avec une française. Cela met en évidence mes problèmes de mémoire et de capacité d’apprentissage mis à mal par les dernières psychoses. Mais sans ces troubles confirmés par un essai de travail de plusieurs mois, je ne toucherais sans doute pas l’invalidité et ma situation serait très précaire.

Je suis également membre d’une chorale mixte, avec des Suisses allemands très sympas.

Chorale

Pour terminer cet article, on a un bon chat, un persan à poils gris considéré comme un membre de notre famille, que nous avons appelé Souris. En fait c’est la chatte des voisins qui s’est rapprochée de nous au point qu’elle nous appartienne maintenant officiellement.

Souris Peluche

Développement personnel

Un enterrement dans le Nord

Ma belle-mère est récemment morte à l’âge de 86 ans des complications d’un cancer du pancréas. Nous sommes allés à Lille en TGV pour les funérailles.

Dans le Nord, traditionnellement la messe commence par la lecture d’un texte préparé par les enfants du défunt, racontant les choses essentielles de sa vie. Par exemple que ma belle-mère battait les hommes au baby-foot.

Après la messe nous sommes allés au crématorium. Une nièce de ma belle-mère avait préparé un stick USB avec la musique de Roch Voisine pour accompagner le moment de recueillement.

Ensuite, nous nous sommes rendus au domicile de ma belle-mère (le beau-père est décédé voici deux ans) pour un repas d’adieu. Au menu du Potjevleesch, du jambon, du pain, ainsi que du crémant.

Les gens du Nord sont très chaleureux et ils aiment les réunions de famille. On a passé l’après-midi à discuter gentiment de choses et d’autres, en regardant des albums photos de famille. Personnellement, j’ai du mal à me joindre à la conversation. Quand j’ai mentionné à quelqu’un que c’était dû à la schizophrénie, on m’a répondu que j’étais dans ce cas « bien atteint »…

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La grande discussion des réunions de famille est de savoir qui ressemble à qui. Ou bien de se remémorer les lieux de parenté entre petits cousins.

En fin d’après-midi, nous sommes allés au cimetière où l’urne de ma belle-mère attendait d’être placée dans la tombe familiale. La crémation était nécessaire en raison du manque de place dans la tombe.

Retour à Zufikon en TGV avec mon fils. Ma femme est encore restée quelques jours.

Je suis d’ailleurs devenu ami Facebook avec la femme au milieu de la photo ci-dessus.