Musique et show·Tennis·Vacances

L’année 2025 en retrospective

Le dernier article de ce blog, c’était la rétrospective de 2024. Je la relis, histoire de me chauffer.

C’est amusant, ça commence par notre chatte. Elle est toujours en vie et en forme, malgré une alerte sérieuse due à une infection de la mâchoire pour laquelle une intervention a été nécessaire. Pour un chat persan, 17 ans et demi, c’est beaucoup!

Mais c’est la chatte d’un très bon ami qui me tient compagnie ce matin. C’est sûr, lorsque notre chatte ne sera plus là, j’ai déjà envie d’un/d’une autre. On verra bien comment gérer lors de nos absences pour aller en Corse, même si notre fils nous a déjà annoncé qu’il ne s’occuperait pas d’un autre chat.

Ah… la Corse… !!! Mon épouse dit que c’est mon nouveau jouet, mon Monopoly… L’investissement en temps et en argent a été important, mais ça valait le coup. Financièrement parlant, ce n’est effectivement pas un placement super intéressant. Le rendement de la location meublée à l’année devrait tourner autour de 1.5% net après déduction de toutes les charges + l’inflation qui va faire monter la valeur de l’appartement avec le temps.

Mais à tous les niveaux, c’est une excellente décision !!!

Cet appartement à Calvi, je ne m’en lasse pas… Je craignais que l’intérêt retombe une fois les meubles installés et après quelques séjours. Mais non. En 2025, j’y suis allé huit fois, dont cinq fois en train (+ferry), deux fois en voiture, une fois en avion. Les trajets par Bastia, par l’Ile Rousse et deux fois par Ajaccio.

On en revient après une belle semaine avant Noël. Le temps était surprenant. On a pu manger le midi sur la terrasse la moitié du temps alors qu’en Suisse c’était très froid et du brouillard.

Calvi, c’est un paysage, une lumière, mais surtout un sentiment. Un mélange de nostalgie, de liberté et d’inspiration (extrait du compte Instagram de Julien Audigier.

C’est curieux, c’est précisément ce sentiment que j’ai ressenti le jour où j’attendais la personne de l’agence immobilière pour visiter la première fois l’appartement. J’ai été troublé par l’impact que cette décision pourrait avoir sur nos vies.

Laissons l’IA – incontournable en 2025 … – commenter ce « slogan »…

« Calvi inspiration liberté » évoque le sentiment unique de liberté et d’évasion ressenti à Calvi, en Balagne (Corse), grâce à son cadre exceptionnel entre mer et montagnes, sa riche histoire (Citadelle, Christophe Colomb), ses activités sportives (randonnée, voile, escalade) et son atmosphère authentique, invitant à la découverte personnelle et à la contemplation. Cela représente l’âme corse, un mélange de nostalgie, d’aventure et de sérénité.

Voilà la même plage au lever du soleil en été.

L’année 2025 a été marquée par les péripéties de l’installation du lit et du reste de l’équipement de l’appartement. Le lit a été commandé en janvier chez une compagnie bien installée en France, Le Roi du Matelas. La vendeuse était très compétente et sympathique. On a commandé un lit Hasena fabriqué en Suisse, à livrer à Marseille étant donné que Le Roi du Matelas ne livre pas en Corse.

D’abord une erreur dans le processus de commande, puis de fausses informations transmises par un affabulateur entretemps renvoyé de la société, puis une salissure du matelas due à un mauvais emballage et enfin une autre erreur dans la commande des détails du cadre de lit. L’installation a été terminée sept mois après en août… Les premiers locataires ont aidé à résoudre les derniers soucis.

Mais le résultat est là. Le mobilier est chaleureux, pratique et de qualité. Ça nous plait beaucoup, ainsi qu’aux locataires.

C’est un immense plaisir de se dire qu’on peut à tout moment aller à Calvi de mi-octobre à début avril, en plus des périodes de baignade qu’on a bloquées dans le calendrier en juin et septembre.

Et… bien sûr… tennis, chant, piano sont possibles à Calvi…

Le prof de tennis du club de Calvi est un coup de chance. Mon avis, c’est qu’en Suisse, les profs de tennis sont soit de bons entraineurs pour de jeunes joueurs, ou plutôt passifs et pas vraiment utiles pour des joueurs âgés. C’est illusoire pour moi d’essayer d’adopter la technique parfaite du pro. C’est même contre-productif. Un prof qui m’observe, m’écoute, me donne des pistes, et surtout échange par une discussion sur mes sensations est beaucoup plus efficace pour mon développement.

J’ai fortement réduit le budget tennis en 2025. En fin d’année, j’ai également réduit le nombre de mes entraînements en décidant d’arrêter d’aller taper la balle avec un partenaire de longue date, mais dont la disposition d’esprit me correspondait de moins en moins. Trop bourrin, pas assez d’échanges, régulièrement stressé, pas objectif, pas prêt à se remettre en question, pas assez régulier. Bref, c’était pas du tennis… J’utilise le temps libre pour faire des exercices de déplacement au fitness club ainsi que des exercices pour les yeux basés sur de la neuro-science.

En réalité, le chant a détrône le tennis au niveau de la recherche de la performance…

Je suis tombé par hasard sur une vidéo de VoxTapeStudios. C’est une équipe de jeunes femmes aux USA, mais les hommes peuvent aussi prendre des cours. C’est un programme de développement sur une année avec trois coachs au total.

Le coût est élevé. C’est immoral selon mon épouse, devenue furieuse lorsqu’elle a appris le montant. Pourtant, le budget tennis + chant est resté inchangé. Et moi, imperturbable, convaincu de ce que ce programme m’apporte. Je ne suis pas particulièrement pro-américain, mais force est de reconnaître que la méthode est bien étudiée. Les encouragements sont bien faits « awesone! ». La performance est mesurée indépendamment par deux coachs à la fin de chaque cycle.

Je continue de temps à autre à prendre des cours avec mon coach de chant en Allemagne. C’est toujours utile d’avoir une autre opinion. Exemple: chanter avec du souffle dans la voix pour décompresser les cordes vocales dans les aigus sonne bien, mais attention, ça peut devenir une mauvaise habitude.

Le piano passe un peu derrière tout ça, mais je continue d’en faire tous les jours. Le piano classique, c’est structuré et structurant, parfait pour mon esprit. De plus, le degré de difficulté peut être lentement augmenté. Je travaille l’expression plutôt que la virtuosité.

Côté santé, tout va bien, malgré une alerte due à une infection de la main gauche. La cause reste inconnue. Peut-être une rupture de gaine d’un tendon. Peut-être une micro-infection au niveau du petit doigt. La douleur était insupportable. Mon épouse a du me conduire en urgence aux urgences. C’est presque oublié, mis à part quelques sensations au bout des doigts.

Je continue de faire des exercices de mobilisation d’articulations tous les matins et bien entendu, de la musculation deux à trois fois par semaine. Mon poids augmente lentement mais sûrement, presque 100 kilos là. Pourtant, je ne fais pas de régime, du moment que les valeurs dans le sang ne posent pas de problème et que je me déplace avec une relative aisance sur un court de tennis.

Mon épouse a arrête de travailer un an et demi plus tôt que l’âge officiel de sa retraite. Ce n’était plus supportable avec les jeunes élèves. Comme elle travaillait à mi-temps, le passage à davantage de vie commune n’a pas posé de problème particulier. Je m’isole dans ma chambre-bureau pour m’exercer au chant. Elle squatte le canapé et la télé. Mis à part une crise lorsqu’elle a appris le coût des cours de chant, on s’entend très bien.

Notre fils a rompu d’un commun accord avec sa copine. Elle était sans doute trop exigeante au niveau professionnel. Dommage, mais sensé. On l’aimait bien.

Le forum de discussion pour schizophrènes se porte bien. On a quelques nouvelles inscriptions de qualité. Une rencontre est prévue fin mars à Paris dans le cadre des rencontres TCC de l’hôpital Sainte-Anne. On a pu éviter les inscriptions ou réinscriptions de personnes n’étant pas bienvenues. L’écriture quotidienne est bénéfique pour la santé, c’est prouvé!

Développement personnel·Tennis

Mon expérience des cours de tennis en ligne

Note à mes lecteurs : ceci est un brouillon pour l’enregistrement d’une vidéo destinée à être publiée sur le site de mon coach de tennis en ligne, Vincent Simone.

Je prends des cours de tennis depuis une vingtaine d’années avec des coachs en Suisse. Un de mes partenaires m’a parlé des vidéos YouTube de tennis qu’il regarde habituellement le matin. Il a le même âge que moi, début de la soixantaine. Il s’intéresse essentiellement à Boris Becker, John McEnroe.

Ces vidéos des années 80 lui plaisent énormément. Donc je me suis dit « give it a try ». J’ai donc commencé à visionner des vidéos de tennis tôt le matin en prenant mon petit déjeuner devant mon ordinateur. YouTube est sensible aux préférences des recherches. Rapidement, je suis tombé sur des canaux de plus en plus proches de mes intérêts, dont celui de Vincent Simone, Tennis Doctor.

Les cours de tennis en ligne en général

La qualité des vidéos de tennis en ligne est en général excellente. Les conseils sont avisés. Des milliers de clips sont disponibles gratuitement. Les coachs de tennis en ligne n’ont pas d’autre choix que de publier du contenu gratuit.

Les coachs de tennis proposent habituellement une souscription à une bibliothèque de cours par un montant forfaitaire unique. En 2024, on assiste à un changement de stratégie de leur part. L’offre se concentre sur un système de coaching individualisé, la bibliothèque de cours servant de support.

C’est sensé. Un utilisateur YouTube risque d’être frustré de découvrir qu’en cas d’achat d’une bibliothèque de cours, le contenu n’est pas beaucoup plus riche que sur le canal du coach en ligne.

Pourquoi prendre des cours en ligne en plus des cours avec un coach local

A priori, on peut se demander s’il n’y a pas un risque de conflit ou de contradiction dans les conseils et les méthodes.

Mon expérience est qu’un bon coach local montre au moins de l’intérêt pour le processus ainsi que pour l’opinion du coach en ligne.

Je ne suis pas non plus obligé de partager les conseils reçus du coach en ligne avec mon coach local. Je peux simplement commencer par essayer de les appliquer avec mes partenaires habituels. En général, on voit très vite si un conseil apporte quelque chose ou non.

J’ai l’impression que mes coachs locaux préparent plus sérieusement mes entraînements depuis que j’ai commencé le coaching de tennis en ligne. Un bon coach local considérera un autre bon coach en ligne comme une opportunité de s’améliorer davantage plutôt que comme une menace.

La qualité des cours des coachs locaux

Les critères de qualification pour devenir un coach de tennis en Suisse semblent être assez faciles.

La plupart des coachs locaux restent plantés au milieu du court et distribuent des balles en donnant les mêmes conseils assez basiques à tous leurs élèves.

Leur tarif est l’équivalent de minimum 135 dollars ou 125 euros de l’heure. Ça peut sembler cher, mais en déduisant le coût de la location du terrain, le salaire d’un coach est inférieur à la valeur médiane des salaires. De plus, faire ce métier jusqu’à 65 ans est très difficile. De même pour régulièrement remplir une semaine, ou pour être capable de travailler sur un court plusieurs heures de suite, voire une journée complète.

En 20 ans, j’ai eu une dizaine de coachs. L’un d’entre eux est invité régulièrement à des conférences internationales. Son titre ronflant est « Czech Professional Tennis Association Founder ». En 2010, il nous faisait jouer le revers à une main en open stance, prétendant que les meilleurs juniors utilisent cette technique. J’avais essayé. C’est du n’importe quoi… Idem pour le coup droit ainsi que pour le service et la volée, des conseils coûteux, mais focalisés sur des détails inutiles et contre-productifs. Un de mes partenaires réguliers considère que son mauvais coup droit vient de ce coach, n’ayant d’ailleurs qu’au total cinq cours standard dans son répertoire.

Un autre coach nous faisait préparer en coup droit la raquette haute, très haute et nous disait de faire un mouvement de frappe comme si on dessinait un oeuf (ou une lettre C). Mes balles sont devenues très hautes et très lentes.

Un autre coach considérait qu’il fallait orienter le manche de la raquette vers l’avant comme une torche. Ça n’a pas marché pour moi.

Actuellement, j’ai les meilleurs coachs locaux de toute ma carrière de tennis. Merci à eux !

Ce que j’apprécie chez Vincent Simone

C’est un jeune coach ayant l’ambition de révolutionner le monde du coaching de tennis en ligne. En français, on dirait qu’il a envie de secouer le cocotier. Il critique ouvertement les coachs locaux. Ce n’est pas très politiquement correct, mais ça a le mérite de réveiller les esprits.

Tout changement commence par une prise de conscience. Quand on prend des leçons de tennis, on respecte énormément son coach. On est presque en admiration devant lui.

Grâce aux vidéos YouTube et aux bibliothèques de cours en ligne, j’ai maintenant de très bonnes notions de l’entraînement au tennis. Ça m’a permis de dire à mes coachs qu’on ne devrait pas passer trop de temps à l’échauffement sur le petit terrain et d’avoir davantage de temps à disposition pour le reste de la séance.

Mis à part ses compétences pour le coaching de tennis en ligne, j’apprécie le sens de l’humour de Vincent.

Pourquoi avoir acheté son cours en ligne

À franchement parler, je me suis laissé guider par mon coeur et mon intuition.

Bien entendu, mon intérêt s’est développé après une première expérience positive de ses conseils. J’ai par hasard visionné une de ses vidéos où il expliquait comment il fallait tenir la raquette en position de préparation. Ça a tout de suite apporté une franche amélioration, alors que j’avais déjà essayé beaucoup de choses à ce sujet.

Ensuite, j’ai acheté son livre « The Tennis Bible ». La combinaison de son histoire personnelle et d’un résumé de conseils techniques m’a plu.

D’autre part, je considère qu’il faut rémunérer les YouTubeurs créant du contenu de qualité. Tout le monde ne peut pas se permettre d’investir dans des cours de tennis, ni avec des coachs locaux, ni en ligne. Ma contribution permet de continuer à créer du contenu et profite à ces nombreux joueurs anonymes.

Mon expérience de la collaboration avec Vincent

La collaboration a commencé par une séance de prise de contact par vidéo Zoom. Ça m’a permis de raconter mon histoire et de dire où j’en étais au sujet du tennis.

La prochaine étape a été de faire une analyse vidéo de mon service, mon point fort. Mon coach local m’a filmé sous différents angles. Vincent a créé une vidéo très analytique en soulignant avec un marqueur les aspects les plus importants.

La puissance de l’analyse vidéo m’a stupéfait, voir le prochain chapitre pour davantage de détails.

La collaboration me permet de poser toutes mes questions relatives au tennis et d’avoir une réponse en général en une journée. Mes deux dernières questions ont été de lui demander son avis pour changer mon revers à une main vers un revers à deux mains, ainsi que de savoir ce que je devais faire pour éviter de frapper les balles d’attaque dans le filet.

Les réponses de Vincent vont à l’essentiel. Maximum deux points à considérer en priorité. Ça évite de se disperser. Si c’est utile et possible, Vincent fait référence à sa biblithèque de cours ou à une de ses nombreuses vidéos sur YouTube.

Mon tennis s’est grandement amélioré durant les trois derniers mois. La qualité de l’entraînement est bien meilleure et les résultats aux tournois sont en progression.

La puissance de l’analyse vidéo

Cela mérite un chapitre en soi.

J’avais par le passé utilisé une caméra classique pour me filmer. Ça ne m’a finalement pas apporté grand-chose.

Les caméras des smartphones modernes ont une qualité incroyable. Le mode d’enregistrement en ralenti permet de voir chaque petit mouvement avec une précision impressionnante. Cette haute définition est essentielle pour utiliser tout le potentiel de l’analyse vidéo.

Les vidéos peuvent facilement être téléchargées sur ordinateur, partagées par Google Drive et visionnées image par image avec un lecteur VLC gratuit.

Le plus étonnant, c’est de constater que le mouvement enregistré par la caméra est différent du mouvement qu’on s’imagine faire.

L’analyse vidéo permet de prendre conscience de la réalité de notre tennis. Ça permet de voir si les choses évoluent et si oui, sur quels points.

Conclusion

Bien que le montant de la souscription soit assez élevé, je n’ai jamais regretté mon investissement.

Tous les conseils des coachs de tennis ne sont pas bons. Suivre de mauvais conseils donne de mauvais résultats. En outre, ça fait perdre du temps, de l’argent et de la concentration, puisque l’attention se porte sur un élément qui ne fonctionne pas.

Mes coups s’améliorent progressivement au niveau technique. Mon coup droit est devenu plus rapide, plus pénétrant et plus fiable. Je n’ouvre plus la main lors du mouvement de service et la raquette descend mieux derrière mon dos. J’ai été encouragé à commencer à jouer mon revers à deux mains. Mon jeu est beaucoup plus calme. Je m’énerve moins. Je ne suis plus frustré après un entraînement.

Les étoiles sont alignées. Je découvre et multiplie les sensations agréables au tennis.

J’espère que ça va rester comme ça quelques années !

Développement personnel·Tennis

Pourquoi je joue au tennis

J’écris cet article de blog à l’âge de bientôt 61 ans. J’ai commencé le tennis vers 35 ans. C’était à la base en remplacement du volleyball. Mon dos n’encaissait plus les sauts. Parfois, les douleurs duraient trois jours. Lorsque j’ai travaillé à Adtranz-Bombardier, il y avait des courts de tennis juste en face des bureaux. C’est là que j’ai frappé mes premières balles avec un collègue.

Lorsque j’ai pu à peu près jouer au tennis, je me suis inscrit au club de Bremgarten. D’abord le vendredi soir au « Happy Hour » comme ça s’appelait. On était parfois une vingtaine de joueuses et joueurs. C’était en double. Le tirage au sort du partenaire se faisait par cartes à jouer.

J’ai commencé à prendre des cours privés pour améliorer mon niveau. Mon premier prof était tchèque, Jiri Granat. C’était un ex-joueur de la Tchécoslovaquie, meilleur classement à l’ATP N° 68.

J’ai rapidement commencé à jouer des tournois. La première année, j’ai dû perdre presque 40 matches, contre 1 match gagné. Pour être honnête, cet adversaire avait un handicap, une sorte de trisomie.

Le tennis permet de vivre plus longtemps

À mon âge, le nombre d’années restantes en bonne santé à pouvoir jouer sans handicap est une question clé. D’après plusieurs études, le tennis est le sport qui prolonge le plus l’espérance de vie, soit jusque presque 10 ans de plus, en comparaison d’une année et demie pour un club de fitness.

Ayant survécu à pas mal d’évènements traumatisants, dont 9 graves psychoses, j’ai bien l’intention de profiter du temps qu’il me reste à vivre en bonne santé. Des connaissances et des amis sont morts entretemps. Je pense par exemple à Stefan Bächli, le gérant du centre de tennis d’Urdorf, mort d’une crise cardiaque à 51 ans lors de ses vacances aux Seychelles en décembre 2023. Je pense également à mon ami Patrice, atteint progressivement de multiple sclérose d’où une incapacité à l’âge de 56 ans de continuer à jouer. Je pense à Vojko, mon psychiatre pendant une vingtaine d’années, devenu un ami et un partenaire d’entraînement. Il a disparu après sa deuxième tentative de suicide en avril 2015. Ci-dessous une photo de nous deux en janvier 2015, quatre mois plus tôt.

La vie tient parfois à un fil. La balle est souvent retombée du bon côté du filet pour moi. Comme dans le film Match Point, voir mon article de blog à ce sujet. Un jour, ça s’arrêtera pour moi aussi. Je pense léguer une petite partie de ma fortune à PlusSport par exemple, pour soutenir le sport chez les handicapés en Suisse.

Le tennis est un jeu

C’est un sport, mais c’est surtout un jeu aux multiples facettes.

Je pense que le tennis permet non seulement de rester jeune, mais de répéter des comportements de jeunes enfants à l’âge adulte. Le fait de s’entraîner avec des partenaires oblige à continuellement convenir de dates et heures de rendez-vous. Ça me rappelle les moments où on organisait des rencontres entre enfants pour jouer.

Le tennis est un jeu. Même ceux qui ne souhaitent pas jouer pour des points se concentrent sur l’amélioration ou le maintien de leur niveau de jeu.

Le fait de compter les points motive à donner la meilleure performance possible, même à 80 ans. C’est ce que je vois lors de mes petits matchs en double à Schinznach Bad avec des joueurs ayant une moyenne d’âge de 75 ans.

Le tennis est social

C’est évident. Pour pouvoir jouer régulièrement avec un partenaire ou en double, il faut être capable de s’entendre un minimum avec les autres participants ou participantes.

Les discussions peuvent avoir lieu autour de thèmes sensibles, comme la politique, le réchauffement climatique ou comme durant la pandémie, la vaccination contre la COVID. Le fait d’avoir une passion commune permet d’aplanir les différences d’opinion et d’essayer de partager son point de vue ou ses connaissances. Un de mes amis/partenaires de tennis a par exemple retransmis un post Facebook expliquant que le CO2 est bon pour les arbres, donc pourquoi voir autant de problèmes autour de ce sujet? Une petite recherche Internet m’a permis de répondre à son post en soulignant que c’est le CO2 dans la stratosphère qui crée un effet de serre.

Ci-dessous une photo d’un week-end prolongé au Schluchsee, en Forêt-Noire, avec l’équipe de Bremgarten en 2012.

Un club de tennis, c’est un peu le panier à crabes… On se mordille mutuellement pour voir si on est encore en vie… On se raconte les petites et les grandes histoires !

Le tennis est une école de réparation et d’espoir

Certains aiment restaurer des voitures de collection ou s’occuper de bricoler à l’intérieur de leurs maisons. Le tennis, c’est à peu près pareil. C’est toujours en chantier pour quelque chose. Par exemple pour améliorer son coup droit, éviter de donner des points bêtement à l’adversaire, essayer une nouvelle raquette ou tester le dernier conseil reçu.

Le tennis me donne l’impression de pouvoir revenir en arrière dans le film et de pouvoir rejouer la scène en mieux. C’est aussi une école cultivant l’espoir. De janvier 2014 à fin 2016, j’étais incapable d’avoir la coordination pour toucher une balle. Mon excellent service avait disparu. J’arrivais à peine à jouer dans le petit terrain. J’avais renoncé à pouvoir rejouer correctement. Eh bien, l’espoir tenant à un fil m’a permis de revenir sur les courts.

Le tennis me donne l’impression de rattraper le temps perdu…

Le tennis est une recherche d’harmonie

Quand on regarde les pros, on est fascinés par la fluidité et l’efficacité de leurs gestes. Et encore… la perspective des retransmissions télévisées écrase la vue du court et donne une perception ralentie du jeu.

Le tennis permet de dépenser à l’américaine

Ça doit être similaire au sentiment des golfeurs. Le tennis et le golf sont des sports accessibles aux amateurs. Ce sont des sports assez coûteux si on y va franchement. Pour moi, dépenser beaucoup d’argent au tennis me fait du bien… C’est similaire aux sentiments des Américains lorsqu’ils se laissent aller au shopping…

En octobre 2017, ma femme et mon fils ont fait une demande de curatelle à la mairie de notre lieu d’habitation. La raison était des dépenses irréfléchies lors de ma dernière psychose en août 2017. Si la juge leur avait donné raison, je n’aurais sans doute pas pu recommencer à jouer au tennis. La réhabilitation technique et physique a été un processus très coûteux.

Donc là, j’ai l’accès au compte en banque et j’en profite dans les limites de nos revenus, plutôt larges. Le niveau de mes dépenses pour le tennis en 2023 est affolant, même scandaleux et provocateur pour des lecteurs potentiels, donc je préfère ne pas le mentionner. À noter que certaines dépenses comme les programmes de coaching en ligne sont à caractère unique.

Le tennis est une école de vie et de travail

J’avais plutôt du mal à vraiment accepter la hiérarchie au travail. Au tennis, la hiérarchie du classement est implacable. C’est sur le terrain et lors des matchs que ça se décide. Un niveau de jeu d’une catégorie au-dessus de son propre niveau est souvent inatteignable, même si on a l’illusion à l’entraînement d’y arriver presque. Et deux niveaux au-dessus, aucune chance de gagner le match. Des niveaux, il y en a plus d’une dizaine sur l’échelle de classement…

Le tennis comme le sport en général développe le goût de l’effort. Au tennis, on peut travailler de multiples facettes, ce qui représente une richesse et permet la diversité dans la recherche de l’effort. Certains voient la technique en priorité, d’autres le mental, d’autres la liberté de l’esprit.

Le tennis est une recherche d’excellence

C’est bien sûr un terme relatif. L’excellence absolue comme celle de Federer, Nadal, Djokovic est hors de portée. Mais de rechercher à utiliser son potentiel de manière optimale prend tout son sens.

Le tennis permet d’agrandir son territoire

La schizophrénie, c’est le contraire. C’est une réduction du périmètre de vie à son appartement, voire son lit dans sa chambre à coucher. J’ai vécu ça durant un bon moment… De 2014 à 2019, tout me semblait loin loin loin, inaccessible… D’aller au fitness était de plus en plus difficile. Je préparais parfois mes affaires en renonçant à y aller… alors que c’est seulement à quelques minutes de chez moi.

Le tennis me fait sortir de chez moi, prendre le train et le bus, où je côtoie du monde. Quand je vais à Schinznach Bad, les étudiants remplissent le bus pour aller à leurs cours. Ou dans le train vers Dietikon, je m’assieds à côté de ceux qui se rendent à leur travail le matin ou en reviennent le soir.

Habituellement, je bois un cappuccino avant l’entraînement ou autre chose après, selon la situation (bière à Urdorf, jus de pomme coupé à l’eau gazeuse à Schinznach Bad ou un petit verre de vin blanc).

Le tennis permet de maîtriser ses émotions

C’est évident lors des phases de jeu, mais ça aide également dans la vie courante.

Le tennis développe l’instinct de chasseur

Jouer des points, battre un adversaire, s’améliorer sont des objectifs sains. D’aller à un tournoi de tennis s’apparente à une chasse… On prépare son équipement et on se prépare mentalement pour se donner les meilleures chances de réussite. Développer cet instinct de chasseur est certainement bénéfique pour l’organisme. Ça doit réactiver le sentiment de survie des hommes préhistoriques.

Le tennis permet le saut dans l’inconnu

La progression semble toujours possible. C’est à portée de main, mais souvent on n’y arrive pas tout à fait. Cette perspective est fascinante. D’arriver à faire des choses nouvelles ou en amélioration est une très forte motivation à continuer à s’entraîner.

La fascination du conseil magique qui change tout

Le joueur de tennis, surtout si c’est un intellectuel, se laisse facilement convaincre d’un argument magique dont l’application résoudra tous ses problèmes. Un de mes partenaires pense que la clé d’un bon service, c’est d’avoir le coude en avant juste avant la frappe.

La récompense de faire simple au lieu de compliqué

Les images des pros sont trompeuses. On a par exemple l’impression qu’ils préparent leur raquette très haut en coup droit et brossent la balle de bas en haut. En réalité, leur raquette traverse la balle avec une trajectoire presque horizontale, le corps se soulevant lors de la frappe.

Le tennis, ça occupe

Organiser les rendez-vous, s’occuper des réservations, remplir mon agenda, oui, ça m’occupe!

Je suis souvent parti cinq ou six bonnes heures de chez moi … C’est un remède contre l’ennui.

Développement personnel·Musique et show·Rétrospective·Tennis

L’année 2022 en rétrospective

En relisant L’année 2021 en rétrospective , je constate que j’ai déjà mis la barre bien haute en 2021 !

Eh bien force est de constater qu’en 2022, ça a continué dans la bonne direction…!

Le coaching reste un élément essentiel dans ma vie. J’ai entretemps arrêté les séances de coaching de développement personnel, n’en ayant plus besoin. Le coaching tennis continue de plus belle avec Petar, mon nouvel entraîneur à la TAD et Jarda comme précédemment. Le piano et le piano-chant deviennent une passion atteignant le niveau du tennis, ce qui n’est pas peu dire !

Ce qui est nouveau en 2022, c’est le coaching spécifique pour le chant. En mai, on a commencé « The Show must go on » de Queen en piano-chant (accompagnement piano en chantant) avec ma coach franco-suisse. Là, grosse révélation, je me suis rendu compte que Freddy Mercury avait une tessiture assez haute… En juin, j’arrivais péniblement à chanter (ok, le verbe correct est plutôt « sortir »…) le si aigu de « Show » parfois le matin, mais pas le soir. Je « chantais » les phrases « does anybody » etc.… en alternant voix de poitrine et voix de tête. Ma femme n’aimait pas, mais avec le recul, je dois avouer que c’était assez affreux…

Le découragement n’est pas le genre de la maison. J’ai donc recherché en allemand sur Google comment chanter plus haut. Je suis tombé sur les vidéos de Martin Selle, un Munichois. Certaines de ses vidéos ont 200’000 vues. Je me suis inscrit à un cours d’essai (payant, mais à tarif réduit), curieux de voir s’il allait venir en personne. Cool, c’était bien lui ! J’avais un peu le trac qu’il me dise à la fin que mon niveau était insuffisant pour ce genre de cours. La seule condition, c’est apparemment d’être motivé et là, pas de souci !

J’ai donc commencé à faire des exercices de chant. Avec mon nouveau smartphone Google Pixel Pro 6, acheté grâce à mon fils (il m’avait légèrement bousculé au printemps en mettant son manteau, ce qui a entraîné la mort subite du précédent), j’ai commencé à enregistrer les séances de coaching pour les passer en revue tout en marchant dans la forêt, dans le quartier, le long de la rivière ou au lac, parfois devant des vaches… J’étais fasciné par cette impression de liberté. Mes nouveaux écouteurs Bluetooth de Bose sports fonctionnent à merveille. Il suffit d’emporter cette petite boîte bleue en plus du smartphone et c’est parti !

Le chant est passé d’une occupation à une passion. Pourtant, ça faisait déjà 7 ans que j’étais membre assidu de ma chorale à Rudolfstetten. Mais je ne m’étais jusque-là jamais posé la question de la technique de chant, ignorant même la notion de voix de tête par exemple. On n’est plus que 2 ténors hommes (+ une femme à la voix devenue plus grave, mais affaiblie), puisque notre 3è ténor avait malheureusement eu un sérieux accident en tombant d’une échelle voici deux ans. Pour compenser, la présidente de la chorale m’avait demandé lors de la dernière excursion de la chorale en août 2021 si je pouvais chanter plus fort… Elle m’a dit que j’ai une belle voix, mais pas assez sonore.

Au bout de quelques semaines, donc assez rapidement, mon volume sonore a augmenté grâce aux séances de coaching. Les femmes du registre alto à ma gauche ont été étonnées ! Il y a trois ans, j’entendais mon voisin chanter plus fort que moi. J’étais peu sûr de moi pour entonner correctement. Maintenant, c’est le contraire 🙂 À souligner qu’il a malheureusement eu une attaque cérébrale cet été dont il ne s’est sans doute pas complètement remis.

Ma chorale vieillit et aucune relève en vue. C’est une perspective un peu déprimante… En faisant régulièrement des exercices, je pense parfois atteindre le niveau pour devenir le chanteur d’un groupe de musique amateur. Bon, c’est juste une idée, pas de pression… Je découvre un nouveau monde grâce à Internet en utilisant l’application Smule par exemple. Ça permet de faire des solos ou des duos accompagnés de musique. Encore une bonne chose découverte en 2022 ! Et voilà le résultat en septembre : https://www.smule.com/recording/emmanuel-moire-sois-tranquille/2321849636_4470886921?channel=Copy-Link

Bien sûr, on peut toujours faire mieux ! Et fin 2022, ça a encore bien progressé !

Chanter me donne ce sentiment de « Party ohne Ende », c’est à dire de fête sans fin. Je suis mieux connecté à moi-même. Je redécouvre les émotions de la musique, étouffées durant plusieurs années par les neuroleptiques. Je prends de nouveau du plaisir à écouter de la musique en route dans le train par exemple. Je chante même en guise de préparation mentale avant les tournois de tennis !

Et voilà mon nouveau sac à dos avec mes loisirs préférés, fait et peint à la main en Alsace.

Bon, le tennis passe visiblement en deuxième place en 2022… c’est pas mal, dans la mesure où entre 2014 et 2016, je croyais que c’était définitivement mort ! Mes objectifs pour 2021 ont été partiellement atteints. J’ai participé régulièrement à des tournois, en gagnant un match de façon régulière au bout d’un combat de deux heures (adversaire niveau bon R8) et un match WO par abandon d’un joueur s’étant blessé en voulant sauver une bonne balle d’attaque de ma part. Plus quelques autres résultats honorables genre 3:6 5:7 contre des joueurs classés R7.

J’ai fait exactement un entraînement avec mon ancienne équipe du TC Bremgarten, en remplaçant un joueur ayant mal au dos ce jour-là. Petite anecdote marrante… le joueur un peu handicapé est venu en spectateur en fin du match d’entraînement alors que je jouais en double contre son frère jumeau. Il a claironné « faute de pied » sur un de mes services au jeu décisif final. Cela ne se fait pas à notre niveau, où les fautes de pied sont plutôt la norme… Pas fair-play. J’avais encore un service sur le partenaire du jumeau. Ace… et question lancée au spectateur : « et là, il y avait aussi faute de pied ? »… Trois balles plus tard j’ai conclu sur un bon smash en guise de balle de match. Soirée réussie, mais niveau encore insuffisant au goût du capitaine.

Qu’à cela ne tienne, je fais de nouveau partie du club de tennis de Bremgarten. J’ai pu m’entraîner régulièrement le mercredi midi avec Beat, de niveau bon R7, voire R6. Beat est ce qu’on appelle un « Querdenker », sceptique mais bon vivant. J’ai aussi participé au tournoi annuel du club en août. Perdu quatre matches en une semaine, mais content d’être capable de montrer que je pouvais de nouveau me battre sur un terrain. En fin de saison, j’ai également commencé parfois à m’entraîner avec Ernest, un autre membre du club du même niveau que Beat.

L’entraînement à la TAD continue de plus belle avec Petar, un coach âgé de 23 ans d’origine serbe et italienne. Ces derniers mois, je sens que ça va décoller… en 2023. La grosse découverte en 2022, c’est comment accélérer la balle. D’abord une toute première fois, waow…, puis en répétant et en systématisant. La première fois qu’on réussit à frapper beaucoup plus vite sans effort, c’est surtout l’étonnement qu’une chose pareille soit possible. Mon style de frappe était plutôt de pousser la balle, certes avec un important mouvement du corps, mais complètement inefficace. Au moment où j’écris, pas encore de performances lors des tournois de la saison d’hiver, mais les adversaires étaient parfois beaucoup trop forts (ex-R4 par exemple). Comme je le disais plus haut, le découragement n’est pas le genre de la maison !

Oui, le tennis coûte une blinde, surtout la TAD qui a même augmenté le prix des cours au cours de l’année. Mais on ne vit qu’une fois, ça me fait du bien et je peux financièrement me le permettre. Ma femme n’a pas d’autre choix que de l’accepter… Ce n’est pas faux d’affirmer que le tennis de compétition peut s’arrêter brutalement suite à une blessure par exemple. À mon âge, ce risque est à prendre en compte.

En cas d’accident au tennis, le piano, le piano-chant, le chant et le forum me permettraient de supporter la situation.

Le forum a été animé, mais on est arrivés au bout de l’année sans perdre plus de membres que sur les doigts d’une main. Je me suis fait traiter de dictateur, de petit despote décidant de tout lui-même en faisant semblant de consulter les membres. Ma femme pense qu’il y a un fond de vérité. Mais la contestation fait partie de la vie politique moderne… Je l’accepte et j’essaie à chaque incident de voir quelle leçon je peux en tirer. Certains membres n’arrivent pas à oublier les vieilles rancœurs. C’est assez usant, mais je sais qu’ils s’useront plus vite que moi…

Le site Web a été complètement refait à l’identique. En septembre 2021, j’avais commis l’erreur d’engager un Indien trouvé sur Upwork pour améliorer le référencement. Il a créé des liens vers le forum depuis des sites d’annuaires professionnels sans aucun rapport avec un forum schizophrénie. Un consultant trouvé sur Superprof m’a conseillé de reconstruire le site pour indirectement éliminer ces backlinks. Les statistiques de fréquentation du blog montraient clairement que Google nous a sanctionnés. Donc il fallait agir.

Ma femme estime que je vis dans la performance, sautant d’un loisir à un autre pendant qu’elle travaille dur comme professeur de français à mi-temps à l’école primaire. Ok, elle n’a pas complètement tort. C’est vrai que je recherche la performance maximale dans mes loisirs. C’est une seconde nature. Quoique maintenant, j’ai compris que pour atteindre la meilleure performance possible, mieux vaut être relâché. C’est donc une saine recherche de la performance comparée aux efforts passés crispés d’autrefois empreints de frustration.

Tout le monde vit dans la performance, non ? Par exemple une femme au foyer prend plaisir à réussir un bon gâteau. Il y a une phase de préparation, un léger stress lié à l’incertitude de ce que ça va donner et la satisfaction du résultat à partager avec d’autres personnes.

À part ça la famille va bien, le chat vieillit bien et mes amis me soutiennent dans mes projets. Les élèves de ma femme sont de plus en plus difficiles. Il suffit d’un ou deux dans une classe pour pourrir l’ambiance. Je la console en lui rappelant que dans son travail de professeur de français au primaire, elle n’est pas exposée au risque de licenciement pour restructuration comme dans les entreprises privées.

Ma femme a fait une belle fête pour ses 60 ans, contente d’avoir surmonté deux fois le cancer dans sa vie.

Ma mère ne décolère pas à mon sujet. Elle estime que mon comportement suite à l’affaire du blog a été impardonnable. Je lui ai envoyé un bouquet de fleurs pour son anniversaire des 89 ans en juillet avec une carte assez neutre où j’ai écrit que j’espérais qu’elle n’était plus aussi fâchée. C’était à la fois pour la féliciter, pour faire une tentative de renouer le contact, mais aussi pour me libérer de son emprise. C’était une façon de dire que je ne la crains plus et que j’en suis détaché. Mon fils lui a rendu visite en novembre. Elle a passé beaucoup de temps à vociférer à mon égard et curieusement à se plaindre de mon neveu-fayot à l’origine du tremblement de terre du blog en 2020. Alors qu’il venait tous les samedis après-midi chez sa grand-mère, c’est pratiquement terminé. Il a semble-t-il de nouveaux copains qui lui ont mis ça dans la tête.

Mon fils a changé de travail en se dirigeant vers une start-up utilisant l’intelligence artificielle pour le contrôle des frais.

Pour ce qui me concerne, le travail devient un lointain souvenir… J’aide régulièrement ma femme pour son travail, mais je me considère maintenant comme un préretraité. Encore 5 ans jusqu’à la retraite officielle. Je pense plusieurs fois chaque jour que j’ai la chance de pouvoir vivre de façon anticipée et en bonne santé cette vie de loisirs sans avoir d’inconvénients liés aux médicaments à faible dose. À mon âge, le bonheur est semble-t-il maximal, voir Devenir heureux en vieillissant

Cette année, j’ai vidé la cave en remplissant 17 sacs poubelle de 35 litres et chargé une fois la voiture pour la déchetterie. Mis à part une trousse de toilette artisanale d’une copine de ma femme jetée dans le feu de l’action, rien à regretter. Mes dossiers de candidatures sont passés à la trappe en quelques minutes. Plus besoin d’envoyer des lettres de candidatures, de se faire du souci pour les certificats de travail (en Suisse, c’est le principe du livret ouvrier, même pour les cadres). Plus de stress de se rendre au bureau en se demandant qui sera le prochain sur la liste des licenciements (mon quotidien chez Colt).

On a aussi passé de bonnes vacances cette année, Vacances à Paris sur mer , Vacances à Casalzuigno et Vacances à Budapest ainsi qu’à Vals.

Mon rétablissement depuis 2014 est à mon avis un petit miracle ou le fruit d’efforts bien ciblés. Question de point de vue.

Pourvu que ça dure encore un peu !

Loisirs·Tennis·Vacances

Vacances à Casalzuigno

Comme tous les ans, nous passons une petite semaine de vacances d’été à Casalzuigno, près du lac Majeur.

Déjà deux articles ont été publiés à ce sujet sur ce blog, https://allesroger.blog/2019/08/07/vacances-a-la-marianne/ en août 2019 et https://allesroger.blog/2019/07/21/je-naime-pas-aller-en-vacances/ en juillet 2019, juste avant de partir.

Cette année, mon ami Alain dispose de tous les trois étages. Le plan d’occupation de la maison prévoyait la présence d’une de ses amies thérapeute de couple, ainsi que de sa fille. Elle s’est malheureusement désistée. Dommage, c’est une championne de la cuisine, plus particulièrement arabe et c’est une personne agréable.

La compagne d’Alain a invité la directrice de son école, vivant en couple de famille recomposée avec deux garçons, ainsi que ses deux filles. L’une est arrivée en décapotable deux places conduite par son ami, un riche héritier.

Je craignais un peu de me taper des discussions interminables de profs, étant donné que ma propre femme est elle aussi enseignante à l’école primaire. C’était assez inévitable, mais ça n’a pas pris trop de place. Ouf!

Autre bémol, les deux filles ont été présentées comme assez difficiles à vivre au quotidien. On s’était préparés au pire, mais c’est resté plutôt dans le domaine du folklorique!

Nous sommes arrivés en milieu d’après-midi sous une chaleur accablante, culminant à 39 degrés à l’ombre vers 18h ce jour là. Petit tour à Laveno en attendant le retour de mon ami. C’est toujours étonnant de voir si peu de monde dans cette jolie ville au bord du lac Majeur.

En entrant dans la cuisine de la maison de vacances, première surprise, les sacs poubelles ont des puces!

Gros naïf, j’imagine que ce sont de vrais puces…

On est les premiers invités arrivés sur place. Le reste de la smala arrive progressivement les prochains jours. Ça nous laisse le temps de prendre tranquillement nos marques.

Ma nouvelle routine quotidienne commence par un tour de chant… ceci après m’être réveillé en moyenne vers 4h du matin… J’écoute un enregistrement de cours de chant avec mon nouveau coach en me promenant dans le quartier. Pour commencer dans la forêt voisine.

J’avais pris mon équipement de tennis, histoire de m’entraîner au service vers 8h sur le court de tennis d’un village situé à 7 km, Cittiglio. Fort heureusement d’ailleurs, étant donné qu’il s’est révélé qu’un des deux garçons du couple d’amis de la copine d’Alain est également passionné de ce magnifique sport!

L’entraînement de tennis a vite fait partie de cette routine quotidienne. On est partis en général vers 7h40, parfois plus tôt. À deux occasions, j’ai pris un cours de tennis avec un moniteur.

Ensuite, nous sommes généralement allés avec ma femme au lac à Porto Valtravaglia, environ à 20 km de la maison de vacances. Le passage au bistrot m’a pris plus de temps que la baignade…! Il faut dire que les Italiens servent des chips, des olives, des cacahuètes en accompagnement de la bière, et ceci gratuitement!

La routine quotidienne continue avec une sieste d’une bonne heure. Comme je me réveille très tôt, c’est important de profiter de récupérer du sommeil en journée. J’ai essayé d’éviter ou de limiter la sieste pour dormir davantage la nuit, mais ça ne marche pas.

Cette année, j’ai attentivement fait le tour du quartier pour découvrir et vivre ce qui se passe tout près de la maison de vacances. Pourquoi repartir à Milan voir les mêmes magasins qu’à Zurich, alors qu’on peut s’immerger dans la culture locale à quelques centaines de mètres?

Ce qui m’a bien plu, c’est une phrase dans le bistrot où j’ai pris un-deux cappucino-cappucini (le mot au pluriel est dans le Wiktionnaire, mais pas valable au Scrabble…)

Ce que tu n’as jamais vu, tu le trouveras là où tu n’a jamais été…!

Le tour du quartier, c’est aussi la ronde des chiens de garde.

Le tennis matinal nous a permis de voir le Mont Rose depuis Cittiglio avec clarté, en vérifiant bien le sommet avec l’appli Peak Finder. En allemand, c’est la Dufourspitze, un nom un brin moins romantique….

Autre point culminant, l’anniversaire des 60 ans de ma femme, très heureuse d’avoir survécu à deux cancers.

Je termine cet article de blog en relisant les points qui me stressaient en 2019. Fini l’ennui, mes journées sont bien occupées, même en me levant tôt et sans pouvoir jouer au piano en vacances. D’être en groupe ne me stresse plus. Je suis de nouveau moi-même, avec mes lubies, ma spontanéité et mon énergie. Je raconte volontiers les détails de mon dernier travail intéressant, sans regretter que ce soit fini.

Le chant, c’est comme si j’emportais mon piano avec moi. Les écouteurs Bluetooth tiennent dans une petite boîte bleue.

Le tennis à Cittiglio était une expérience fantastique. Ce sera l’objet d’un article de blog isolé, en accord avec mon cher nouveau jeune partenaire et son père.

Développement personnel·Rétrospective·Tennis

L’année 2021 en rétrospective

Disons-le tout net: ça fait huit ans que je ne me suis plus senti aussi bien!

Depuis que j’ai dû arrêter de travailler pour Colt début 2014, j’ai dû faire face à pas mal de grosses difficultés. Au désespoir entretenu par l’incertitude succède maintenant une vie de préretraité s’occupant avec des loisirs intéressants.

Je prends conscience de la finitude de mon existence et j’entends bien profiter du temps qu’il me reste!

En complément du soutien de ma famille et de mes amis, j’ai décidé de faire appel à une coach de vie.

Cette prise de contact est le fruit du hasard. En fait, j’avais acheté début janvier 2021 une formation assez chère pour créer un blog-business. J’étais à la recherche d’une idée de thème de blog et je pensais peut-être faire un blog sur le vin avec mon ami Patrice.

J’ai d’abord voulu améliorer ma relation avec ma mère, au point mort suite à l’article de blog sur la mort de mon père. Les séances de coaching se sont d’abord enchaînées sans trop de résultat. Les discussions se sont étendues aux situations de vie en général. Ma coach ne me ménage pas, mais son approche structurée correspond à mes besoins.

Autre facteur d’amélioration: le tennis. J’ai timidement recommencé il y a plus de quatre ans avec de gros soucis de coordination. L’objectif est maintenant devenu de réintégrer l’équipe d’Interclub de Bremgarten, que j’ai dû quitter en 2014 en raison de mes problèmes de santé, en essayant d’atteindre à moyen terme le classement R7 (environ 30/2 en France).

J’ai actuellement deux coachs de tennis. Je reste fidèle à Jarda, mon coach de Bad Schinznach, mais pour la technique, c’est Flo de la TAD (Tennis Academy Dedial) qui s’en occupe essentiellement. À peine âgé de 20 ans, Flo a déjà une expérience exceptionnelle du tennis. Au moment où j’écris, Flo doit malheureusement faire une pause pour se rétablir d’une blessure à l’épaule. La TAD coûte une blinde, mais les méthodes d’entraînement sont au top, aussi bien didactiques qu’au niveau des équipements utilisés.

Voilà Flo avec à la Rafa Nadal Academy, où il a passé deux années à s’entraîner pour essayer de rentrer sur le circuit professionnel de l’ATP.

Le piano est presque devenu aussi important que le tennis. Là aussi, j’ai deux jeunes profs, une franco-israélienne habitant près de Tel-Aviv et une franco-suisse habitant en France. Avec la seconde, on travaille des morceaux chant + piano. J’avais commencé l’année avec ma prof de piano de l’école de musique de Bremgarten, mais j’ai suspendu les cours en août en raison d’une discussion anti-vaccin.

À priori, ça peut paraître étrange de prendre des cours de piano par Zoom, mais en pratique, ça marche très bien. Lorsque je joue, je mets en marche la seconde caméra fixée sur un trépied pour que les profs puissent voir mes mains.

Je suis très content de ces cours. Malgré mes légers problèmes de mémoire, j’arrive à progresser. Il semble que la mémoire musicale soit moins affectée. Je prends plaisir à me concentrer pendant deux mois sur un nouveau morceau, motivé par des techniques d’apprentissage avancées.

Autre élément important en 2021: le lancement d’un forum pour schizophrènes. Début septembre, le docteur Dupagne (DDD) annonce la fermeture du forum Atoute, prévue pour fin février 2022. Ce forum m’a beaucoup apporté par les discussions, les vidéos de nouvelles musiques, les contacts que j’ai pu établir. DDD ne souhaite pas léguer son forum à une autre personne, mais a encouragé les membres à s’organiser pour monter quelque chose de neuf.

Je n’ai pas hésité à lancer un nouveau forum. Cette initiative m’a permis d’utiliser mon expérience en entreprise, ainsi que mes connaissances en création de site WordPress. L’ambiance était tendue au bout de trois mois en raison de disputes avec le modérateur du forum « Arrêter l’alcool », mais ça s’est arrangé avec son départ.

Globalement, je suis très satisfait de ma vie actuelle. J’ai appris cette année à mieux comprendre ce qui me convient et à éviter le reste. J’ai par exemple décidé d’arrêter le ski de piste. C’est trop risqué étant donné mon manque de maîtrise technique. Une chute pourrait être fatale pour la suite de ma « carrière » au tennis. Ça ne nous empêche pas de faire quelques excursions à la montagne avec ma femme.

Blog·Développement personnel·Schizophrénie·Tennis·Travail

Ma vie en Suisse

C’est une image du film « Match Point » qui résume le mieux ma vie des 30 dernières années.

Match point

Malgré de brillantes études en grande école d’ingénieurs (Centrale Lille), je n’ai pas réussi à me faire embaucher par une grande entreprise française. Leurs psychologues ont détecté mon instabilité psychique lors des tests d’entrée. Après plusieurs ratages dans de petites structures avec licenciement en période d’essai, j’ai trouvé un emploi dans une société allemande à Pforzheim, située entre Karlsruhe et Stuttgart. En tant qu’assistant du PDG de l’entreprise, j’ai essentiellement supervisé la production. Mais c’était plutôt un atelier de bricolage qu’une chaîne de production digne de ce nom.

Au niveau de la technique, mon objectif était de calculer les caractéristiques idéales d’une bilame pour implantation dans des mini-interrupteurs thermiques. Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bilame . Mais j’avais l’esprit bloqué par une sorte de « fermeté de principe » (dixit un autre recruteur). Bien que de bonne volonté, j’étais inconsciemment rebelle contre l’autorité de mon chef. J’aurais pû me faire aider par l’école d’ingénieurs d’où je venais de sortir, mais je n’ai pas vraiment fait d’efforts en ce sens.

Au bout d’une année, le PDG propriétaire s’est impatienté de ne pas obtenir cette calculation… De plus, la production recontrait de sérieux problèmes de qualité et ces difficultés menaçaient de couler son entreprise. Il m’a donc proposé de me muter dans sa filiale de distribution commerciale à Zurich (5 personnes). C’est ainsi que je suis arrivé en Suisse.

Ma femme était à ce moment à Lille, en convalescence suite à une grave maladie d’Hodgkin, où elle s’occupait de mon fils agé de quelques mois. J’ai d’abord habité à l’hôtel pendant quelques semaines avant de chercher un logement. À l’époque, trouver un logement était beaucoup plus difficile que de trouver un emploi. Une cinquantaine de candidats se disputaient un appartement. J’ai donc pris ma voiture pour silloner la région. L’idée était de trouver un logement permettant d’aller à Zurich en transports en commun en moins d’une heure. Situé de préférence à l’Ouest de Zurich pour être un peu plus proche de Strasbourg, où vivent mes parents.

C’est à Bremgarten, une petite ville de 5’000 habitants à l’époque que j’ai trouvé un studio libre…!

Bremgarten

La chance sourit aux audacieux…! C’est un endroit très agréable à vivre, avec des possibilités de promenade le long de la rivière, un joli centre ville devenu maintenant zone piétonne.

La société de bilames allait de plus en plus mal, au point que le PDG propriétaire ait décidé de me licencier, ainsi que le général manager qui supervisait son groupe de sociétés. À l’époque, mon autorisation de travail était limitée à la société de bilames. Mais la chance m’a souri. Le général manager s’est impliqué auprès des autorités suisses pour modifier les conditions de mon permis de séjour. Cela m’a permis de rester en Suisse, en trouvant très facilement un nouvel emploi en tant qu’ingénieur commercial dans une société spécialisée dans le domaine des appareils de mesure haute tension. Cette industrie est assez fascinante. Les générateurs de foudre ont parfois une hauteur de 20 mètres.

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Lorsque je suis arrivé dans cette société, le représentant commercial pour la France venait de cesser sa collaboration. J’ai proposé de suivre la clientèle en direct depuis la Suisse. L’avantage de ce projet était d’économiser la commission de vente d’un représentant, environ 20% sur tous les appareils. Ceci nous a permis d’être un peu plus aggressifs sur les prix.

C’était la belle vie. Voyager 30% du temps, l’essentiel en France, mais parfois aussi en Espagne, au Portugal, en Belgique et une fois en Egypte. Entretemps, l’appartement de 3.5 pièces situé au même étage que le notre s’est libéré. Nous avons sauté sur l’occasion. Ma femme, à la base institutrice dans le Nord, donnait quelques cours de français pour s’occuper. Je jouais au volley plusieurs fois par semaine. Et je faisais plein de vidéos en jouant avec mon fils.

J’apprends le suisse allemand pour mieux m’intégrer. Le Hochdeutsch, c’est à dire l’allemand parlé en Allemagne, c’est bien, mais ça laisse une distance.

En 1993, coup de tonnerre avec ma première psychose, déclenchée à l’hôpital suite à une longue période de diarrhées et de vomissements due au déclenchement de ma maladie coeliaque (intolérance au gluten). Poids tombé à 61 kg pour 1m96… Retour au travail trois mois après. Dépression post-psychose pendant un an… Mais les affaires repartent bien.

C’est là qu’un de mes collègues me recommande de changer d’air. Continuer à faire ce job dans cette société, c’est prendre le risque de s’exposer un jour à se retrouver sur le carreau, ceci sans avoir de formation demandée par le marché du travail. Très judicieux conseil, dois-je dire à posteriori. Dans la foulée, je commence une formation de directeur commercial s’étalant sur un an et demi avec un examen et un diplôme à la clé.

Après une recherche discrète, je me décide à rejoindre le groupe ABB en tant que responsable de projets de disjoncteurs haute tension SF6, un gaz isolant inerte. Le manager de la division m’avait caché que la production devait être transférée de la Suisse vers la Suède. Déçu, je retombe dans mes travers. Je le provoque en allant aux ressources humaines pour me plaindre que je n’ai pas assez de travail. Crime ultime, étant donné que tout manager affirme n’avoir pas assez de personnel. Le job était varié et intéressant. Mes meilleurs souvenirs sont les excursions avec les Chinois venus officiellement pour deux semaines de formation. À l’époque, ils recevaient un peu d’argent de poche pour leur séjour…

Entretemps, je réussis mon examen haut la main. Cette fois-ci, la recherche est un peu plus longue. Je prends mon temps, car j’ai l’intention de valoriser mon nouveau diplôme. Je quitte ABB après deux années pour un poste de directeur commercial d’agence d’une entreprise spécialisé dans les raccordements rapides. L’agence est à Guebwiller, le siège à Faverges en Savoie. Je prends une chambre à Guebwiller.

Malheureusement, ça se passe très mal. D’un côté, le manager qui m’a recruté est mobbé par certains directeurs régionaux, qui organisent des réunions sans l’inviter. De mon côté, je pête les plombs de temps en temps, ce qui remonte au siège. Ma période d’essai est renouvelée. Quelques jours après, c’est le putsch. Un des directeurs régionaux monte en grade. Il vient à Guebwiller et me licencie sur le champ.

Deuxième psychose… toujours autant de paranoïa, mais rétablissement un peu plus rapide.

La recherche d’emploi est plus difficile. Coup de chance, retour à un poste plus modeste, équivalent à celui d’ABB, chez Adtranz, devenu Bombardier entretemps. Je m’occupe entre autres du suivi de l’atelier des chemins de fer suisses à Yverdon.

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Au bout de trois années, la production sur le site de Zürich Oerlikon est arrêtée et transférée à Pratteln, près de Bâle. J’ai 37 ans à l’époque. Je me dis que l’industrie en Suisse part en couille. Que j’ai encore l’âge de changer de branche, de travailler dans les services, à priori moins sujets à des délocalisations.

Je tente ma chance en répondant à une offre d’emploi d’une entreprise de télécoms anglo-saxonne en tant que responsable de projets. Colt (City of London Technology) est lancée par Fidelity, un fonds de pension américain. J’achète un nouveau costume et une belle cravate pour l’entretien d’embauche. J’approfondis mes connaissances des techniques de télécoms grâce à un bouquin spécialisé.

C’est l’époque de la bulle Internet. Les entreprises de télécoms s’arrachent les clients et les collaborateurs à prix d’or. Je suis retenu! Le salaire est indécent, je me frotte les yeux… Le job n’est pas très difficile, mais stressant. Il s’agit de suivre les commandes de produits télécoms non standard et de documenter le process.

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Je découvre un nouveau sport, le tennis! Les sauts répétés au volley-ball me font mal à la colonne vertébrale. Le gros avantage du tennis, c’est qu’on peut apprendre ce sport à l’âge adulte avec un professeur. Les leçons particulières sont chères, mais avec ce nouveau job, je peux me le permettre.

Au bout de trois ans, mon chef me nomme Team Leader. Enfin un job de management! Sauf que les ennuis recommencent. Je contrôle trop mes collaborateurs. Un jour, en 2004, mon chef me convoque dans son bureau pour m’annoncer qu’un problème a été identifié et que le problème c’est moi.

Boum, troisième psychose. Très courte, mais programme complet avec paranoïa, CIA etc… Je reprends le travail sous surveillance, mais je n’y crois pas trop à conserver mes nouvelles responsabilités. Je rétrograde comme responsable de projets.

Suite à une réorganisation, je me retrouve sous un autre chef. La surcharge de travail fait qu’une trop grande partie de mon boulot consiste à consoler les clients en leur expliquant que leurs services seront livrés plus tard que prévu. C’est frustrant.

Le coup de chance arrive lorsque le team informatique au siège à Londres recherche deux volontaires pour aider à tester un nouveau logiciel de saisie de commandes, ceci pour une durée de trois mois. Le PDG de Colt Suisse soutient ma participation. Au bout de deux semaines, mon chef direct me demande de rentrer, mais je réussis à m’imposer, en évoquant l’accord pour les trois mois et le fait que je fais des heures supplémentaires à ma charge pour compenser.

La collaboration avec les Anglais et le team de développement indien d’Infosys se passent bien. Le projet continue. Les trois mois se prolongeront et deviendront plus d’une année, où je partirai à Londres deux ou trois jours par semaine.

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En Suisse, ça se passe plutôt mal. Le directeur des opérations me prend en grippe. Mon départ est souhaité.

On est en 2007. Mon fils a 18 ans. L’appartement de 3.5 pièces est devenu trop petit pour nous. Ma femme me bassine pour déménager. On recherche à Bremgarten et Zufikon, la commune avoisinante. Voyons grand, plutôt que de rester locataires, devenons propriétaires! En Suisse, il suffit d’avoir 20% d’apport pour acheter, dont la moitié peut venir de la caisse de pension. Le reste, jamais remboursé, seulement les intérêts.

En avril 2008, une opportunité de poste de travail pour le groupe se présente à moi. Mes aller-retours à Londres m’ont permis de rencontrer pas mal de gens et de me faire apprécier. Je n’hésite pas longtemps et je décroche le job. Il s’agit de représenter les unités opérationnelles de traitement de commande dans les projets informatiques du groupe. Ensuite, le profil du poste évoluera vers un travail de Business Process Manager, chargé de déterminer les responsabilités des différentes équipes impliquées dans la livraison de produits télécom. Mon plus gros projet
était d’optimiser les produits VoIP tout en introduisant de nouvelles fonctions. Ces cinq années professionnelles suivantes les meilleures de ma vie, malgré les psychoses quasi annuelles.

Au même moment, ma femme trouve un emploi comme professeur de français au collège de Zufikon. Et notre fils commence ses études d’ingénieur.

Mon meilleur souvenir reste mon voyage en Inde pour rencontrer mes collègues. C’était par hasard lors du festival des couleurs « Holi ». Ma chef était basée à New Delhi. Elle m’a proposé d’aller également faire un tour à Bangalore, où étaient basés d’autres membres de l’équipe.

Holi Party

Bien sûr, les psychoses fin 2010, fin 2011, fin 2012 et début 2014 ont été terribles. Mais je garde le souvenir d’un employeur fiable et prévenant, me permettant de revenir progressivement travailler malgré mes délires. Mon psychiatre de l’époque avait fait un excellent travail en gardant le contact avec la responsable des ressources humaines.

Fin 2013, annonce de licenciement pour cause de centralisation du team process à Londres, Barcelona et New Delhi. Déclenchement en janvier 2014 d’une psychose encore plus forte que celles des années précédentes avec hospitalisation forcée pendant deux mois.

Là, période très difficile. Pas d’allocations chômage étant donné que je suis incapable de travailler. Pas de compensation de la part de la caisse privée d’assurance maladie de mon employeur, puisque je n’ai plus d’emploi.

Pas de nouvelles de l’assurance invalidité, contactée par mon psychiatre pour obtenir une allocation d’handicapé. Au bout de quelques mois, la situation se débloque. La caisse privée de mon employeur accepte de me financer pendant un an et demi puisque je suis tombé en psychose au cours du mois de janvier, où je travaillais encore. Mais âgé de 51 ans à l’époque, ça ne me donne pas encore de perspective de long terme. En Suisse, dans mon cas, il faut d’abord consommer ses économies, ensuite, c’est le soutien de l’aide sociale. Pas enviable… 

Comble de malheur, ma femme perd son emploi de professeur de français au même moment. C’est dû à une restructuration du système éducatif suisse. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, sa recherche d’un nouvel emploi est ardue.

Mon psychiatre (devenu de temps à autre mon partenaire de tennis) intervient auprès de l’organisation chargée des handicapés pour me trouver une place dans un bureau. Ce n’est pas un vrai travail… Il s’agit de simuler des commandes avec un système informatique. Très basique. Mais, bon, ça permet de rencontrer d’autres personnes.

En mars 2015, nouvelle psychose avec encore une fois une hospitalisation forcée de deux mois. Entretemps, j’ai dû changer de psychiatre suite au départ en préretraite de mon ami psychiatre tennismen, qui se suicidera fin avril 2015.

Difficile d’accepter de rester à la maison et de ne rien faire… En juillet 2015, je commence un emploi handicapé dans une station de vélos à Aarau. Officiellement, c’est un emploi de bureau… En pratique, je dois garer correctement des vélos, nettoyer la station, chiottes du bureau compris. Régulièrement, j’aide mes collègues coursiers en transportant des marchandises ou des fleurs.

Fotzel

Ce passage à la station de vélo reste toutefois un bon souvenir. J’y ai rencontré pas mal de gens en difficulté, ça relativise ma situation. L’encadrement se souciait du bien-être des participants aux programmes de réinsertion.
En août 2016, une légère poussée d’idées maniaques me pousse à démissioner de cet emploi handicapé. 

Les psychoses de 2014 et 2015 ne me permettront pas de récupérer toutes mes facultés intellectuelles et physiques, contrairement aux précédentes. Le diagnostic de schizophrénie sera entériné par l’hôpital psychiatrique. Le bon côté des choses, c’est que l’assurance maladie décide en novembre 2016 de me prendre en charge. À l’allocation mensuelle s’ajoute la contribution trimestrielle de la caisse de retraite et d’assurance maladie de mon ex-employeur. De quoi bien vivre financièrement.

Pendant ce temps, mon épouse retrouve du travail comme professeur de français à l’école primaire de la commune voisine. Elle tombe malade du cancer du sein, mais réussit à garder son poste. Elle est remplacée pendant les périodes les plus difficiles de sa maladie. Mon fils termine finalement ses études d’ingénieur à … 27 ans! Ouf!

Je reste motivé de retrouver un vrai travail. Evidemment pas à grosses responsabilités, mais par exemple comme employé administratif de traitement de commandes. Gros coup de chance. En novembre 2016, une société familiale m’embauche, voir https://allesrogerblog.wordpress.com/a-propos/ . Mes carences intellectuelles sont détectées au bout de quelques jours… Mais le responsable du personnel s’engage pour me proposer un contrat de travail aménagé. Il partira habiter en Thailande quelques temps après.

Badaboum, nouvelle psychose en août 2017… Licenciement immédiat et brutal, sans même pouvoir dire adieu à mes collègues. Mon nouveau psychiatre venait de me débarquer pour cause de comportement déviant. Difficile à admettre, puisqu’il venait de documenter un diagnostic de crise de manie dans mon dossier. Son rôle aurait été de contacter mon employeur en lui expliquant la nature maladive de mon comportement.

Ces évènements ne m’ont finalement pas trop perturbé. Ma femme et mon fils ont fait une demande de curatelle, suite à des dépenses inconsidérées pendant cette crise, mais ils ont été déboutés.

Entretemps, j’ai même récupéré mon permis, après un total de 4 années et demi de retrait.

Le reste de mon histoire en Suisse se trouve de manière plus détaillée sur mes articles de blog, essentiellement mes engagements dans le bénévolat.

Je me sens bien ici. On lit régulièrement dans la presse que les Suisses ne font pas beaucoup d’efforts pour créer des amitiés avec les expatriés, contrairement aux apparences. Le secret est de participer à la vie associative, par exemple être membre d’un club de tennis. Les Suisses aiment avoir la paix chez eux, dans le pays et à leur maison. Parfois, je participe à des discussions politiques sur des forums Facebook, en France et en Suisse. Les commentaires en France sont parfois très durs. La Suisse est plus tolérante.

Loisirs·Manger et boire·Tennis·Vacances

Souvenirs de Croatie

Roberto, un de mes amis partenaire de tennis, m’a recommandé de passer des vacances en Croatie à l’occasion du tournoi ATP d’Umag, en juillet. C’est un tournoi du circuit principal de l’ATP doté de 250 points pour le vainqueur.

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Le gros avantage de ce tournoi, c’est que je peux assister aux matches et aux entraînements pendant que ma femme reste à l’hôtel ou à la mer. Comme spectateur, on peut d’ailleurs aller se baigner entre deux matches, ce qui doit être unique au monde.

Voici Gaël Monfils en action sur un court d’entraînement, numéro 9 mondial au moment où j’écris cet article. Gaël a d’ailleurs participé à la soirée d’élection de Miss Hôtesse Umag où il a fait le show avec un rappeur local.

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Les hôtesses sont plutôt sexy.

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J’ai eu la chance de rencontrer Ivan Ljubicic, meilleur classement 3è à l’ATP et actuel co-entraîneur de Roger Federer dans un petit mais fameux restaurant près d’Umag lors de notre voyage en 2010.

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Mes spécialités croates favorites sont le cochon grillé sous forme de barbecue géant, ainsi que le risotto aux mini coquilles Saint-Jacques.

En 2011, nous avons visité Ljubljana, capitale de la Slovénie, pays d’origine de mon premier psychiatre, avant de retourner à Umag. L’année suivante, nous sommes passés par Belgrade et Mostar, charmante ville de Bosnie, avant de faire un séjour à Bol, une petite île du sud de la Croatie, réputée pour son spot de winsurf/kitesurf.

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Sur notre chemin, nous avons visité les lacs de Plitvice, avec ses magnifiques cascades!

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En février 2014, nouvelle crise psychotique et retrait de permis à titre préventif. La Croatie est restée au programme avec un vol Zurich-Split en été, une traversée en bateau vers l’île de Brac et un taxi vers Bol.

Terminons cet article par le souvenir d’un dîner sur la plage de Bol.

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Ainsi que du port artisanal d’Umag.

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Voici quelques liens utiles de blogs de sites de tourisme.

http://www.blogdesvoyageurs.com/

http://www.pointedumonde.com/

http://www.voyageonsautrement.com/

http://www.destinationsinsolites.com/

Blog·Développement personnel·Loisirs·Schizophrénie·Tennis

Leçon de tennis en touchant trois balles

Deuxième leçon de tennis aujourd’hui au TC Schinznach Bad avec Jarda.

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Mercredi dernier mon tennis était fantastique, comparé aux difficultés de coordination rencontrées durant les trois dernières années suite à mon hospitalisation forcée en clinique psychiatrique de deux mois en 2014 respectivement en 2015. Jarda estime que j’ai touché entre 1’000 et 1’500 balles en une heure.

Aujourd’hui par contre il semble que je subisse le contrecoup de la poussée maniaque des derniers jours ou alors de mon engagement à introduire iGrafx et comondoo! chez Ferrum. Après avoir (mal) touché trois balles j’ai arrêté de jouer et nous avons discuté de tennis durant tout le reste de l’heure.

Jarda Rossa est de nationalité tchèque. Facile à trouver sur Facebook, cette combinaison d’un prénom tchèque et d’un nom italien. L’origine de ce nom vient d’un juif polonais qui a émigré en France, de là en Italie où le nom a été « italianisè » puis nouvelle émigration vers la Pologne jusqu’à la deuxième guerre mondiale, où les Rossa se sont réfugiés en Tchéquie. Jarda a donc 1/8 de sang juif. J’ai lû une fois dans un de mes délires psychotique que le sang juif influençait les personnes, même s’il est « dilué ». Le père de Jarda a monté une entreprise en Tchéquie et en dix ans a atteint les 80 collaborateurs. Pas mal, par les temps économiques difficiles qui courent, non?

Voici quelques années je me suis entraîné régulièrement avec un juif 100% pur race, Dan, qui m’a dit que malgré mes capacités physiques plutôt réduites j’avais un bon instinct. C’est confirmé par Jarda, qui a remarqué que je n’avais pas de problème avec les variations de spin et de hauteur de balle alors que d’autres joueurs touchent bien les balles idéales mais on du mal avec les variations. C’est dans mon cas également dû à la variété de mes partenaires. Jana (c’est une femme d’origine tchèque) joue un tennis topspin (c’est du lift en français pur…), Patrice joue des balles hautes sur revers avec un effet de rebond monstrueux, Roberto joue slice en revers mais aussi en coup droit.

Jarda m’explique que certains de ces clients viennent durant la pause déjeuner pour prendre un cours de tennis, mais certains sont frustrés parce qu’ils n’arrivent pas à déconnecter du boulot. Donc l’heure de tennis renforce leur stress… Lorsque je travaillais chez Colt Technology Services je pouvais m’absenter à l’heure de midi pour jouer avec un de mes amis, Ollivier et mon tennis était habituellement très bon.

Le meilleur niveau de Jarda a été équivalent au classement suisse N3/N4. Son meilleur classement en république tchèque était le numéro 77. Le niveau en Tchéquie est légèrement supérieur à celui en Suisse. Numéro 77 national à 17 ans, pas mal…! L’année suivante, Jara a essayé de tout donner mais son classement n’a pas bougé. Il a donc été conséquent et a arrêté de rêver du haut niveau international (l’ATP, quoi).

Voilà voilà… quelques photos maintenant en récompense si vous êtes parvenus jusqu’ici.

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C’est une photo de moi avec Ivan Ljubicic prise dans un petit mais fameux restaurant à Umag, en Croatie en 2010. Ivan est le coach de Roger Federer pour ceux d’entre vous qui ne suivraient pas… Donc je suis « one handshake away » de Roger. Mon objectif serait de discuter d’égal à égal avec lui dans le cadre de mon site Facebook la « Roger Federer Foundation Basel Indoors » où je mets en avant des contributions visant à améliorer la condition de vie des gens défavorisés.

Pour moi Ivan ne serait sans doute pas le bon coach. Mais il a été une inspiration au niveau du choix de ma raquette en 2007. Comme lui j’ai changé ma paire cette année là (en fait j’en avais même trois identiques) de raquettes Babolat contre des raquettes Head. Pourquoi, j’avoue avoir oublié, ce qui est assez inhabituel de ma part.

Ivan Ljubicic is a Croatian tennis player. His career-high ATP Entry ranking was World No. 3, and his current Entry list ranking is No. 5 (as of December 1, 2006). Tall and powerfully built, he is noted for his strong serve and has achieved his best results in indoor tournaments played on carpet or hardcourt. He uses a one-handed backhand and often plays from the baseline. Ivan will be using a Head Racquet in 2007, he has used Babolot since he turned pro. – Wikipedia

Jarda utilise les balles de l’Australian Open pour ses cours. En inversant la balle, on lit l’équivalent de ÖV, ce qui veut dire transport en commun en allemand.

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À Umag les balles étaient plus lourdes…

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Voilà voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On a discuté de tennis durant une heure mais c’est ce dont j’avais besoin aujourd’hui.

Ah oui, un point important…! Je me suis entraîné (le mot reste valable, même si je n’ai pratiquement rien fait physiquement…) avec le maillot de mon équipe de Bremgarten. J’ai dû quitter le club en raison de ma schizophrénie mais je compte y revenir.

En prime pour Jarda une photo de Thomas Berdych prise en 2008 à Wimbledon alors qu’il était en train de signer des autographes à la sortie du court. À mon avis il aviat perdu vu sa tête mais il a quand même pris le temps pour ses fans. Sympa, non…?

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